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Vers le jour 4 des négociations entre Québec et les étudiants

Point de presse des leaders étudiants à leur sortie de la troisième journée consécutive de négociations.

Point de presse des leaders étudiants à leur sortie de la troisième journée consécutive de négociations.

Radio-Canada

Les négociations entre les représentants des associations étudiantes et la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, ont été suspendues peu avant minuit et reprendront jeudi pour une quatrième journée consécutive.

Accueillis par une haie d'honneur formée par les manifestants réunis sur place, les leaders étudiants ont brièvement parlé à la presse à leur sortie des négociations vers 23 h 45.

Toujours sans donner de détails sur le contenu des discussions, les organisations étudiantes ont déclaré d'entrée de jeu avoir déposé une nouvelle contre-offre au gouvernement, proposition que la ministre entendait étudier au cours de la nuit.

« C'est une nouvelle offre ce soir qu'on a faite au gouvernement. Donc on espère cette fois-ci que le gouvernement va prendre la peine de regarder les données, prendre la peine d'analyser les chiffres et que demain [jeudi] on aura une réponse plus positive », a affirmé la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.

Notre proposition a été déposée, débattue et discutée. Cela constitue, selon nous, un cadre de sortie de crise qui est acceptable. La ministre a dit qu'elle avait besoin de la nuit pour y réfléchir.

Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ

« Les quatre organisations restent pour le moment autour de la table, on va continuer à discuter de bonne foi avec la ministre afin de trouver une sortie de crise, idéalement demain [jeudi] », a souligné le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, sans préciser l'heure de la reprise des pourparlers.

On espère recevoir un retour positif à l'offre qu'on a déposée ce soir. Il y a eu un échange d'offres, une partie de ping-pong toute la journée. Ça s'est terminé sur notre dernier renvoi. Et on attend maintenant de voir la réaction.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la CLASSE

« Il y a eu plusieurs propositions de part et d'autre. C'est une journée dans laquelle il y a eu des hauts et des bas », a-t-il conclu.

La présidente de la FEUQ a exprimé sa déception au sortir de la réunion avec la ministre Courchesne, en début de soirée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La présidente de la FEUQ a exprimé sa déception au sortir de la réunion avec la ministre Courchesne, en début de soirée.

Plus tôt en soirée, tout juste avant d'entamer la deuxième partie de leur rencontre, le ton ne semblait pourtant plus à l'optimiste. Les étudiants ont critiqué l'attitude du gouvernement, tandis que la ministre reconnaissait des divergences importantes.

« Ça va moins bien que ça allait hier », avait lancé Gabriel Nadeau-Dubois au retour du souper. « On avait fait des pas en avant hier. Cet après-midi, ça a été davantage des pas en arrière », a-t-il regretté, ajoutant qu'« il y avait certaines choses sur lesquelles on pensait qu'on s'entendait hier et, semble-t-il, qu'on ne s'entend plus. »

Il n'avait pas exclu que la Coalition se retire des pourparlers, précisant que la CLASSE allait « laisser une chance » aux négociations de ce soir et prendre sa décision par la suite.

« Il n'y a pas d'obstacle insurmontable », avait de son côté affirmé le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, qui ne s'est cependant pas gêné pour déplorer la teneur des pourparlers. « C'est sûr que ça aiderait si le gouvernement était arrivé un peu mieux préparé en début de rencontre. »

Son homologue de la FEUQ, Martine Desjardins, avait indiqué en début de soirée que l'équipe gouvernementale n'avait pas commenté la proposition présentée mardi par les associations. « On est un peu déçus », avait-elle dit, avant de commenter l'état des négociations sur son compte Twitter.

Nous sommes face à un mur, mais nous resterons bien évidemment dans les négos. Les données doivent être analysées.

Martine Desjardins, présidente de la FEUQ

« On ne fait pas de la petite politique sur le dos des étudiants. Si le gouvernement est vraiment sérieux dans sa sortie de crise, il va regarder les données qu'on lui a fournies », avait-elle lancé avant de retourner négocier, vers 20 h. Comme les deux soirs précédents, les discussions ont été interrompues pour le souper.

« On progresse, c'est difficile », avait de son côté admis la ministre Courchesne quelques minutes plus tôt. Dans les négociations, avait-elle soutenu, « il n'est pas inhabituel que des moments soient plus difficiles, mais je ne cache pas qu'on a [...] un défi de taille ».

