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Les Opérations Dignité à l'émission Tout le monde en parlait

Rassemblement de Dignité 2 à l'église d'Esprit-Saint

Rassemblement de Dignité 2 à l'église d'Esprit-Saint

Photo : Denis Pinard © Centre des Opérations Dignité

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La télévision de Radio-Canada présentera ce soir dans le cadre de l'émission Tout le monde en parlait un dossier sur un grand moment de l'histoire rurale du Québec, les Opérations Dignité.

En septembre 1970, 19 prêtres du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie lancent le Manifeste des curés en colère et trois d'entre eux fondent les Opérations Dignité. Ces opérations deviennent une véritable bataille pour la survie du monde rural québécois.

En 1970, Québec et Ottawa décident de fermer 81 villages de l'Est du Québec, selon le Plan de relocalisation du Bureau d'aménagement de l'Est du Québec (BAEQ). L'objectif des gouvernements est de sortir la région de son état de pauvreté. Ils prônent aussi une meilleure formation de la main-d'oeuvre et la modernisation des pêches et de la forêt.

Le plan de fermeture des villages et la délocalisation de dizaines de milliers de personnes soulèvent le mécontentement de la population. Dix villages seront finalement rasés.

J'ai vu aussi les maisons brûlées, les solages rasés et des gens là atterrés de voir disparaître ce qu'ils avaient construit de leurs mains depuis les années 1930.

Une citation de :Gilles Roy, fondateur d'Opération Dignité 3

Les gens laissent tout derrière eux. Ils reçoivent 8 000 $ pour leurs biens et sont déménagés dans des habitations à loyer modique à Rimouski, Matane ou Sainte-Anne-des-Monts.

Parmi les premières localités qui doivent fermer, il y a Sainte-Paule, dans la MRC de Matane. La résistance commence à s'organiser. Le curé, Charles Banville est un rebelle à la langue bien pendue: « Le fait que les petites gens n'avaient pas de voix, on m'a demandé de prendre la tête du mouvement. Je me suis réveillé un matin, j'étais à la tête de 21 paroisses. Je n'avais pas le droit de refuser. »

Le 22 septembre 1970, c'est la naissance de la première Opération Dignité, dans l'église de Sainte-Paule devant 3 000 personnes. La deuxième opération sera lancée un an plus tard, à Esprit-Saint, dans l'arrière pays de Rimouski, devant 6 000 personnes. Opération Dignité 3 voit le jour à Les Méchins en 1972. Un véritable mouvement populaire se met en branle.

Le réalisateur Jean-Claude Labrecque lance le film Les Smattes en 1972, qui raconte l'histoire de deux hommes de Saint-Paulin face à la fermeture du village. Le Théâtre des Gens-d'En-Bas présente de son côté des créations collectives comme On est partis pour rester.

Pis un beau jour c'est arrivé / Y ont dit: "Vous êtes sous-développés" / On est encore tombés su'l cul / C'était le début du B.A.E.Q.

Une citation de :Extrait de la pièce On est partis pour rester

Cette grande mobilisation va finalement empêcher la fermeture de villages supplémentaires. Mais quarante ans plus tard, la plupart des villages ciblés sont toujours dévitalisés et leur existence est périodiquement remise en question.

Un texte de Caroline Cyr, d'après le reportage de Claude Ross

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