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Grève au CP : Ottawa dépose un projet de loi spéciale

Lisa Raitt

Radio-Canada

La ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt, a déposé lundi un projet de loi spéciale pour forcer les employés de la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique (CP) à retourner au travail. Les 4800 employés du CP étaient en grève depuis mercredi dernier.

La ministre affirme que la grève coûte un demi-milliard de dollars par semaine à l'économie canadienne et qu'elle met en danger des dizaines de milliers d'emplois.

« Le gouvernement est préoccupé par le danger que la grève fait peser sur la fragile reprise économique canadienne. [...] Les Canadiens ont donné au gouvernement conservateur le mandat de se concentrer sur l'économie, et c'est exactement ce que nous faisons », a-t-elle lancé.

La ministre a également demandé au NPD de « cesser de prioriser leurs intérêts syndicaux plutôt que celui du public canadien et de la reprise économique de notre pays », et de se joindre au gouvernement afin que les Canadiens puissent retourner au travail.

La réponse de l'opposition officielle a été brève. « L'économie c'est les travailleurs et les travailleuses qui dépensent dans leur communauté, dans leur ville, dans leur village. Si on coupe leur salaire, si on coupe leur pension ou leur régime de retraite, ça fait du mal à l'économie », a déclaré Alexandre Boulerice, porte-parole du NPD en matière de travail.

Le projet de loi, qui impose un arbitrage obligatoire aux deux parties, été officiellement déposé peu après 15 h. La ministre Raitt espère le voir adopté au plus tard jeudi.

Lors du point de presse, la ministre du Travail a été précédée des ministres du Transport, de l'Industrie, des Ressources naturelles et de l'Agriculture, qui ont tous les quatre tenté de démontrer à quel point la grève des employés du CP affectait les différents créneau de l'économie.

Après avoir livré leur message, les ministres conservateurs n'ont toutefois accordé que trois questions aux journalistes avant de retourner en Chambre.

La ministre Raitt avait prévenu la semaine dernière que son gouvernement était prêt à déposer un projet de loi dès lundi, si le CP et son syndicat ne réussissaient pas à s'entendre sur un nouveau contrat de travail.

Un arbitrage imposé, mais qui pourrait aider

Benoît Brunet, négociateur pour le syndicat des TeamstersAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Benoît Brunet, négociateur pour le syndicat des Teamsters

Après avoir pris connaissance du projet de loi, les Teamsters, le syndicat des travailleurs du CP, affirme que ce dernier doit être étudié par leur service juridique avant de pouvoir être commenté en profondeur.

Toutefois, selon Doug Finnson, vice-président et chef négociateur du syndicat, le projet de loi ne semble pas favoriser une partie plutôt que l'autre, comme on l'avait reproché aux lois qui avaient forcé le retour au travail des employés de Postes Canada et d'Air Canada.

Les Teamsters affirment qu'ils ne souhaitaient pas l'arbitrage, mais qu'ils espèrent maintenant que le CP se sentira obligé de mettre de l'eau dans son vin. L'arbitre aura 90 jours pour formuler une nouvelle convention collective.

Plus tôt en après-midi, les Teamsters, le syndicat des travailleurs du CP, avaient accusé l'entreprise de se cacher derrière le gouvernement plutôt que de négocier de bonne foi.

Le syndicat déplore le fait qu'une entreprise privée qui fait des profits puisse se mettre sous la protection d'une loi fédérale pour ne pas avoir à faire des compromis avec ses employés.

Il affirme que si le CP acceptait de parler du régime de pensions des employés, une entente serait déjà conclue. Le syndicat déplore que la compagnie a plutôt décidé d'accorder des revenus supplémentaires aux actionnaires en coupant de 40 % leur régime de pensions, après avoir fait des profits de 570 millions de dollars l'an dernier.

« On a essayé de négocier. On a fait des propositions assez sérieuses qui démontrent de la bonne volonté de notre part, mais ils veulent tout avoir », a commenté Benoît Brunet, un des négociateurs du syndicat.

M. Brunet croit que le CP attendait la loi spéciale depuis le début des négociations, c'est pourquoi, selon lui, rien n'a bougé. Il en veut comme preuve le fait que le négociateur de la compagnie aurait dit aux Teamsters que le CP était prêt à attendre avant d'arriver à une entente.

Le régime de retraite, les règles d'organisation du travail et la gestion de la fatigue demeurent les principaux points d'achoppement dans les négociations.

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