Elle a indiqué que le gouvernement avait soumis une offre la veille, suivie quelques heures plus tard d'une contre-offre des étudiants, puis d'une « contre-contre-offre » du gouvernement, présentée mercredi.

Les leaders étudiants ont soumis une « offre beaucoup moins acceptable » pour le gouvernement, avait-elle soutenu.

« Tout le monde veut une entente, je n'ai pas de doute là-dessus », a-t-elle cependant ajouté. « Je ne pense pas qu'on veuille se mettre la pression du temps, au contraire », soulignant que le processus se poursuivait.

Le secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), Paul-Émile Auger, a tenu des propos similaires. « Ce n'est pas terminé tant que ce n'est pas terminé. On espère que le gouvernement étudie tous les scénarios qu'on lui soumet. » « Les choses peuvent évoluer d'une heure à l'autre », avait-il déclaré avant de s'engouffrer dans l'édifice, refusant de « négocier sur la place publique ».

Le président de la FECQ s'était par ailleurs dit disposé « à rester très tard ce soir », précisant que des fonctionnaires du ministère des Finances avaient été invités en renfort à la rencontre.

La ministre de l'Éducation du Québec, Michelle Courchesne.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre de l'Éducation du Québec, Michelle Courchesne.

Le noeud du problème

D'après ce qui a filtré des rencontres, les deux parties ont proposé et contre-proposé divers scénarios chiffrés. La question des droits de scolarité, centrale dans le conflit étudiant en cours depuis la mi-février, a finalement été abordée.

Les parties jongleraient avec plusieurs hypothèses, dont celle de réduire l'augmentation prévue des droits de scolarité à l'université en diminuant, voire en abrogeant, le crédit d'impôt sur les études postsecondaires.

Selon les sources de Radio-Canada, le gouvernement aurait, au début des négociations, proposé de réduire le crédit d'impôt sur les études post-secondaires. En vertu du plan soumis il y a quelques semaines, le crédit d'impôt passait déjà de 20 % à 16,5 %.

Cette réduction pourrait dégager des sommes susceptibles d'atténuer l'augmentation des droits de scolarité.

Selon les étudiants, une baisse de 3 % de ce crédit permettrait de dégager une somme de 30 millions de dollars et d'ainsi effacer annuellement, et de façon récurrente, l'augmentation des droits, qui doit rapporter une somme équivalente.

Le gouvernement refuserait cependant d'appliquer l'ensemble de cette diminution aux droits de scolarité parce qu'il estime que les étudiants doivent payer leur juste part. Si les coûts de l'éducation augmentent, argue-t-il, les étudiants doivent en assumer une partie.

Avant le caucus du Parti libéral du Québec, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a répété que le gouvernement était prêt à bouger, pourvu que le cadre budgétaire actuel du gouvernement reste intact et que l'entente soit « à coût nul » pour les contribuables.

« On a déjà bougé avec le crédit d'impôt au niveau des bourses. Le crédit d'impôt, c'est de l'argent qui revient aux étudiants ultimement. Ça fait partie des idées qui sont soumises », a confirmé M. Bachand.

La proposition gouvernementale d'une diminution de la hausse prévue de 35 $ par année des droits de scolarité a par ailleurs été unanimement rejetée par les associations étudiantes. Le gouvernement proposait ainsi de ramener l'augmentation annuelle de 254 $ à 219 $. Au total, la facture aurait été réduite à 1533 $ sur sept ans plutôt que 1778 $.

Si c'est la troisième journée qu'on est là, il faut bien comprendre qu'on ne discute pas de scénario de 35 $ d'économies pour les étudiants.

Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ
Léo Bureau-Blouin (au centre), arrivant à l'immeuble du boulevard René-LévesqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Léo Bureau-Blouin (au centre), arrivant à l'immeuble du boulevard René-Lévesque

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Il y a « trois éléments qui, pour nous, sont très importants », a indiqué M. Bureau-Blouin. « Notre objectif, c'est qu'on parle de droits de scolarité, on veut parler des enjeux périphériques et ensuite de la loi spéciale. On ne veut pas commettre le processus et [on veut] discuter de l'ensemble des bases de discussions », a-t-il indiqué.

Les enjeux périphériques engloberaient notamment la gestion des universités et la tenue d'un forum sur la question.

Advenant le fait que le gouvernement écarte les dernières propositions sur la table, les associations étudiantes ne sont pas à court d'idées, a soutenu Mme Desjardins. « On a probablement des dizaines » de solutions à présenter.

Société