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Le projet de loi spéciale dénoncé par les étudiants et l'opposition

Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins.

Radio-Canada

Le projet de loi spéciale déposé à l'Assemblée nationale par le gouvernement de Jean Charest, jeudi soir, a vivement été décrié par les fédérations étudiantes, qui estiment qu'il contrevient à la Charte des droits et libertés, ainsi que par l'opposition officielle.

Pour Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), le Québec se transformera en « État policier » avec cette loi, qui est une « limitation excessive du droit à manifester ».

Aujourd'hui, le gouvernement du Québec se sert d'une crise qu'il a lui-même provoquée pour, ni plus ni moins, transformer tout mouvement social d'expression citoyenne en crime et un État qui a une tradition d'ouverture en un État qui est policier.

Léo Bureau-Blouin

Ce projet de loi qui vise à « tuer, à terme, les associations étudiantes » contrevient aux chartes des droits et libertés du Québec et du Canada, a ajouté le leader étudiant lors d'un point de presse.

Il a ajouté que ce projet de loi « inacceptable » et « intolérable » était pire que l'augmentation des droits de scolarité.

À ses côtés, la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), Martine Desjardins, a ajouté que ce projet de loi veut « criminaliser » le mouvement étudiant et que la FEUQ contestera la loi devant les tribunaux.

Le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, a qualifié le projet de loi de « colossal retour en arrière » et de « dérive autoritaire » qui « remet en question des libertés fondamentales, des droits constitutionnels reconnus ».

Ce projet de loi là remet en question le droit à la liberté d'expression, à la liberté d'association, à la liberté de manifestation.

Gabriel Nadeau-Dubois

Il s'agit d'un projet de loi « totalement inacceptable dans une démocratie », a-t-il ajouté, soulignant que la loi ne pourra pas être contestée devant les tribunaux par manque de temps.

Un projet de loi « ignoble », selon l'oppostion

La chef du Parti québécois, Pauline Marois.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La chef du Parti québécois, Pauline Marois.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a pour sa part affirmé que le projet de loi proposait de « violer les droits d'associations et la liberté d'expression » et l'a qualifié « d'ignoble ».

« L'État s'octroie des pouvoirs abusifs d'interpréter la loi, de la changer, de l'adapter », a-t-elle affirmé, demandant au premier ministre Jean Charest de retirer le projet de loi spéciale. Elle a d'ailleurs affirmé qu'il s'agissait d'une « attaque frontale contre les associations étudiantes » de la part d'un « gouvernement à la dérive ».

Pour Amir Khadir de Québec solidaire, « il faut rendre cette loi inopérante et la contester auprès des instances judiciaires ».

Les députés indépendants Lisette Lapointe et Pierre Curzi, ainsi que Jean-Marie Aussant, d'Option nationale, sont pour leur part étonnés du montant des amendes prévues dans le projet de loi.

Pour Pierre Curzi, cette loi « limite le droit de se réunir » et « attaque le corps professoral ». Il pense que le montant des amendes a pour but d'éliminer le droit d'association. Lisette Lapointe a déclaré que l'esprit de cette loi-là était « une chose inacceptable ».

La CAQ craint des « diplômes à rabais »

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a commenté le projet de loi en affirmant qu'il accordait « beaucoup trop de flexibilité pour les cégeps ». Il s'inquiète de l'octroi de « diplôme à rabais » si le nombre de jours d'enseignement n'est pas suffisant. Par ailleurs, le chef de la CAQ aurait aimé qu'une mesure interdisant le port de masque lors de manifestations soit incluse dans le projet de loi.

Ultime appel à la négociation

Plus tôt jeudi, les représentants étudiants lançaient un « ultime » appel à la négociation avec le gouvernement, à quelques heures du dépôt du projet de loi spéciale. Ils étaient appuyés dans leur démarche par des élus, ainsi que par des représentants des carrés verts, pour la hausse, et des carrés blancs, qui réclament une trêve.

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