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Conflit étudiant : levée de cours au Collège Lionel-Groulx

Intervention policière devant le Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse, mardi

Intervention policière devant le Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse, mardi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Collège Lionel-Groulx a décidé de lever les cours cet après-midi. Il n'ouvrira pas ses portes, non plus, mercredi et jeudi.

Selon le directeur des communications du collège, Yves Marcotte, il n'est pas possible d'assurer à tous le climat serein pour la tenue des cours.

Nous venons de faire la preuve, devant tout le Québec, que l'injonction n'est pas une bonne façon de faire pour assurer le retour en classe.

Une citation de :Yves Marcotte

PLus tôt ce matin, des membres de l'escouade antiémeute de la Sûreté du Québec (SQ) ont délogé les manifestants qui bloquaient l'entrée du Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse.

Les manifestants tentaient d'empêcher la direction du Collège de dispenser les cours pour une deuxième journée de suite, malgré l'injonction qui pèse sur elle.

Les 53 étudiants à l'origine de l'injonction ont pu entrer en classe pour suivre leurs cours. Ils ont été les seuls à pouvoir entrer dans le cégep.

Une matinée orageuse

La tension était vive aux abords du collège en début de matinée. Des étudiants « rouges » (favorables à la grève) bloquaient les portes de l'établissement au nez d'étudiants « verts » (opposés à la grève) qui attendaient de voir s'ils pourraient assister à leurs cours. Le tout se déroulait sous l'oeil attentif des policiers de la Sûreté du Québec (SQ).

Devant le refus des manifestants de libérer les portes du collège, les policiers ont pris position et ont intimé l'ordre aux manifestants de se disperser. Ces derniers n'ont pas bougé. Des parents se sont même dressés entre les policiers et les élèves pour empêcher l'affrontement.

Les policiers ont finalement repoussé les manifestants pour dégager les portes de l'établissement. Ils ont utilisé des gaz lacrymogènes pour les disperser. Le tout s'est déroulé sans trop de casse, et le calme est revenu rapidement.

Les policiers ont arrêté au moins cinq personnes au cours de l'intervention.

La SQ soutient qu'elle répondait à une plainte de la direction du collège dans le but de maintenir l'ordre. Des membres de la direction avaient été incapables d'entrer dans l'établissement plus tôt en matinée.

Des enseignants bouleversés

Selon le président du Syndicat des enseignants du Cégep Lionel-Groulx, François Vervaet, les enseignants étaient bouleversés par ce qu'ils ont vu. La plupart d'entre eux n'étaient pas aptes à donner des cours, dit-il. Certains ont « flanché » aujourd'hui, dit-il.

Il était cependant important pour les enseignants de se présenter au travail et de prouver qu'ils étaient prêts à respecter l'injonction, explique M. Vervaet. « C'est certain que nous, comme employés du collège, on va respecter l'injonction dans la mesure du possible, tant que notre santé physique et psychologique ne sera pas affectée par ces injonctions-là », précise-t-il. « On veut que nos étudiants diplôment ».

Essayer de faire rentrer de force [les étudiants] - et je pense que c'était la force maximale qu'on pouvait utiliser - ça ne fonctionne pas.

Une citation de :François Vervaet, président du Syndicat des enseignants du Cégep Lionel-Groulx

Le président du syndicat dit que les enseignants pourraient invoquer la CSST pour refuser de donner un cours dans un contexte tel que celui qui a prévalu au Collège Lionel-Groulx mardi.

Un enseignant qui est en crise de nerfs à cause qu'il a vu son étudiant se faire battre ou se faire gazer, et qui arrive devant une classe et qu'il n'est même pas capable de parler tellement il a des trémolos dans la voix ou qu'il pleure, c'est certain qu'il peut invoquer le droit de refus.

Une citation de :François Vervaet, président du Syndicat des enseignants du Cégep Lionel-Groulx

La directrice générale interpelle Québec

La directrice générale du Collège, Monique Laurin, a déploré l'attitude du gouvernement, qui la force à jouer le mauvais rôle dans ce conflit. Elle s'est dite obligée de recourir à la police pour faire ouvrir son établissement.

On me demande à moi de faire un travail qui n'est pas fait dans un autre lieu. On se sent larguées, les directions générales, par le politique.

Une citation de :Monique Laurin

Invectivée et chahutée par la foule de manifestants, Mme Laurin a, préalablement à l'intervention policière, demandé aux élèves de se disperser afin de respecter l'injonction. La directrice générale leur a expliqué qu'ils devaient quitter les lieux parce que le fait de contrevenir à une injonction constituait une infraction criminelle.

Mme Laurin a souligné que les conditions d'enseignement seraient désastreuses à l'intérieur du collège. « Cette situation fait en sorte que tout le monde est malheureux, a-t-elle affirmé. Ces étudiants [rouges] sont malheureux parce qu'on ne respecte pas leur vote, démocratique, disent-ils, et on ne respecte pas les étudiants qui veulent entrer [verts]. Mais, à l'intérieur, le climat va être pourri. Et, ça, c'est épouvantable. »

Mes étudiants, ce sont les verts et les rouges. Je les aime tous autant. Ils ont tous droit à une éducation de qualité.

Une citation de :Monique Laurin

La directrice générale interpelle le gouvernement du Québec pour qu'il vienne en aide aux directions d'établissement. « Je veux dire au gouvernement qu'il va falloir que vous fassiez quelque chose. Vous nous faites porter l'odieux de cette situation et on va le porter longtemps dans le climat de travail », conclut-elle.

Les cours levés à Longueuil

François Vervaet, président du Syndicat des enseignants du Cégep Lionel-Groulx.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

François Vervaet, président du Syndicat des enseignants du Cégep Lionel-Groulx.

Sur la Rive-Sud, au Cégep Édouard-Montpetit, la direction a annulé vers 10 h les cours pour la journée, malgré l'injonction qui l'oblige à les dispenser. En matinée, des dizaines de grévistes ont bloqué les portes de l'établissement dans un calme relatif.

Une centaine de jeunes, dont une cinquantaine ayant obtenu une injonction, espéraient pouvoir reprendre leurs cours.

Les quelques dizaines d'autres bénéficient d'une entente conclue entre la direction de l'établissement et l'assemblée générale des étudiants pour que certains étudiants puissent assister à leurs cours, quand il s'agit par exemple d'un cours de stage ou d'un cours préalable à un stage.

La direction du cégep refuse de faire appel aux forces policières. Elle dit vouloir éviter de vivre un scénario comme ceux qui se sont produits au cégep Lionel-Groulx et Rosemont. La direction affirme préférer discuter avec l'association étudiante.

« Partout où les forces policières sont intervenues, ce qui s'est produit, c'est qu'il y a eu des affrontements, des blessés, et on veut éviter ça à tout prix », explique le directeur général du Collège Édouard-Montpetit, Serge Brasset.

La direction tentera à nouveau une reprise des cours mercredi matin. D'autres injonctions pourraient par ailleurs s'ajouter jeudi.

Des manifestants bloquent les portes du Cégep Édouard-MontpetitAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants bloquent les portes du Cégep Edouard-Montpetit

Photo : Marie-Ève Maheu

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