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Une contestation qui dépasse le mouvement étudiant, selon la FECQ et la CLASSE

Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec

Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au lendemain d'une manifestation nocturne qui a tourné à l'affrontement à Montréal, les représentants de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont estimé que le mouvement de contestation à l'endroit du gouvernement de Jean Charest dépassait maintenant largement le cadre de la grève étudiante.

Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, répète qu'il souhaite que les rassemblements se déroulent dans le calme, mais admet n'avoir aucun contrôle sur la situation. « On fait face à des manifestations que nous on n'organise pas et, en toute honnêteté, je ne sais même pas où sont les ficelles de l'organisation », a-t-il expliqué.

Le leader étudiant estime que les débordements de samedi soir sont la démonstration que la loi 78 adoptée vendredi par le gouvernement pour mettre fin à la crise n'a pas le pouvoir de faire taire la contestation. « Force est de constater qu'il y a quelque chose qui ne marche pas dans cette loi spéciale. [...] Un gouvernement ne peut pas décider du jour au lendemain qu'il n'y aura plus de manifestations. Quand il y a une manifestation de 5000, 10 000, 15 000 personnes, on ne peut pas distribuer des amendes à tout le monde comme le prévoit la loi actuelle », fait-il valoir.

« Je ne peux pas croire que le conseil des ministres croyait sérieusement qu'une loi spéciale allait du jour au lendemain tout arrêter. »

— Une citation de  Léo Bureau-Blouin
Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante
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Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante

L'escalade était prévisible, selon Gabriel Nadeau-Dubois

De son côté, le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, dit avoir le sentiment qu'en adoptant la ligne dure, le premier ministre s'est trouvé de nouveaux opposants. « Il y a beaucoup de gens, je crois, qui n'étaient peut-être pas tout à fait d'accord avec le mouvement sur la question de la hausse des frais de scolarité, mais face à une loi spéciale aussi répressive, ils vont appuyer le mouvement étudiant, vont descendre dans la rue », dit-il.

« J'ai répété toute la semaine qu'à partir de l'adoption de ce projet de loi, ça enclencherait une escalade dans la confrontation dans les rues. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois

« Une loi comme ça, adoptée dans la face de la jeunesse, ça va briser un lien de confiance entre toute une génération et les institutions démocratiques du Québec. C'est une cicatrice qui va être très longue à refermer », d'ajouter M. Nadeau-Dubois.

La CLASSE est réunie dimanche en congrès pour discuter précisément de la position qu'elle adoptera à l'égard de la loi 78. « Comment allons-nous réagir? Allons-nous la respecter? Allons nous appeler à la défier? Si on appelle à la défier, comment le faisons-nous? Ce sont vraiment des discussions importantes qui vont avoir lieu », indique son porte-parole.

Une conférence de presse de la CLASSE aura lieu lundi matin.

La 26e manifestation en autant de soirs au centre-ville de Montréal, à laquelle ont participé des milliers de personnes, a été perturbée par des casseurs, avant de se conclure par une émeute, samedi soir. Les policiers ont procédé à 69 arrestations, notamment pour agressions armées, voies de fait sur des policiers et incendie criminel. La majorité des personnes appréhendées ont été remises en liberté avec des constats d'infraction.

Un maire exaspéré

Le maire de Montréal, Gérald Temblay, s'est montré excédé par les violences qui ont de nouveau secoué la ville. « J'ai trouvé ça totalement inacceptable. C'est intolérable dans une société comme la nôtre où on veut vivre en harmonie. Ce n'est pas un certain nombre de personnes qui vont causer préjudice encore à la métropole du Québec, mais surtout risquer des événements tragiques comme ça pourrait arriver. Alors, j'espère que ça va cesser le plus rapidement possible », a-t-il réagi.

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