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Grèce : Socrate repasse devant les juges

Image montrant le début du procès à Athènes

Image montrant le début du procès à Athènes

Photo : AFP / LOUISA GOULIAMAKI

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En plein tumulte économique et à quelques jours d'élections législatives cruciales, les Grecs vont assister à un second procès de Socrate, jugé et condamné voilà près de 2500 ans.

Le philosophe Socrate avait subi un procès pour avoir défié les lois de la cité.

« Nous parlons ici de démocratie versus oligarchie, de liberté d'expression en temps de crise nationale, de la sagesse des électeurs versus leur non-sagesse », disent les organisateurs de ce procès fictif, qui veulent saisir l'occasion pour « débattre de tous ces thèmes » d'actualité.

Un panel de dix juges européens et américains entendra les arguments d'avocats internationaux, partagés entre défenseurs et accusateurs du philosophe.

Selon les organisateurs, 800 personnes assisteront au procès en plus des internautes qui pourront suivre les débats sur le site Internet du Centre culturel Onassis.

Les juges et le public devront trancher : Socrate était-il coupable de non-respect des dieux de la cité, d'introduction de nouvelles croyances et de corruption de la jeunesse?

En ce temps, Socrate dénonçait la doxa, l'opinion courante, qu'on pourrait interpréter par « la pensée dominante ». Il forçait ainsi ses interlocuteurs à réfléchir et à exprimer leur pensée.

Platon questionnait des concepts tels que la politique et la morale, ce qui lui valut de nombreux ennemis.

« Il y a bien sûr un lien entre le procès de Socrate et l'actualité, mais pas seulement l'actualité grecque: le sujet est diachronique et interculturel », a expliqué Anthony Papadimitriou, président de la fondation Onassis, organisatrice de l'évènement.

À travers Socrate, « on aborde la question des limites de la liberté de parole et de pensée. Jusqu'où le citoyen qui est contre le régime peut-il aller? Quels sont les droits du régime démocratique contre les citoyens? », explique-t-il.

« La question de la justice est aussi posée. L'idée de l'innocence de Socrate a été un prétexte pour diffamer la démocratie athénienne. Il s'agit donc de rétablir la réputation de la démocratie grecque », dit M. Papadimitriou, qui défendra la cité athénienne.

De son côté, l'avocat français Patrick Simon, qui défendra Socrate, présente sa ligne de défense comme suit : « il n'y a pas de peine sans loi ». « La démocratie doit-elle avoir peur des opinions contraires et du libre arbitre? Faut-il condamner des idées? ».

Les organisateurs de ce procès fictif estiment que ce procès pourrait être bénéfique pour la Grèce en crise.

Avec les informations de Agence France-Presse

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