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Conflit étudiant : Gilles Duceppe prône la médiation

Gilles Duceppe
Radio-Canada

L'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, estime que la médiation apparaît actuellement comme la seule avenue qui pourrait résoudre la crise étudiante au Québec.

En entrevue à RDI samedi, M. Duceppe a souligné que la médiation permettrait d'exposer des solutions possibles au conflit, tout en ne contraignant pas le gouvernement et les étudiants, puisqu'il ne s'agirait pas d'un arbitrage.

Une solution apparaît d'autant plus à portée de main, selon lui, compte tenu de la proximité des positions du gouvernement du Québec et d'une partie des négociateurs des associations étudiantes, juste avant la rupture des négociations, fin mai.

« Quand vous regardez attentivement ce que proposait la ministre Courchesne, il semble qu'elle était [favorable à une hausse de] 1400 $ sur sept ans, soit 200 $ par année. Les étudiants étaient quant à eux à 1225 $ sur sept ans. On fait perdurer une crise sociale pour 175 $ sur sept ans. Ce n'est pas sérieux », dit-il.

Gilles Duceppe affirme que, jusqu'à présent, seules les Fédérations étudiantes collégiale et universitaire, la FECQ et la FEUQ, ont fait preuve de responsabilité dans ce dossier. Il blâme les autres parties.

Ainsi, il est en désaccord avec la position de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui, selon lui, « ne négocie pas, mais exige ».

Il rejette également la désobéissance civile, comme l'a prôné le député de Québec solidaire, Amir Khadir, tout en accusant le gouvernement Charest de faire de la « désobéissance gouvernementale » en niant ses responsabilités.

Gilles Duceppe admet que les étudiants ont fait des erreurs. Mais il trouve essentiel qu'ils s'expriment, car, selon lui, une société où les jeunes ne parlent pas « s'asphyxie lentement ».

Il critique particulièrement ceux qui accusent les étudiants mobilisés contre la hausse d'être fainéants.

« Quand j'entends [l'ancien ministre de l'Éducation] Pierre Reid dire que ces gens n'étudient pas et qu'on voit que Jeanne Reynolds gagne la médaille du lieutenant-gouverneur du Québec, que Gabriel Nadeau-Dubois a reçu une bourse du millénaire, ces gens-là [les coporte-parole de la CLASSE], ce sont des étudiants brillants. Alors, pourquoi les dénigrer de cette façon plutôt que de s'attaquer au problème de fond », affirme-t-il.

Le nom de la juge Louise Otis, médiatrice de renom, est évoqué comme possible candidate dans le dossier des étudiants.

De nombreux aspects à considérer

L'ancien chef bloquiste en profite pour dire que la fiscalité fédérale est désavantageuse pour les étudiants et les contribuables québécois, une autre facette qu'il faudrait considérer dans le débat sur les droits de scolarité.

« La fiscalité fédérale, c'est "one size fits all". Ça ne tient pas compte de ce que le Québec fait comme programme, ou du fait que les frais de scolarité soient plus bas ici. On perd de l'argent en crédit d'impôt, et l'argent que les autres [provinces] reçoivent, on en paye le cinquième. Il ne faut pas oublier ça dans le portrait », soutient-il.

Par ailleurs, il faudrait, selon lui, éviter de reproduire les erreurs du passé, en décrétant des hausses marquées des droits de scolarité de façon périodique. « Il aurait fallu indexer les frais, les prêts et les bourses. Ça aurait évité des crises aux 10 ans », dit-il.

Les fédérations étudiantes réagissent

Selon la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, la médiation est une solution envisageable pour résoudre le conflit.

« Ça fait déjà plusieurs semaines qu'on réfléchit à cette solution-là, parce que la médiation a fait ses preuves dans les conflits intenses comme en ce moment. On va d'ailleurs en discuter en congrès en fin de semaine », affirme-t-elle.

« Une chose est sûre, le conflit n'est pas terminé, la mobilisation va continuer cet été et à l'automne prochain. Parce que les étudiants qui ont passé toute une session à se battre pour ce en quoi ils croient ne vont pas tout à coup perdre espoir et abandonner », ajoute-t-elle.

De son côté, Gabriel Nadeau-Dubois ne s'est guère montré impressionné par les propos de M. Duceppe, déplorant les reproches que ce dernier fait à la CLASSE. Il s'est demandé de quoi M. Duceppe se mêlait, ajoutant ironiquement qu'il croyait que celui-ci « s'était retiré de la vie politique ».

M. Nadeau-Dubois a précisé que les organisations étudiantes étaient restées unies depuis le début du conflit étudiant, que ce soit par l'organisation de manifestations conjointes, ou par la participation aux négociations. Ayant rappelé que la CLASSE représentait 70 % des grévistes, il a ajouté que M. Duceppe ne jugeait pas seulement la CLASSE, mais « tout le mouvement de grève en entier ».

Avec les informations de La Presse canadienne

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