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Un tiers des espèces vulnérables menacé par la consommation des pays riches

Un travailleur dans une plantation de café en Colombie.
Un travailleur dans une plantation de café en Colombie. Photo: AFP / RODRIGO ARANGUA
Radio-Canada

L'appétit insatiable des pays riches pour les produits comme le café ou le bois compromet la survie d'une espèce animale vulnérable sur trois, et ce phénomène touche principalement les pays pauvres exportateurs, révèle une étude australienne publiée jeudi dans la revue scientifique Nature.

Historiquement, la demande locale pour de la nourriture et du carburant ou encore l'empiétement du milieu de vie des humains constituaient les principales menaces aux habitats des espèces animales. Mais aujourd'hui, avec la mondialisation, les échanges commerciaux internationaux accélèrent la dégradation d'habitats de plus en plus éloignés du lieu de consommation des produits, expliquent les scientifiques de l'Université de Sydney.

Ces derniers ont passé cinq ans à examiner plus de 5 milliards de chaînes d'approvisionnement reliant les consommateurs à plus de 15 000 produits dans 187 pays. Ils ont étudié plus particulièrement le commerce mondial de biens associés à la perte de biodiversité comme le café, le cacao et le bois de construction, en croisant leurs données avec un registre de 25 000 espèces vulnérables provenant de la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Jusqu'à présent, ces interactions étaient peu ou mal comprises.

Mandred Lenzen, chercheur à l'Université de Sydney

En excluant les espèces envahissantes, les chercheurs ont constaté que 30 % des menaces mondiales pesant sur les espèces animales vulnérables sont dues au commerce international.

Ils ont observé que dans plusieurs pays développés, la consommation de café, de thé, de sucre, de textile, de poisson et d'autres produits manufacturés cause, en matière de biodiversité, une empreinte plus importante à l'étranger que sur leur territoire. C'est notamment le cas des États-Unis, du Japon et de plusieurs pays européens.

Quelques faits saillants de l'étude :

  • Dans des pays comme Madagascar, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Sri Lanka et le Honduras, la production à l'export est responsable de la perte de biodiversité dans une proportion de 50 à 60 %;
  • L'habitat de l'atèle (ou singe-araignée) est lentement rongé par les plantations de café et de cacao au Mexique et en Amérique centrale où il faut aussi construire des routes, au milieu des forêts, pour le transport des marchandises;
  • En Papouasie-Nouvelle-Guinée, 171 espèces, dont le marsupial cuscus (Spilocuscus rufoniger) et l'échidné de Barton (Zaglossus bartoni), sont menacées par l'exploitation minière et forestière destinée à une poignée de gros pays acheteurs. Sur ces 171 espèces, pas moins de 60 pourraient disparaître à cause de la coupe de bois de construction pour le marché japonais;
  • En Indonésie, les exportations agricoles mettent en péril quelque 294 espèces, dont des tigres.

Les chercheurs estiment que les conclusions de leur étude font ressortir l'importance d'examiner la question de la biodiversité de façon globale, plutôt qu'en se penchant individuellement sur les pratiques environnementales de chacun des producteurs. Selon eux, les résultats de leurs recherches devraient permettre un étiquetage des produits dans les rayons en fonction de leur impact sur l'environnement.

Avec les informations de Agence France-Presse

Science