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Égypte : deuxième jour d'élection présidentielle

Un Égyptien vote au Caire afin de choisir le successeur du président déchu Hosni Moubarak.
Un Égyptien vote au Caire afin de choisir le successeur du président déchu Hosni Moubarak. Photo: AFP / MARCO LONGARI
Radio-Canada

Quelque 50 millions d'Égyptiens sont conviés aux urnes mercredi et jeudi dans le cadre de la première élection présidentielle depuis la chute du président Hosni Moubarak, il y a 15 mois.

Mercredi, les bureaux de vote ont ouvert à 8 h (6 h GMT) et devaient fermer leurs portes à 20 h (18 h GMT), mais à la mi-journée, les autorités ont décidé de repousser la fermeture des bureaux d'une heure.

Les résultats du premier tour doivent être annoncés en principe le 27 mai. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue, un second tour est prévu les 16 et 17 juin.

Quelque 13 000 bureaux de scrutin sont ouverts pour l'occasion dans ce pays le plus peuplé du monde arabe, qui compte 82 millions d'habitants.

Le premier tour de cette élection historique se déroule après une période de transition extrêmement tendue entre les différentes forces politiques et le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis le départ de l'ex-président.

C'est un jour merveilleux pour l'Égypte. Si seulement ma mère et ma grand-mère étaient là pour voir ce jour et voter avec moi. [...] Quel que soit le résultat, nous l'accepterons.

Nehmedo Abdel Hadi, 46 ans, alors qu'elle votait au Caire

Le CSFA avait souligné lundi « l'importance d'accepter les résultats de l'élection qui refléteront le choix du peuple égyptien libre » et a appelé les 50 millions d'Égyptiens admissibles à voter à le faire en masse.

Les militaires ont promis que le scrutin serait « 100 % transparent » et qu'ils ne soutenaient aucun candidat. Ils ont également promis de rendre le pouvoir aux civils avant la fin juin, une fois le nouveau chef de l'État élu.

Les principaux prétendants sont l'ancien chef de la Ligue arabe et ancien ministre des Affaires étrangères de Hosni Moubarak, Amr Moussa, le dernier premier ministre de M. Moubarak Ahmad Chafik, l'islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh, le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, ainsi que le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi.

« Deux types de vote sont en concurrence : le vote islamiste et le vote pour la stabilité », a affirmé à Hicham Kassem, un commentateur politique. « Toutes les combinaisons sont possibles pour le second tour ».

À Choubra, un quartier populaire du Caire, de nombreux chrétiens coptes disaient voter pour Ahmad Chafik. « Que Dieu nous protège si les islamistes arrivent au pouvoir et contrôlent à la fois le Parlement et la présidence », confiait l'un d'eux, Nassim Ghaly.

M. Chafik a lui-même évoqué « d'énormes problèmes » pour le pays en cas de victoire d'un candidat islamiste, après leur succès aux législatives.

La télévision Al-Hayat a rapporté que M. Chafik a été victime d'une tentative d'agression, tandis qu'il se rendait dans un bureau de vote.

Des parents des victimes du soulèvement ont entouré et insulté l'ex-premier ministre avant de tenter de s'en prendre à lui physiquement.

« Les Égyptiens sont capables de faire le bon choix », a affirmé le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, en votant.

M. Aboul Foutouh a pour sa part espéré que les Égyptiens choisissent un candidat « qui ne soit soumis à aucun diktat et ne fasse pas partie des restes de l'ancien régime ».

Les Égyptiens ont commencé à voter au Caire pour désigner un successeur au président déchu Hosni Moubarak.Les Égyptiens ont commencé à voter au Caire pour désigner un successeur au président déchu Hosni Moubarak. Photo : AFP / MAHMUD HAMS

L'électorat islamiste divisé

Si les courants islamistes, Frères musulmans et salafistes, ont obtenu la majorité des sièges aux élections législatives, leur électorat risque d'être dispersé pour cette élection.

Les voix islamistes pourraient se diviser entre le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi et Abdel Moneim Aboul Foutouh, un dissident des Frères musulmans qui a l'appui d'une partie des salafistes ainsi que des jeunes laïques libéraux.

Selim Al-Awa, un universitaire respecté anciennement proche des Frères musulmans, a aussi des chances de récolter une partie des voix islamistes.

Les anciens du régime, Amr Moussa et Ahmad Chafik, tentent d'attirer le vote de l'électorat qui souhaite revenir à la stabilité, après 15 mois de perturbations politiques et de dégradation de la situation économique.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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