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Débat présidentiel : « Le monde s'inquiète de savoir qui dirigera la France »

François Hollande et Nicolas Sarkozy sur le plateau du débat.

François Hollande et Nicolas Sarkozy sur le plateau du débat.

Photo : AFP / PATRICK KOVARIK

Radio-Canada

« Si notre campagne est aussi suivie, c'est parce que les autres pays veulent savoir si le prochain président pourra lancer une nouvelle politique de croissance et de relance en Europe », a déclaré François Hollande au cours du débat de l'entre-deux-tours de la présidentielle française.

Le débat télévisé de mercredi soir a rapidement permis aux deux candidats de se prononcer sur le thème de l'économie.

M. Hollande, candidat du Parti socialiste, a accusé le président sortant, Nicolas Sarkozy, de mal gérer la résolution de la crise de la dette en Europe. Selon M. Hollande, le pacte budgétaire européen qui a été conclu - avec la France et l'Allemagne en position d'autorité - condamne l'Europe à l'austérité, parce qu'il ne comprend aucun dispositif de croissance. Le socialiste demande une renégociation du traité.

Nicolas Sarkozy se flatte plutôt d'avoir participé à éviter la disparition de la Grèce et la perte de l'euro.

Vous me dites que j'ai tardé à régler la crise de l'euro... Vous pensez que ça a été facile? Vous pensez qu'il suffit d'arriver, avec votre costume, comme ça? Vous savez qu'il y a 27 pays [dans l'Union européenne]?

Nicolas Sarkozy

Sur le plan national, François Hollande dit que la dette publique de la France, qui a augmenté de 500 milliards d'euros au cours des cinq dernières années, est née des « largesses fiscales envers les plus fortunés [accordées par le président sortant] ». Nicolas Sarkozy s'en défend : « 93 % du paquet fiscal, c'est pour la classe populaire et les classes moyennes », dit-il.

François Hollande n'a pas manqué non plus de souligner que le taux de chômage avait augmenté pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, alors qu'il avait promis de le réduire. M. Sarkozy plaide que cette hausse est attribuable à la crise économique mondiale.

Vous avez toujours un bouc-émissaire : "Ce n'est pas moi, c'est la crise". Ce n'est jamais de votre faute.

François Hollande

Le président plaide aussi que somme toute, l'économie de la France s'en tire bien mieux que celles d'autres pays. « Je ne me glorifie pas d'une hausse de chômage, mais il a augmenté deux fois moins que dans les autres pays européens, à l'exception de l'Allemagne », dit-il.

Pourquoi l'Allemagne fait mieux que nous? L'Allemagne fait le contraire de ce que vous proposez [...] L'exemple à suivre est plutôt celui de l'Allemagne que celui de la Grèce ou du Portugal.

Nicolas Sarkozy
Le débat entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, à la télévision, le 2 mai

Le débat télévisé entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, le 2 mai.

Photo : AFP / JEFF PACHOUD

Le président du rassemblement

Au début du débat, François Hollande a dit souhaiter être le président de la justice, du redressement et du rassemblement. Nicolas Sarkozy a répliqué en accusant son adversaire d'utiliser des formules creuses. « C'est classique, c'est ce qu'on dit à chaque débat ».

Il y a ceux qui parlent de rassemblement et il y a ceux qui le font vivre.

Nicolas Sarkozy

M. Hollande insiste beaucoup sur sa capacité à rassembler les Français dans sa campagne. Pendant le débat, M. Sarkozy a lui aussi tenté de s'approprier ce thème. « Je ne suis pas le candidat d'un seul parti », a-t-il clamé.

Je suis de gauche, je l'assume. Vous êtes de droite, vous pouvez l'assumer ou pas.

François Hollande

À l'issue du débat, Nicolas Sarkozy s'est adressé directement à ceux qui ont voté au premier tour pour la candidate de droite du Front national, Marine Le Pen. Il dit les avoir entendus et accuse François Hollande de les traiter « de sous-citoyens ».

« Je veux pouvoir leur parler en leur disant : "Je vous respecte, j'ai entendu votre demande de nation, de frontière, d'autorité, de fermeté" », a dit le président sortant.

Les sondages publiés avant le débat donnent François Hollande vainqueur du second tour, dimanche, avec 53 % à 54 % des suffrages. Les politologues français s'entendent pour dire que le débat télévisé de l'entre-deux-tours n'a généralement pas d'impact important sur le vote.

L'affrontement entre Mediapart et Sarkozy se poursuit

Le journal en ligne français Mediapart a annoncé mercredi avoir déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse contre Nicolas Sarkozy, répondant à celle déposée deux jours plus tôt par le président sortant contre le site Internet.

Le parquet de Paris avait annoncé lundi soir avoir ouvert une enquête préliminaire après avoir reçu la plainte de Nicolas Sarkozy contre Mediapart pour « faux et usage de faux » et « publication de fausses nouvelles ». Cette plainte faisait suite à la publication par le site d'une supposée note officielle du régime de Mouammar Kadhafi en Libye, qui aurait donné son accord de principe pour contribuer au financement de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007.

Mediapart a annoncé avoir porté plainte mercredi auprès du procureur de Paris contre Nicolas Sarkozy pour dénonciation calomnieuse.

« La plainte déposée au nom de notre journal, de son directeur Edwy Plenel, et de ses journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske, vise la plainte déposée le lundi 30 avril contre nous par l'actuel président de la République et candidat à sa réélection. [...] Mediapart maintient l'intégralité de ses informations et estime que l'accusation de faux portée contre lui est une calomnie », affirme la rédaction sur son site.

Le site internet Mediapart a publié samedi le fac-similé d'un document présenté comme une note officielle du régime de Mouammar Kadhafi, datée de décembre 2006, qui donnerait son accord de principe pour financer à hauteur de 50 millions d'euros la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007. Le président a dénoncé un « faux grossier ». (Source : Associated Press)

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