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Des milliers de militants pro-vie manifestent à Ottawa

Des manifestants pro-vie sur la colline parlementaire.

Des manifestants pro-vie sur la colline parlementaire.

Radio-Canada

Des milliers de personnes ont marché dans les rues d'Ottawa dans le cadre de la quinzième Marche nationale pour la vie, une manifestation contre le droit à l'avortement.

Selon les policiers, quelque 12 000 personnes se sont rassemblées sur la colline du Parlement avant le départ de la marche. Les manifestants ont entrepris leur marche vers 14 h, après avoir entendu des discours de politiciens et de représentants pro-vie. Ils sont ensuite revenus devant le parlement, où ils ont entendu divers témoignages.

Cet événement, organisé par la Coalition nationale pour la vie, vise à maintenir la pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il s'engage à rouvrir le débat sur l'avortement.

Avec un gouvernement conservateur majoritaire au pouvoir, l'organisme estime maintenant avoir un interlocuteur plus attentif à Ottawa. « Pour le mouvement pro-vie, c'est le scénario idéal », estime Alissa Golob, coordonnatrice jeunesse de la Coalition nationale pour la vie.

Des milliers de militants pro-vie marchent dans les rues d'Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des milliers de militants pro-vie marchent dans les rues d'Ottawa.

Mme Golob déplore cependant le discours du premier ministre Stephen Harper, qui ne souhaite pas rouvrir le débat sur l'avortement. « Que cela vous plaise ou non, le débat sur l'avortement est maintenant ouvert », lance-t-elle à l'endroit du premier ministre canadien.

Pour l'opposition officielle à Ottawa, Stephen Harper est lui-même responsable de l'ouverture de ce débat, puisqu'il a permis à un de ses députés de déposer une motion à ce sujet, il y a deux semaines.

Niki Ashton, porte-parole du NPD en matière de condition féminine, se dit profondément inquiète de la situation. « Les groupes pro-vie trouvent qu'ils ont une alliance, un supporter qui les écoute. Et c'est là où on voit une hypocrisie, où monsieur Harper dit ne pas vouloir rouvrir le débat, et c'est exactement ce qu'a fait son parti dans les deux dernières semaines », a-t-elle déploré.

Joanne Brownrigg, porte-parole de la Coalition nationale pour la vie, dit de son côté que le dépôt de la motion du député conservateur Stephen Woodworth a encouragé les militants pro-vie. Avec la marche de jeudi, Mme Brownrigg affirme que les militants veulent l'encourager à leur tour, « malgré le manque de discussion sur la colline parlementaire ». « C'est évident que les Canadiens veulent une discussion », ajoute-t-elle.

Un vote sur la motion du député Woodworth sur les droits du foetus devrait être tenu à la mi-juin. Rappelons que le premier ministre Stephen Harper a déjà indiqué qu'il voterait contre cette motion.

Cette manifestation contre l'avortement constitue le plus grand rassemblement du genre au Canada. Elle se tient chaque année à l'occasion de l'anniversaire de l'adoption du projet de loi omnibus de 1969, qui a décriminalisé l'avortement à des fins thérapeutiques.

On pouvait voir plusieurs jeunes dans la foule réunie à Ottawa dans le cadre de la Marche pour la vie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

On pouvait voir plusieurs jeunes dans la foule réunie à Ottawa dans le cadre de la Marche pour la vie.

Avortements sélectifs

Les militants pro-vie misent sur le phénomène récent des avortements sélectifs pour forcer une réouverture du débat sur l'avortement. Dans des pays comme la Chine, l'Inde, le Vietnam ou la Corée, des femmes interrompent leur grossesse pour éviter d'accoucher d'une fille.

Peu d'études permettent de quantifier le phénomène, qui soulève des problèmes éthiques importants, au Canada. En janvier, l'Association médicale canadienne lançait un plaidoyer pour interdire la divulgation du sexe des foetus avant la 30e semaine de grossesse pour éviter les avortements sélectifs. En avril, elle publiait une étude qui concluait que les Ontariennes originaires de l'Inde donnaient plus souvent naissance à un garçon que les autres femmes nées dans la province.

Avec des informations de Julien Lafille

Politique fédérale

Société