•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Montréal veut adopter son règlement antimasque vendredi prochain

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le maire de Montréal Gérald Tremblay convoque un conseil de ville spécial, vendredi prochain, pour accélérer l'adoption du nouveau règlement municipal encadrant les manifestations.

Le règlement, qui devait originalement être adopté en juin, prévoit que les organisateurs d'une manifestation devront fournir l'itinéraire prévu à la police et que toute personne qui y participe devra avoir le visage découvert.

Les contrevenants s'exposeront à des amendes de 500 $ à 1000 $ pour une première infraction, de 1000 $ à 2000 $ pour une seconde, et de 2000 $ à 3000 $ pour une troisième.

« J'ai déjà dit que j'étais prêt à accélérer l'adoption de ce règlement si la situation continuait de se dégrader dans la métropole. Hier, j'ai voulu amener le débat à un autre niveau et c'est la raison pour laquelle je ne l'ai pas mentionné », affirme le maire dans un communiqué diffusé à 5 h 30 vendredi.

« Cependant, il devient urgent de donner aux policiers le plus rapidement possible tous les outils nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens et la protection des biens publics dans le respect de nos compétences municipales », a déclaré le maire Tremblay.

Le climat social se détériore et certains en profitent pour commettre des actes criminels. J'ai honte de voir ce qui se passe dans ma ville.

Gérald Tremblay

S'il était adopté vendredi prochain, le règlement municipal serait en vigueur le 22 mai, jour où une grande manifestation de grévistes étudiants doit se tenir dans les rues de la métropole.

« Compte tenu des circonstances, compte tenu de l'appel de la CLASSE hier à des manifestations, on a décidé d'accélérer l'adoption du projet », a expliqué le président de la commission de la sécurité publique à la Ville de Montréal, Claude Trudel, dans une entrevue accordée au Réseau de l'information.

« Ce règlement est dirigé contre les casseurs », poursuit M. Trudel. On n'est pas contre le droit des manifestants, loin de là. Il y a beaucoup de manifestations à Montréal qui se sont passées correctement. Mais là, on voit avec les événements du Palais des congrès il y a quelques semaines, ce qu'on a vu à Victoriaville la semaine dernière, qu'un groupe organisé de casseurs, d'anarchistes, tente de faire déraper les manifestations, et ça, ça n'aide pas la cause des étudiants qui ont des choses à dire démocratiquement », argue-t-il.

Vous défendez des idées, très bien, pourquoi vous ne le faites pas à visage découvert? Pourquoi ne donnez-vous pas votre itinéraire aux policiers?

Claude Trudel

M. Trudel soutient qu'il respecte le point de vue des groupes de défense des droits de la personne, qui ont déjà annoncé qu'ils entendent contester l'éventuel règlement devant les tribunaux.

« On a une opinion juridique de notre contentieux », fait-il valoir. « S'il y a des gens qui veulent contester le règlement, c'est un droit démocratique, on a des tribunaux et on verra ce que ça donner. Nous on pense que ce règlement fait un juste équilibre entre le droit de manifester d'une part - qu'on reconnaît et qu'on approuve - et d'autre part la sécurité publique »

Le maire Tremblay excédé

Jeudi, le maire Tremblay a livré un plaidoyer en faveur du dialogue et de la responsabilité sociale après que le métroeut été paralyséen raison d'engins fumigènes.

« Aucune cause, aussi légitime soit-elle, ne peut justifier des agissements criminels qui mettent en péril la sécurité publique et la paix sociale », a lancé le maire Tremblay, visiblement excédé par la situation.

La situation actuelle est en train de « causer un préjudice sérieux » à Montréal et à l'ensemble de la société québécoise, a dit le maire, qui a argué que la paix sociale et la sécurité constituaient « les fondements mêmes d'une société démocratique ».

Le chef de Projet Montréal, Richard BergeronAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron

La chef de l'opposition officielle, Louise Harel, a soutenu à l'instar du maire qu'il n'y avait pas de cause qui justifiait le recours à la violence.

Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, a quant à lui dénoncé la « stupidité inouïe » des actes commis dans le métro. Il souligne cependant que ces événements sont difficiles à éviter dans les circonstances actuelles.

« Temporairement, il faut prendre des dispositions spéciales dans la foulée des 13 semaines qu'on vient de vivre et l'événement de ce matin. Mais je ne veux pas que nous changions notre manière de vivre plus que de besoin. [...] Il faut revenir le plus rapidement possible à ce qui est si précieux à Montréal, c'est-à-dire la paix sociale et la convivialité exemplaire des Montréalais ».

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !