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Sommet européen sur la croissance et la Grèce

François Hollande
Le président français François Hollande parle aux journalistes avant une rencontre des chefs d'État de l'Union européenne à Bruxelles. Photo: AFP / Lionel Bonaventure
Radio-Canada

Alors que les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles mercredi pour une rencontre consacrée aux moyens de relancer la croissance économique, l'abandon de la monnaie unique par la Grèce devient une idée qui prend de plus en plus de poids.

Le comité de préparation de l'Eurogroupe, chargé de préparer les réunions mensuelles des ministres des Finances des 17 États membres de la zone euro, a demandé aux gouvernements de préparer chacun de son côté un plan d'urgence dans l'éventualité d'un départ de la Grèce.

Cette rumeur est toutefois démentie « catégoriquement » par le ministère grec des Finances, qui affirme que l'information « ne correspond pas à la réalité, mais nuit à l'effort que fait le pays pour faire face à ses problèmes ».

Tout de même, premier à réagir à ces informations, le président socialiste français, François Hollande, a déclaré que la France n'avait pas à préparer un tel scénario.

« Je ferai tout ce que je peux faire, dans la position qui est la mienne, pour convaincre les Grecs de choisir de rester dans la zone euro en respectant les engagements qui ont été pris et pour convaincre les Européens qui pourraient en douter de la nécessité de garder la Grèce dans la zone euro », a-t-il affirmé.

De son côté, l'Allemagne ne semble pas tenir à tout prix à garder ce pays à la situation précaire dans le giron de la zone euro. La Bundesbank, la banque centrale allemande, a indiqué qu'une sortie de la Grèce de l'euro serait « gérable » et estime que les États de la zone devraient avoir leur mot à dire sur les prochains versements prévus à la Grèce dans le cadre du second plan de sauvetage de 130 milliards d'euros accordé au pays (168,7 milliards de dollars).

Pour l'instant, la zone euro a déboursé près de 50 milliards de dollars dans ce plan. Les versements sont conditionnels à des réformes très dures auxquelles s'oppose la majorité des Grecs.

Angela MerkelLa chancelière allemande Angela Merkel arrive à Bruxelles pour une rencontre des chefs d'État européens. Photo : AFP / John Thys

Façons différentes d'aborder la croissance

La situation de la Grèce devrait donc être évoquée mercredi à Bruxelles. François Hollande a également confirmé son intention de mettre la création d'euro-obligations au menu de la rencontre, mettant ainsi en lumière les désaccords entre la France et l'Allemagne sur la relance.

Berlin est en effet farouchement opposée à l'adoption de titres de dette mutualisés.

« Tant qu'un pays mène sa propre politique budgétaire, il est exclu de mettre en commun la garantie pour les obligations », a répété mercredi le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, estimant que cela n'inciterait pas les pays fragiles à la discipline budgétaire.

« Celui qui souhaiterait relancer la croissance à court terme à l'aide de programmes de dépenses financés par des dettes n'a rien appris des expériences dramatiques de la crise », a pour sa part écrit le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, dans le quotidien français Le Monde, mercredi.

Chaque camp compte toutefois ses partisans. Berlin est rejoint par les Pays-Bas et la Finlande, alors que le Luxembourg, l'Italie et la Commission européenne, qui est à l'origine de l'idée de mettre en place des euro-obligations, soutiennent la position française.

En dehors des pays européens, d'autres acteurs économiques sont récemment entrés dans le débat. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a laissé entendre que les euro-obligations pouvaient être une solution, et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a estimé qu'il fallait « faire plus, en particulier par le partage de la responsabilité budgétaire ».

Ce qui est certain, c'est qu'en Europe, on veut maintenant mettre l'accent sur la stimulation de la croissance plutôt que sur la discipline budgétaire.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, devrait d'ailleurs insister mercredi sur les autres pistes de relance de la croissance défendues de longue date par la Commission, à commencer par l'augmentation du capital de la Banque européenne d'investissement (BEI), à laquelle Paris et Berlin semblent favorables, mais aussi l'utilisation de fonds structurels européens ou de la taxe sur les transactions financières.

L'euro et les bourses en baisse

Par ailleurs, l'euro est passé mercredi sous la barre de 1,26 $US, son plus bas niveau depuis août 2010.

Les marchés redoutent une sortie de la Grèce de la zone euro. Mercredi, les principales bourses européennes ont clôturé en baisse. La Bourse de Londres a reculé 2,5 %, celle de Francfort de 2,3 % et celle de Paris de 2,6 %.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Économie