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2 millions de Canadiens vivent l'insécurité alimentaire, selon un rapporteur de l'ONU

Le rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter

Le rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après avoir visité des réserves de Premières Nations de l'Ouest du pays, le rapporteur spécial des Nations Unies (ONU) pour le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter, estime que le Canada a une approche moins forte en matière de sécurité alimentaire, qu'en termes de droits civiques.

Selon M. De Schutter, le gouvernement fédéral doit élaborer une stratégie nationale pour diminuer l'insécurité alimentaire qu'il a pu constater durant sa première visite dans un pays du G8.

Le rapporteur spécial dressait à Ottawa mercredi un bilan préliminaire de sa visite qui s'est amorcée le 5 mai dernier. Son rapport final sera déposé en 2013.

Il a évoqué le « paradoxe d'un pays riche [...] admiré et respecté pour ses droits de la personne », mais dans lequel une famille sur 10 ayant un enfant de moins de six ans ne peut le nourrir de façon adéquate.

M. De Schutter a exposé une suite de statistiques qu'il a qualifiées de déplorables, soutenant que deux millions de Canadiens vivent dans l'insécurité alimentaire et que dans certaines communautés autochtones qu'il a visitées, « jusqu'à 85 % des résidents dépendent de l'aide gouvernementale pour ne pas sombrer dans insécurité alimentaire. »

Ottawa enjoint à l'ONU de s'évaluer avant de juger

Par ailleurs, M. De Schutter a commencé son allocution en présentant ses excuses au gouvernement canadien, pour la couverture médiatique accordée à ses critiques avant son allocution de mercredi.

« J'ai vu ce matin que la presse s'était fait l'écho de certaines de mes prises de position, qui en réalité n'étaient pas destinées à être rendues publiques au moment où elles l'ont été », a-t-il reconnu.

« Je regrette naturellement et je crois devoir m'en excuser auprès des autorités gouvernementales. J'espère ne pas les avoir placées devant le fait accompli. »

Mercredi matin, le ministre fédéral de l'Immigration, Jason Kenney, a riposté aux critiques du rapporteur, estimant que l'ONU devait plutôt voir à ses efforts pour assurer la sécurité alimentaire des régions où elle intervient.

Selon le ministre fédéral, la mission du rapporteur constitue un gaspillage des ressources des Nations Unies.

Pour une meilleure implication des communautés isolées

Le rapporteur a notamment été personnellement invité par l'Assemblée des chefs du Manitoba à visiter certaines réserves dans la province durant deux jours. Il a également visité certaines réserves en Alberta.

« [Dans le cadre de mes visites dans des réserves], j'ai tenté d'évaluer la performance du programme fédéral Nutrition Nord Canada », a poursuivi M. De Schutter, à propos d'une mesure en première étape d'implantation qu'a élaborée le gouvernement canadien pour augmenter l'accès aux aliments périssables sains dans les collectivités isolées du Nord.

« Je souhaiterais que les communautés soit mieux informées sur les mécanismes du programme, sur ce qu'il fait et ce qu'il est sensé faire » a-t-il recommandé.

Je voudrais que le choix des aliments subventionnés couvre réellement les coûts, pour les détaillants alimentaires, du transport d'aliments dans les communautés isolées du Nord. Je crois que le choix de ces aliments devrait être défini au moyen de consultations avec les communautés.

Une citation de :Olivier De Schutter, rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation

M. De Schutter s'est dit frappé par les prix « très élevés » de certains aliments essentiels dans les magasins qu'il a visités, dont la farine, le sucre et l'huile.

En outre, M. De Schutter a évalué l'accès à la nourriture traditionnelle pour certaines communautés autochtones et innues.

« Certaines des communautés innues et des Premières Nations ont un accès à la nourriture dont leurs régimes alimentaires dépendent, des aliments qui sont très nutritifs et sains. Toutefois, il devient plus difficile pour eux de chasser, de pêcher et de ramasser des fruits, en partie à cause de la hausse du prix de l'essence et de la hausse du prix de leurs équipements », a estimé M. De Schutter.

La ministre Aglukkaq lie la sécurité alimentaire dans le Nord et les environnementalistes

En réponse aux critiques du rapporteur spécial des Nations Unies, Olivier De Schutter, la ministre fédérale de la Santé avance que l'insécurité alimentaire que connaissent de nombreux Canadiens du Nord est liée aux efforts des environnementalistes.

Selon la ministre Leona Aglukkaq, ce sont les efforts des activistes environnementaux pour empêcher la chasse traditionnelle des ours polaires et des phoques qui réduisent l'accès à une nourriture traditionnelle saine pour les communautés isolées du nord.

En point de presse mercredi, quelques heures après la diffusion du bilan préliminaire de la visite du rapporteur onusien, Mme Aglukkaq a défendu les actions de son gouvernement.

Elle a exposé que dans le cadre de son programme Nutrition Nord Canada, le fédéral oeuvrait à subventionner le transport des aliments les plus nutritifs, de la manière la plus efficiente possible, vers les communautés isolées du Nord.

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