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La FEUQ et la FECQ demandent à Québec de clarifier l'entente

La président de la FEUQ Martine Desjardins

Radio-Canada

Martine Desjardins demande la réécriture de l'entente négociée avec Québec.

La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) demande à Québec de modifier l'entente de principe conclue samedi et déplore le discours des membres du gouvernement Charest dans les médias.

« Le discours médiatique qui est tenu par le gouvernement au cours des dernières heures ne correspond pas à ce qu'on s'était dit autour de la table », a déclaré Martine Dejardins en entrevue à RDI.

La FEUQ dit avoir fait part au gouvernement de certaines demandes formulées à la suite des consultations avec les associations étudiantes, « qui nous ont posé des questions légitimes », précise Mme Desjardins. La FEUQ souhaite notamment que le texte d'entente stipule que toutes les économies réalisées dans les universités serviront à faire baisser les droits de scolarité, et ce, au-delà des frais institutionnels obligatoires (FIO).

Martine Desjardins avait cru comprendre qu'il pourrait éventuellement y avoir une réduction des droits de scolarité. « Dans la première année, ce qu'on cherchait à faire, c'était d'augmenter les droits de scolarité et de diminuer les frais institutionnels obligatoires pour avoir, même si Mme Beauchamp n'aime pas le terme, un gel de la facture étudiante, du moins, en apparence. Donc de ce côté, on se disait que c'était quand même intéressant et qu'à long terme, avec les économies qu'on pourrait dégager, on allait pouvoir faire diminuer la facture étudiante », explique la présidente de la FEUQ.

Cette nouvelle position de la FEUQ survient alors que les premières associations étudiantes à voter sur l'entente de principe l'ont rejeté massivement.

Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois

Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois

Déjà, plus tôt lundi, le co-porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndical étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, déplorait une « certaine différence entre l'entente verbale et le texte final » présenté publiquement.

Selon M. Nadeau-Dubois, l'entente verbale prévoyait que les économies réalisées seraient systématiquement appliquées sur la facture globale des étudiants. « On nous a dit qu'on avait accepté une modification qui était proposée par les étudiants et étudiantes qui était de changer la question des FIO pour la contribution étudiante d'une manière générale. Donc, si jamais dans une université X, on arrivait à éliminer complètement les frais afférents, les économies supplémentaires serviraient à diminuer les frais de scolarité », a-t-il expliqué lundi matin à Radio-Canada.

« Or ce que dit le texte de l'entente, et ce que disent Mme Beauchamp et le premier ministre dans les médias, c'est que, dans aucun cas [...] les économies pourraient servir à réduire la hausse des frais de scolarité. Pour nous qui avons été en grève 12 semaines contre la hausse des droits de scolarité, il faut comprendre que c'est un peu frustrant », soutient-il. M. Nadeau-Dubois a ultérieurement évoqué un « angle mort » dans l'entente de principe.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, estime qu'après 12 semaines de confrontation, le gouvernement gagnerait à préciser par écrit ses engagements pour favoriser un retour en classe.

« Il y a une méfiance à l'endroit du gouvernement. L'entente pourrait être plus précise. Si l'on veut envisager un retour en classe, il serait bon de clarifier certains aspects », a exprimé M. Bureau-Blouin.

Lorsqu'on lui demande s'il croit que les étudiants ont été victimes d'un subterfuge, le porte-parole de la CLASSE répond : « C'est un peu comme ça que l'on se sent ce matin. Dans les réseaux sociaux, dans les manifestations qui ont eu lieu hier, c'est un peu ce qu'on sent. Les gens ont l'impression de plus en plus de s'être fait avoir ».

Le discours gouvernemental dénoncé

La présidente de la FEUQ affirme toutefois que le discours qui est tenu par le gouvernement dans les médias, « un discours en prévision d'une élection prochaine », parle beaucoup plus aux électeurs qu'aux étudiants, et ne semble pas chercher une sortie de crise. « C'est bien malheureux, parce que cela crée une confusion auprès des étudiants qui ont l'impression en fait de se faire avoir avec cette entente-là, qui est pourtant claire au niveau qu'on va aller jouer dans des règles budgétaires », dit Martine Desjardins.

Force est de constater qu'il faut retourner au libellé, revoir et préciser des éléments pour qu'il y ait moins de place à l'interprétation et que ce soit très clair, parce que les étudiants sont présentement en train de prendre des votes.

Martine Desjardins

La CLASSE dit aussi être indisposée par la façon dont le premier ministre Jean Charest et sa ministre de l'Éducation Line Beauchamp « pavanent dans les médias en disant avoir gagné contre les étudiants et les étudiantes, en disant n'avoir fait aucun compromis, n'avoir reculé sur aucun aspect ».

« Pour nous, ça diffère beaucoup avec le ton que les ministres avaient autour de la table, mais ça ne donne pas l'impression d'un gouvernement qui est ouvert, qui est à l'écoute, ça donne l'impression d'un gouvernement qui voulait briser les étudiants et les étudiantes », souligne-t-il.

Ces propos, dit-il, ont « mis le feu aux poudres » parmi les grévistes étudiants.

« Ce sont les libéraux eux-mêmes qui disent qu'on se serait fait avoir par cette entente. Notre comité de négociations est déçu de l'issue des négociations et, sans appeler les gens à battre l'entente, je vais certainement les appeler à la lire attentivement », dit Gabriel Nadeau-Dubois.

Les frais institutionnels obligatoires, aussi appelés frais afférents ou droits administratifs, sont tous les frais autres que les droits de scolarité imposés par les universités à leurs étudiants.

Ces frais couvrent un ensemble de services et varient en fonction des établissements, des années et des programmes. Ils englobent notamment les frais liés à l'admission, à l'inscription, aux examens et aux stages, les frais technologiques, les frais d'accès aux locaux, les frais de services aux étudiants, et les services de sports et de loisirs.

Quel est leur poids réel? Lisez notre vérification des faits à ce sujet.

Ce qui dit le texte de l'entente

La proposition qui est ressortie des négociations du week-end dernier maintient la hausse des droits de scolarité sur sept ans de 1778 $ et prévoit la création d'un conseil provisoire des universités chargé « de démontrer, le cas échéant, les économies récurrentes pouvant être dégagées » à partir des ressources dont disposent les universités.

Elle stipule que « les économies ainsi dégagées seront appliquées en réduction des frais institutionnels obligatoires (FIO) » que paient les étudiants et qui totalisent environ 800 $ par année en moyenne.

Cet enjeu n'est pas banal, dans la mesure où les leaders étudiants se disent convaincus de pouvoir démontrer que d'importantes économies peuvent être réalisées grâce à une meilleure gestion des fonds dont disposent les universités.

En attendant le rapport du conseil provisoire, en décembre 2012, le paiement de 125 $ en FIO sera différé. Cette somme équivaut à la moitié de la hausse annuelle de 254 $ par année, hausse qui doit également s'appliquer pour les six années subséquentes.

Il n'existe toutefois aucune garantie que cette somme pourra être économisée, comme l'ont mentionné la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, et le président-directeur général de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Daniel Zizian.

Le texte négocié par les associations étudiantes (Nouvelle fenêtre)

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