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Bas-Saint-Laurent : des scientifiques sonnent l'alarme face aux compressions fédérales

Prélèvement d'un échantillon d'eau du fleuve Saint-Laurent
Prélèvement d'un échantillon d'eau du fleuve Saint-Laurent
Radio-Canada

La fermeture, à l'Institut Maurice-Lamontagne, de l'un des laboratoires de pointe au pays en analyse des contaminants maritimes soulève un tollé dans le milieu scientifique. Des chercheurs indépendants estiment que cette décision aura des conséquences graves jusque dans l'assiette des Canadiens.

C'est toute la communauté scientifique qui réagit au licenciement d'une douzaine de chimistes, de biologistes et de techniciens de laboratoire par Pêches et Océans Canada à l'Institut Maurice-Lamontagne.

Pierre Béland, autrefois chercheur pour Pêches et Océans Canada, dirige aujourd'hui l'Institut national d'écotoxicologie du Saint-Laurent, un institut de recherche indépendant. Selon lui, le démantèlement du laboratoire d'expertise en analyse chimique aquatique met en péril toute la connaissance et la préservation des espèces marines et de leur habitat.

L'ex-candidat libéral aux élections fédérales estime que la population subira les effets de ces compressions.« Ça a pris peut-être quarante ans de recherches pour établir des choses qui sont simples maintenant, que le DDT par exemple, empêchait les oiseaux de se reproduire, dit-il. Ça a pris beaucoup de chercheurs au gouvernement pour aller échantillonner les poissons, pour faire un monitoring des oiseaux. »

Pierre Béland croit que les compressions vont entraîner des risques pour la santé des citoyens.

De s'assurer que les Canadiens ne sont pas empoisonnés par exemple par les poissons qu'ils vont manger. Quand on coupe dans les ministères fédéraux, c'est comme si on éteignait la lumière dans le pays.

Pierre Béland, directeur de l'Institut national d'écotoxicologie du Saint-Laurent

Un frein à la recherche en écotoxicologie marine

Un béluga échoué sur les rives du Fleuve Saint-LaurentUn béluga échoué sur les rives du Fleuve Saint-Laurent

Avec le licenciement d'une douzaine de chimistes, biologistes et techniciens de laboratoire, c'est près du quart des chercheurs canadiens spécialisés en écotoxicologie marine qui cesseront leurs travaux de recherche.

Ces expertises-là, une fois qu'elles sont décimées c'est très difficile à reconstruire. Serge Demers, directeur de l'Institut des sciences de la mer

Ces chercheurs étudient les conséquences de centaines de contaminants chimiques sur l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent, notamment des hydrocarbures. « Certains chercheurs de ce laboratoire-là travaillent en étroite collaboration avec les chercheurs de l'Institut, donc il y avait une synergie qui s'était établie au cours des années », indique le directeur de l'Institut des sciences de la mer (ISMER), Serge Demers.

Pour éclairer nos choix, on va devoir s'appuyer sur quoi? Des idées, des idéologies, des croyances même?

Robert Michaud, président du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins

Le président du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins, Robert Michaud déplore que les compressions du gouvernement conservateur dans la recherche dépassent très largement le domaine maritime. « C'est des centres de sciences environnementales, Environnement Canada, Agriculture Canada qui seront coupés, alors c'est comme si on coupait la source première de l'information scientifique qui nous permet de faire des choix de société », affirme cet expert sur le béluga.

Le gouvernement Harper veut confier une portion du travail actuellement réalisé par ses fonctionnaires en sous-traitance, à des firmes privées ou des universités. Mais les budgets consacrés à l'écotoxicologie marine vont inévitablement diminuer.

D'après le reportage de Luc Tremblay

Est du Québec

Environnement