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Conflit étudiant : le gouvernement suspend la session par une loi spéciale

Point de presse du gouvernement libéral à propos du projet de loi spéciale
Sophie-Hélène Lebeuf

Le premier ministre Jean Charest ainsi que sa ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, ont annoncé le dépôt d'un projet de loi spéciale touchant le conflit étudiant lors d'une conférence de presse.

L'annonce, aussitôt décriée par les leaders des différentes associations étudiantes, a été faite en compagnie de représentants des milieux collégiaux et universitaires.

Le projet, dont n'ont été révélées que les grandes lignes, modifie le calendrier scolaire.

À moins de la conclusion d'une entente entre la direction d'un établissement, les étudiants et les professeurs, la session d'hiver sera suspendue dans 14 cégeps et dans les facultés qui sont en grève dans 11 universités.

Les cours reprendraient en août pour se terminer fin septembre. La session d'automne s'amorcerait en octobre.

Ces propositions ne touchent pas les cégeps et les universités qui complètent actuellement leur session de façon normale.

Selon Jean Charest, marquer une pause permettra de « résorber la tension ».

Il est temps que le calme revienne [...], la situation actuelle a duré trop longtemps.

Jean Charest

Le projet touchera aussi la désobéissance civile. Avare de détails sur cet aspect, Jean Charest a dit qu'il garantissait l'accès aux cégeps et aux universités. Selon les informations de Radio-Canada, il prévoierait des infractions qui introduiraient des amendes importantes pour ceux qui y contreviendraient.

L'éducation est un droit. On ne peut prétendre défendre l'accès à l'enseignement supérieur et bloquer l'accès d'un cégep ou d'une université. L'éducation est une condition de liberté et d'épanouissement, non pas un prétexte à l'intimidation et à la violence. - Communiqué du gouvernement

Le premier ministre a refusé de dévoiler le moment où serait déposé le projet de loi, se bornant à dire « bientôt ».

Comme elle l'avait fait en matinée, la ministre Courchesne a dit avoir constaté un durcissement des positions des associations étudiantes lors de sa rencontre avec leurs représentants, la veille. Ironiquement, eux avaient souligné, à l'issue de la réunion, que les « canaux de communication » avec le gouvernement s'étaient rouverts.

Interrogé sur la possibilité de poursuivre les négociations, le premier ministre a répondu : « On veut que les ponts de communication restent ouverts » avec les étudiants.

Québec vante à nouveaux ses propositions

Jean Charest et la ministre Courchesne ont en outre tous deux rappelé les modifications offertes par le gouvernement dans les dernières semaines, dont l'étalement de la hausse des droits de scolarité sur sept ans plutôt que cinq, l'ajout de 39 millions de dollars en bourses, qui compenserait la hausse pour de nombreux étudiant, et l'instauration du remboursement du prêt proportionnel au revenu.

Ils ont aussi répété que plus de 70 % des étudiants ont terminé soit leurs cours, soit sont sur le point de le faire, et que le « boycott » ne touche donc qu'une minorité. Le gouvernement martèlera par ailleurs ces arguments dans des publicités publiées vendredi dans des quotidiens.

Présente aux côtés des représentants gouvernementaux, la présidente désignée du Conseil de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), aussi rectrice de l'Université de Sherbrooke, a déclaré que les universités et les cégeps collaborent pour que les cégépiens qui souhaitent poursuivre leurs études cet automne puissent le faire, même si les cours au cégep doivent reprendre en août pour certains.

Le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, a de son côté souligné que la situation qui se vit dans les 14 cégeps en grèves est marquée par de nombreux drames humains. Il dit avoir deux préoccupations : sauver la session d'hiver et faire en sorte que la reprise, décalée dans le temps, des cours, pour que ceux qui veulent terminer leurs cours, se fasse dans un climat serein.

Le gouvernement a pris sa décision à l'issue d'une réunion du Conseil des ministres ayant duré environ cinq heures.

En après-midi, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, a indiqué que l'organisation avait déjà donné le mandat à ses services juridiques de contester une éventuelle loi spéciale.

Le conflit étudiant, qui dure depuis 94 jours, est le plus long de l'histoire du Canada.

L'opposition n'y croit pas

La porte-parole du Parti québécois en matière d'enseignement, Marie Malvoy, dit qu'elle s'attendait « à un autre genre de pause ». Elle déplore que le premier ministre suspende les cours sans indiquer qu'il pouvait par ailleurs « y avoir une pause par rapport à la décision du gouvernement ».

Il arrive ce soir avec un projet de loi dont on ne comprend pas toutes les implications parce qu'il m'a l'air assez compliqué [...] Il n'est même pas capable de nous dire s'il faudra avoir recours à la force pour appliquer son projet de loi.

Marie Malvoy

Mme Malavoy doute que l'annonce de mercredi soir contribue à ramener la paix.

Pour le chef de la CAQ, François Legault, le projet de loi spécial est « un constat d'impuissance » du premier ministre. « Ce qu'il nous annonce, finalement, c'est qu'il va tout pelleter le problème au mois d'août. Rien n'est réglé », croit M. Legault. La seule façon de régler cette crise, dit-il « c'est d'avoir une élection ».

Les évènements en direct

Plaidoyers pour la négociation

En après-midi, la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, avait imploré le gouvernement Charest de ne pas recourir à une loi spéciale, tout comme l'avait fait avant elle le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

En soirée, Laurent Proulx, porte-parole du Mouvement des étudiants socialement responsable, dont les membres sont en grande partie contre la grève, s'est dit « inquiet » devant l'adoption d'une loi spéciale.

Politique