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Israël : Nétanyahou réinvente la coalition au pouvoir

Benyamin Nétanyahou et Shaul Mofaz

Benyamin Nétanyahou et Shaul Mofaz

Photo : AFP / MENAHEM KAHANA/JACK GUEZ

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il n'y aura pas d'élections anticipées en Israël le 4 septembre. Le Likoud (droite) du premier ministre Benyamin Nétanyahou et le Kadima (centre) du chef de l'opposition Shaul Mofaz ont annoncé contre toute attente mardi qu'ils vont former un gouvernement de coalition jusqu'à la fin prévue de la législature, soit en octobre 2013.

L'accord, conclu dans la nuit de lundi à mardi, permettra à M. Nétanyahou de diriger une coalition occupant 94 des 120 sièges du Parlement, soit l'une des plus larges de l'histoire du pays.

Les plus récents gouvernements israéliens sont le plus souvent composés de plusieurs petits partis défendant des intérêts particuliers et donc susceptibles d'entraîner sa chute sur le moindre point de dissension.

L'accord prévoit que Shaul Mofaz deviendra vice-premier ministre et ministre sans portefeuille. Il siégera au forum des principaux ministres ainsi qu'au cabinet de sécurité restreint. Il sera le seul membre de Kadima à entrer au gouvernement.

L'accord prévoit aussi que :

  • la controversée « loi Tal » exemptant de service militaire les juifs religieux orthodoxes, combattue par les partis laïques, sera modifiée d'ici le 31 juillet;
  • le gouvernement fera passer le budget de l'État pour le prochain exercice fiscal;
  • le gouvernement s'efforcera de relancer les négociations de paix avec les Palestiniens;
  • le gouvernement renforcera la sécurité des citoyens et augmentera les effectifs de la police.

« L'union rétablit la stabilité. Un large gouvernement d'union nationale est bon pour la sécurité, l'économie et le peuple d'Israël », a expliqué M. Nétanyahou dans un appel téléphonique au président Shimon Peres, actuellement en visite au Canada.

Le ministre de l'Environnement, Gilad Erdan, a déclaré que cet accord permettrait de soutenir une potentielle opération militaire contre le programme nucléaire iranien, considéré par Israël comme une menace à son existence.

« Une élection ne permettait pas d'arrêter le programme nucléaire iranien. Mais quand la décision est prise d'attaquer ou non, mieux vaut avoir une large coalition politique, qui réunit la population », a-t-il expliqué à Radio Israël.

Shaul Mofaz, un général à la retraite de 63 ans, dirige le parti Kadima depuis à peine six semaines. Il a écrasé l'ex-chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni lors d'une course à la direction du parti tenue en mars dernier.

Sa décision de se joindre à M. Nétanyahou constitue une importante volte-face. « Je n'entrerai pas dans le gouvernement de Bibi (Nétanyahou). Ni aujourd'hui. Ni demain », avait-il promis lors de la course à la direction. Il avait également qualifié M. Nétanyahou de « menteur ».

À l'automne 2005, Shaul Mofaz avait aussi assuré aux membres du Likoud qu'il ne claquerait pas la porte du parti pour rejoindre Kadima, fondé par Ariel Sharon. Il est finalement passé à l'acte quelques semaines plus tard.

Sa décision de rejoindre le gouvernement Nétanyahou est aussi guidée par des considérations électorales : les sondages n'accordent actuellement qu'une douzaine de sièges à Kadima. Le parti en détient actuellement 28, ce qui en fait la plus importante force politique du pays.

Les partis de gauche, pratiquement marginalisés dans le paysage politique actuel, ont vivement réagi à l'annonce du gouvernement de coalition. La nouvelle chef travailliste Shelly Yachimovich a dénoncé « un pacte de lâches » et « le plus ridicule zigzag de l'histoire politique israélienne ». La chef du parti Meretz, Zehava Galon, a dénoncé « une basse manoeuvre politique ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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