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La publicité de la Fédération autonome de l'enseignement dans La Presse du samedi

La publicité de la Fédération autonome de l'enseignement dans La Presse du samedi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'adoption de la loi spéciale pour mettre fin au conflit étudiant continue d'alimenter la polémique. Partisans et détracteurs de ce texte commentent diversement la ligne dure prônée par Jean Charest.

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui regroupe le tiers du personnel enseignant des commissions scolaires du Québec, signe une publicité très dure à l'endroit du premier ministre pour dénoncer sa loi spéciale.

Selon le message lancé par cette publicité parue samedi dans les quotidiens, Jean Charest porte le visage de la honte. En entrevue à RDI, le président de la Fédération qui représente 32 000 membres a expliqué ce qui a motivé cette riposte cinglante. « Il ne nous reste plus grand moyen pour exprimer notre indignation. Je vais vous dire franchement qu'avec les projets de loi matraque que multiplie le gouvernement Charest, il devient difficile pour la population et les organisations, autant étudiantes que syndicales, de s'exprimer publiquement », a estimé Pierre Saint-Germain.

Le syndicaliste a rappelé que Jean Charest avait servi la même médecine aux organisations syndicales en 2005 avec la loi 43 qui fixait les conditions de travail des employés de la fonction publique et parapublique. Un rapport du conseil d'administration du Bureau international du travail, rattaché à l'ONU, avait condamné cette décision en 2007.

La législation proposée par Québec a fait bondir les enseignants, selon M. Saint-Germain. « Quand on a pris connaissance du projet de loi et qu'on l'a présenté à nos membres, la réaction des gens a été vraiment unanime. Les gens trouvaient ce projet de loi tout à fait odieux. Une profonde indignation s'est manifestée dans la salle et les gens souhaitaient une réaction vive de la part de la Fédération », a-t-il indiqué.

Une loi à la portée large

Le président de la FAE admet que ses membres ne sont pas directement touchés par le conflit étudiant, mais il estime que la loi spéciale est beaucoup plus large que la raison pour laquelle elle a été instaurée. « À partir du moment où on va vouloir exprimer notre insatisfaction à l'endroit du gouvernement, on est coupable par association. Il n'y a plus personne qui va vouloir aller dans les rues ne sachant pas s'il va être susceptible d'être arrêté, d'être soumis à une amende lourde », fait-il valoir.

Nous sommes une organisation syndicale qui défend le droit de ses membres, c'est vrai, mais nous sommes aussi des acteurs de la société civile qui ont à coeur les droits fondamentaux et qui ont à intervenir quand il y a des dérives de cette nature.

Une citation de :Pierre Saint-Germain, président de la Fédération autonome de l'enseignement

M. Saint-Germain croit que le gouvernement a voulu mettre un terme à la contestation dont il fait l'objet pour le bon déroulement de sa prochaine campagne électorale. « Le gouvernement a utilisé cette loi-là en fin de compte pour bâillonner l'ensemble de la population qui voudrait aller manifester de façon spontanée dans le cadre d'une rencontre électorale. »

La FAE représente des enseignants qui se sont désaffiliés de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), déçus de ses stratégies adoptées dans les dossiers de l'équité salariale et de l'implantation de la réforme de l'éducation au Québec.

« Abus de pouvoir », dit la FIQ

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a dénoncé aussi ce qu'elle appelle « l'abus de pouvoir » du gouvernement Charest.

« L'adoption d'une loi spéciale est définitivement le pire des scénarios qui se concrétise. C'est révoltant de voir ce gouvernement utiliser une loi spéciale aussi radicale et s'attaquer si odieusement aux jeunes et à l'ensemble de la société québécoise. Les effets seront tragiques pour la démocratie québécoise », a déclaré la présidente de la FIQ, Régine Laurent.

La FIQ s'inquiète notamment de la portée de cette loi. « Comment pourrons-nous maintenant faire entendre notre indignation? Cette loi se veut une tentative d'intimidation à quiconque voudrait manifester son désaccord. Est-ce que la police débarquera près des établissements de santé, devant les bureaux des agences de santé ou même devant le bureau du ministre de la Santé lorsque les professionnelles en soins décideront, subitement, d'aller manifester leur colère face à des décisions inacceptables? », s'interroge Mme Laurent.

La FIQ n'omet pas de faire le parallèle avec la loi spéciale (loi 72), qui avait été imposée aux infirmières en grève en 1999.

Contestée devant les tribunaux

Des associations étudiantes déposeront mardi un recours en nullité contre la loi spéciale, en Cour supérieure du Québec.

Une loi « nécessaire et justifiée », selon les jeunes libéraux

Même si elle convient qu'elle a été une décision difficile à prendre, la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec estime que la loi spéciale était nécessaire et justifiée dans les circonstances.

Pour le président des jeunes libéraux, Kevin-Alexandre Lavoie, la loi 78 vient protéger les droits de chacun, tout en préservant l'ordre public et en maintenant la paix sociale.

Il ajoute qu'en raison du non-respect d'injonctions, en plus de gestes d'intimidation et de violence, des moyens dissuasifs exceptionnels devaient être mis de l'avant afin de contrer les intentions de petits groupes isolés désireux, selon lui, d'imposer leur point de vue en violant les lois et en créant un climat d'instabilité.

M. Lavoie rappelle que la primauté du droit et le respect des institutions sont des principes fondamentaux de toute démocratie.

Par ailleurs, le président de l'Association québécoise de l'industrie touristique s'est dit soulagé par l'adoption de la loi spéciale du gouvernement Charest.

Les sites du PLQ et du MELS inaccessibles

Les sites web du Parti libéral du Québec et du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, le portail du gouvernement du Québec, la page de la Sûreté du Québec et celle du premier ministre Jean Charest ont tour à tour été rendues inaccessibles samedi. On ne sait pas s'il s'agit d'une simple panne ou d'une attaque informatique en riposte à l'adoption de la loi spéciale.

Il était toujours impossible d'accéder au site du ministère de l'Éducation, en milieu de soirée.

Loi 78 (version amendée) (Nouvelle fenêtre)

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