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Le Commissaire Oppal aura quatre mois de plus pour soumettre son rapport

Wally Oppal

Le commissaire Wally Oppal à l'écoute d'une présentation devant la commission sur les femmes disparues du Downtown Eastside de Vancouver le 19 janvier 2011.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La ministre de la Justice et procureure générale, Shirley Bond, a annoncé jeudi que son gouvernement avait accordé quatre mois de plus au commissaire Wally Oppal pour rédiger son rapport d'enquête sur les femmes disparues.

La ministre Bond indique que la date finale pour la soumission du rapport a été reportée au 31 octobre 2012, afin de donner suffisamment de temps au commissaire Oppal pour réviser toutes les preuves. À l'origine, le commissaire devait remettre son rapport le 31 décembre 2011.

Mme Bond explique qu'il pourra ainsi préparer un rapport complet avec des recommandations claires.

Cette prolongation permettra au commissaire de rédiger un rapport qui sera reçu avec toute la crédibilité auquel il a droit.

Une citation de :la ministre de la Justice, Shirley Bond

Le gouvernement a pris cette décision à la suite d'une demande à cet effet soumise par le commissaire Oppal.

Avant de soumettre son rapport, le commissaire doit revoir toutes les informations récoltées au cours des audiences de la dernière année.

Parmi les éléments qu'il devra réviser, on compte entre autres plus de 80 témoignages, les résultats de cinq jours de forums publics, 11 rapports de la commission d'étude, et les recommandations faites par les familles des victimes.

La Commission d'enquête publique sur les femmes disparues entendra les dernières plaidoirires des procureurs qui ont représentés les divers intervenants au cours de la semaine du 4 au 6 juin.

Un rappel des origines de la commission

Lancée le 27 octobre 2010, la Commission Oppal tente de comprendre pourquoi les policiers de Vancouver n'ont pas réussi à arrêter plus tôt le tueur en série Robert Pickton.

Mandat de la Commission Oppal : la commission d'enquête sur les femmes disparues

  • Déterminer les faits entourant l'enquête sur la disparition de dizaines de femmes dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver relativement à l'affaire Pickton.
  • Faire la lumière sur les raisons pour lesquelles Robert Pickton, arrêté en 1997, n'a pas été accusé à ce moment-là. (À l'époque Robert Pickton avait été détenu durant quelques heures et la possibilité de l'accuser de tentatives de meurtre avait été soulevée. Cela n'avait finalement pas été fait.)
  • Proposer des modifications aux protocoles d'enquêtes sur les disparitions de femmes et les meurtres en série dans la province.
  • Proposer des modifications sur les protocoles à suivre et la coordination nécessaire lorsque plusieurs services policiers enquêtent après un meurtre.
  • Remettre un rapport final au procureur général de la province avant le 31 octobre 2012.

Robert William Pickton, ancien éleveur de porc de Coquitlam, purge actuellement une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour le meurtre de six femmes. Il faisait auparavant face à 26 accusations de meurtres, mais les 20 autres accusations ont été abandonnées après un jugement de la Cour suprême en juillet 2010.

Controverse avant même les premiers témoignages

La commission a entamé ses audiences formelles en octobre 2011, mais a fait l'objet de critiques plusieurs mois auparavant.

En juillet 2011, le gouvernement provincial refuse de financer les frais juridiques d'organismes qui représentent les prostituées et les Autochtones.

Ce refus entraîne le boycott de la commission par un nombre de plus en plus important d'organismes qui avaient demandé le statut d'intervenants.

En outre, le gouvernement s'attire aussi les foudres de groupes qui critiquent l'instauration d'une commission d'étude parallèle à la Commission Oppal. Au moyen de neuf forums publics dans les communautés du nord de la province, la commission d'étude devait permettre à un plus grand nombre de groupes et de citoyens de faire des présentations orales ou écrites, sans entraîner des coûts trop importants.

Malgré l'annonce en août 2011 que deux avocats indépendants seraient payés par la commission pour représenter les citoyens du quartier Downtown Eastside de Vancouver et les femmes autochtones, une centaine de personnes manifestent à l'extérieur de l'emplacement de la commission, à son ouverture en octobre.

Révélations troublantes lors des audiences

À la commission d'enquête, les témoignages s'enchaînent au fil des semaines.

Des familles de femmes disparues racontent comment les enquêteurs les ont tout simplement ignorées, lorsqu'elles ont signalé la disparition de leur proche.

Ensuite, l'ancien enquêteur de la police de Vancouver, Kim Rossmo, accuse ses supérieurs d'avoir ralenti la création d'une escouade spéciale. Selon lui, tout indiquait déjà qu'il y avait un tueur en série dans le Downtown Eastside.

Catherine Galliford, une ancienne agente de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui a allégué l'an dernier avoir été victime de harcèlement sexuel dans son milieu de travail, doit aussi témoigner.

En novembre, elle confie au réseau anglais de Radio-Canada que les enquêteurs de la GRC se souciaient plus de faire la fête que de faire avancer l'enquête.

Toutefois, le commissaire Oppal la retire de la liste des témoins en avril 2012, sans expliquer sa décision.

Un processus difficile

Au mois de mars dernier, l'avocate nommée par la province pour représenter les groupes autochtones cause la surprise lorsqu'elle annonce sa démission.

Selon elle, la Commission Oppal met trop l'accent sur le rôle de la police et pas suffisamment sur les femmes autochtones victimes du tueur en série.

Sa démission force le juge Wally Oppal à suspendre les audiences pendant trois semaines.

Ensuite, les familles des victimes, les groupes autochtones et l'opposition néo-démocrate demandent à la province de retarder la date de fin de la commission, pour lui permettre d'entendre plus de témoignages. La province refuse d'accéder à la demande.

Moins d'une semaine plus tard, des allégations de sexisme et de harcèlement forcent la suspension du directeur administratif John Broddie.

Le commissaire demande alors à un enquêteur indépendant de faire toute la lumière sur cette affaire.

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