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Syrie : des élections législatives sur fond de violences

Un homme dans un bureau de vote à Damas, dans le cadre des élections législatives syriennes.
Un homme dans un bureau de vote à Damas, dans le cadre des élections législatives syriennes. Photo: AP/Muzaffar Salman

Alors que les violences se poursuivent en Syrie, l'opposition et la communauté internationale ont vivement critiqué les élections législatives, qui se tenaient lundi en dépit du boycottage de plusieurs opposants.

Lundi, même si le régime annonçait le « déroulement normal » des élections, une grève était observée dans plusieurs villes rebelles des provinces d'Idleb et de Hama à l'appel de l'opposition, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une organisation basée à Londres, et des militants.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a dénoncé l'organisation des élections convoquées par le président Bachar Al-Assad alors que « la violence continue ». « Seul un dialogue large et sans exclusive peut mener à un véritable avenir démocratique en Syrie », a estimé son porte-parole Martin Nesirky.

Le ministère français des Affaires étrangères a pour sa part qualifié de « farce sinistre » les élections parlementaires syriennes, alors que le département d'État américain a estimé qu'elles « frisaient le ridicule » vu le contexte de violences.

Pendant que ce scrutin se déroulait, sept civils ont été tués dans les provinces de Deir Ezzor, Hama et Homs, et dans la région d'Idleb, selon l'OSDH, qui rapporte qu'au moins cinq d'entre eux ont péri sous les tirs des forces du régime.

Des violences « complètement inacceptables », dit Ban Ki-moon

Le régime du président Al-Assad tente de mettre fin à la contestation par ces élections boycottées par l'opposition, qui les qualifie de « mascarades ».

Plus de 14 millions de Syriens étaient appelés aux urnes pour désigner les 250 députés de la nouvelle législature parmi 7000 candidats, affirme le ministère syrien de l'Intérieur. En février, l'article 8 de la Constitution a été aboli, mettant fin à la primauté du parti Baas, le parti du président Al-Assad, et permettant la formation de partis politiques concurrents.

Ces législatives, initialement prévues en septembre, avaient été reportées en raison du processus de réformes annoncées par le président dans la foulée de la contestation inédite à laquelle il fait face depuis mars 2011.

Pour l'opposition, ces élections ne modifieront guère la composition d'un Parlement dont les membres ont été choisis depuis une quarantaine d'années par la famille du président. Actuellement, pas un seul opposant ne siège au Parlement.

De passage à Washington, le secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié lundi de « complètement intolérables et inacceptables » les violences en Syrie qui se poursuivent en dépit du cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril et qui, selon lui, ont fait plus de 9000 morts ces 14 derniers mois.

M. Ban dit que la priorité pour l'ONU est de déployer dans les plus brefs délais une mission d'observation sur le terrain. « Nous sommes engagés dans une course contre la montre pour éviter une véritable guerre civile - avec des victimes en grand nombre », a-t-il déclaré.

Déjà, soixante observateurs de l'ONU sont déployés en Syrie, selon le plan de l'émissaire international Kofi Annan, et leur nombre devrait être porté à 230 à la mi-mai pour atteindre 300 d'ici la fin du mois.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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