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Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne le régime syrien pour le massacre de Houla

Une photo diffusée par le réseau d’opposition syrienne Shaam News Network montre les corps de 92 personnes avant leur enterrement à Houla. (26 mai 2012)

Une photo diffusée par le réseau d’opposition syrienne Shaam News Network montre les corps de 92 personnes avant leur enterrement à Houla. (26 mai 2012)

Photo : AFP / HO/Shaam News Network

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné dimanche « dans les termes les plus fermes possible » le régime syrien pour le massacre de Houla, dans le centre du pays, dont le bilan, selon l'ONU, se chiffre à au moins 108 morts, dont 49 enfants et sept femmes, et 300 blessés.

Les autorités syriennes ont nié toute responsabilité quant à ces morts.

La Russie, alliée de la Syrie et membre permanent du Conseil de sécurité, avait refusé, dans un premier temps, de montrer Damas du doigt. Mais Moscou a appuyé la déclaration commune du Conseil de sécurité, selon laquelle les attaques, survenues dans la nuit de vendredi à samedi, « impliquaient une série de bombardements par les tanks et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel ». La déclaration demande également au président syrien, Bachar Al-Assad, de retirer les armes lourdes de toutes les villes syriennes.

Le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, a affirmé au Conseil de sécurité, dans un rapport par vidéoconférence, que les victimes avaient été touchées par des éclats d'obus ou tuées à bout portant, selon ce qu'ont indiqué des diplomates à New York.

La déclaration du Conseil appelle toutes les parties à cesser « toutes les formes de violence ». « Les responsables d'actes de violence doivent être sanctionnés ».

Kofi Annan retournera en Syrie

Des diplomates ont affirmé que le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, doit se rendre en Syrie « dans les prochains jours » et faire un nouveau rapport au Conseil de sécurité mercredi prochain. Les 15 pays membres ont réaffirmé leur soutien à sa médiation, lui demandant « de transmettre dans les termes les plus clairs [...] les exigences du Conseil » au gouvernement syrien.

Nommé le 23 février, l'émissaire a effectué un premier voyage en territoire syrien le 10 mars. Il avait alors obtenu du régime et de ses opposants un engagement à respecter un plan de paix en six points, comprenant, entre autres, un cessez-le-feu, violé quotidiennement. Les violences perpétrées à Houla, dans la province de Homs, sont les pires depuis son entrée en vigueur, le 12 avril.

M. Annan et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avaient condamné samedi « la mort, confirmée par les observateurs de l'ONU, de dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants » à Houla, dénonçant « une violation flagrante du droit international et des engagements pris par le gouvernement syrien de cesser son recours aux armes lourdes ».

M. Ban a envoyé dimanche une lettre au président du Conseil de sécurité faisant état d'une escalade de la violence en Syrie au cours des derniers jours.

Devant les hésitations de la Russie, la Grande-Bretagne a dit espérer que Moscou pousse Damas à appliquer le plan Annan, évoquant la possibilité d'une « réponse plus forte » de la communauté internationale advenant un échec.

« La Russie soutient le plan Annan et j'espère par conséquent que la Russie va redoubler ses efforts pour obtenir du régime qu'il applique ce plan », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, qui devait se rendre à Moscou dans la soirée.

« Il n'est pas dans l'intérêt de la Russie, ni de quiconque que la Syrie ne s'enfonce dans une situation encore plus sanglante, ni dans une guerre civile totale, et c'est ça maintenant le danger », a-t-il poursuivi.

Moscou estime que les « deux parties », armée régulière syrienne et opposition, ont pris part au massacre à Houla.

La Chine a demandé une « enquête immédiate » tout en se gardant d'en rendre responsable le gouvernement syrien.

L'Italie est prête à soutenir des corridors humanitaires pour mettre fin aux massacres en Syrie, dans le cadre de la « responsabilité de protéger », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Giulio Terzi.

Le Koweït veut quant à lui convoquer une réunion d'urgence de la Ligue arabe sur la Syrie « en vue de prendre les mesures destinées à mettre fin à l'oppression du peuple syrien ».

De son côté, la Suisse a demandé une enquête internationale sur le massacre de Houla, estimant que ce bombardement meurtrier pourrait constituer « un crime de guerre ».

Le Canada a demandé la mise en place de sanctions plus sévères à l'endroit de la Syrie à la suite de cette attaque.

L'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs, a averti qu'elle ne se soumettrait plus au plan Annan. « À moins que le Conseil de sécurité de l'ONU ne prenne des décisions d'urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer », a-t-elle affirmé.

Damas nie toute responsabilité à Houla

« Nous réfutons totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste qui a visé les habitants », a déclaré pour sa part le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse à Damas au sujet des violences à Houla.

Il a annoncé la mise sur pied d'une commission d'enquête pour faire la lumière sur les événements. « Nous avons formé une commission conjointe de l'armée et de la justice qui va enquêter sur l'ensemble des faits et qui publiera ses résultats dans trois jours », a-t-il poursuivi.

M. Makdissi a livré la version des faits des autorités concernant le massacre. Vendredi à 14 h, « des centaines d'hommes armés se sont rassemblés à bord de pick-up chargés [...] d'armes lourdes, de mortiers, de mitrailleuses lourdes », a-t-il soutenu. « Les forces terroristes se sont dirigées vers cette zone qui est protégée par les troupes gouvernementales [...] et ont attaqué les postes militaires », a-t-il ajouté. Selon lui, ces « terroristes » ont utilisé « des missiles antichars » pour la première fois dans le conflit.

« Aucun char n'est entré et aucun canon n'était dirigé contre ces zones [...]. Les troupes gouvernementales n'ont pas quitté les lieux. Elles étaient en position d'auto-défense », a-t-il affirmé. Mais à la suite de l'assaut présumé des hommes armés, « les troupes ont riposté en légitime défense et les combats se sont arrêtés vendredi à 23 h », a-t-il poursuivi.

Des frappes toute la nuit, selon l'OSDH

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une organisation basée à Londres, les civils ont été tués dans des frappes qui ont commencé vendredi midi et se sont terminées samedi à l'aube.

Des vidéos diffusées sur le web par des opposants à Houla montrent que des dizaines de corps ont été enterrés dans une fosse commune. Les habitants ont pris à témoins des observateurs de l'ONU qui se sont rendus sur place.

« Il y avait des enfants de moins de huit mois! Qu'est-ce qu'ils ont fait? Est-ce qu'ils portaient des roquettes RPG? Le monde reste les bras croisés. »

— Une citation de  Un habitant de Houla s'adressant à un observateur de l'ONU

Des milliers de personnes ont manifesté à Alep (nord), Idleb (nord-ouest), Deraa (sud), Hama (centre) et à Damas pour dénoncer les violences perpétrées à Houla.

En dépit du tollé qu'a soulevé le massacre, les troupes du régime ont continué de frapper dimanche des villes rebelles dans le centre de la Syrie, menant aussi de violents combats contre les rebelles à proximité de Damas. Au total, 33 personnes, dont 24 civils, ont été tués en Syrie dimanche, selon l'OSDH.

Plus de 13 000 personnes sont mortes depuis le début de la révolte contre le régime, pour la plupart des civils tués par les forces du régime, selon l'OSDH.

Lettre de Ban Ki-moon au président du Conseil de sécurité (Nouvelle fenêtre)

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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