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G20 à Toronto : rapport accablant sur la police

Une femme est arrêtée devant le centre de détention provisoire aménagé dans un studio de cinéma à Toronto.
Une femme est arrêtée devant le centre de détention provisoire aménagé dans un studio de cinéma à Toronto. Photo: AFP / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Le Bureau ontarien du directeur indépendant de l'examen de la police (BDIEP) accuse les policiers d'avoir fait usage de force excessive, en plus d'avoir eu recours à des tactiques illégales durant le sommet du G20 à Toronto en 2010.

Le BDIEP a dévoilé un rapport de 300 pages, mercredi, après avoir enquêté sur plus de 350 plaintes du public. Le Bureau a passé des mois à interroger notamment des hauts gradés des quatre corps policiers impliqués (Toronto, Peel, GRC et Police provinciale).

Gerry McNeillyLe directeur du Bureau du directeur indépendant de l'examen de la police, Gerry McNeilly Photo : Christian Grégoire

Lundi, la Commission des plaintes du public contre la Gendarmerie royale du Canada avait conclu que les agents de la GRC avaient agi « de façon généralement correcte et raisonnable. »

Le rapport du BDIEP, qui s'est penché sur le travail de l'ensemble des corps policiers impliqués, conclut, lui, que, même si la plupart des policiers « ont agi avec professionnalisme », certains ont, en revanche, ignoré les droits fondamentaux des manifestants, en cherchant à empêcher des actes illégaux.

Heureusement, malgré toute la confusion, il n'y a pas eu de mort.

Gerry McNeilly, directeur du BDIEP

Le Bureau a comme mission de recevoir et de gérer toutes les plaintes du public contre la police en Ontario.

Conclusions du rapport :

  • fouilles de manière arbitraire et sans justification légale
  • usage de force excessive, notamment à l'endroit des manifestants du parc de l'Assemblée législative le 26 juin
  • arrestations massives illégales le 26 juin (près de l'hôtel Novotel)
  • arrestations illégales, sans mandat, le 27 juin à l'Université de Toronto, incluant nombre de manifestants venus du Québec
  • encerclement déraisonnable, inutile et illégal d'une foule, en plein orage, au centre-ville le 27 juin
  • conditions de détention inacceptables au centre temporaire Eastern Detention Centre (manque de nourriture, d'eau, fouilles à nu)

Le rapport montre du doigt le chef adjoint de la police de Toronto, Tony Warr, qui a ordonné aux policiers de « reprendre le contrôle de la rue », après une journée d'émeutes, le 26 juin, au centre-ville.

Une autopatrouille incendiéeUne autopatrouille incendiée durant le G20 à Toronto le 26 juin 2010

Le directeur du BDIEP, Gerry McNeilly, critique aussi les superviseurs de la police de Toronto qui ont fermé les yeux, plutôt que de forcer leurs agents à porter une étiquette avec leur nom sur leur uniforme, comme le prévoit la politique du corps policier.

M. McNeilly formule 42 recommandations, dont celle de forcer les policiers à dévoiler toute preuve de mauvaise conduite de la part de collègues. L'Unité provinciale des enquêtes spéciales s'est plainte à de multiples reprises depuis le sommet de la loi du silence parmi les policiers torontois.

Sans précédent

Les policiers ont arrêté plus de 1100 personnes durant le sommet du G20 en 2010, la plus importante vague d'arrestations de l'histoire canadienne.

De son côté, le chef de police de Toronto, Bill Blair, a refusé de jeter la pierre à ses agents, affirmant que les reproches contenues dans le rapport ne sont que des allégations qui n'ont pas été prouvées pour l'instant.

L'Unité provinciale des enquêtes spéciales a déjà déposé des accusations contre deux agents torontois pour brutalité policière lors du sommet.

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