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  • Exclusif
  • Arrestation de Riadh Ben Aïssa : une lettre anonyme embête SNC-Lavalin

    Riadh Ben Aïssa

    L'ancien vice-président de SNC-Lavalin, Riadh Ben Aïssa

    Radio-Canada

    Qu'est-ce que SNC-Lavalin savait à propos des agissements de son ex-vice-président Riadh Ben Aïssa arrêté en Suisse pour corruption?

    L'arrestation d'un ancien dirigeant de SNC-Lavalin en Suisse, Riadh Ben Aïssa, pour corruption, escroquerie et blanchiment d'argent aggravé jette une nouvelle lumière sur les propos tenus par des employés de SNC-Lavalin à leurs dirigeants.

    Dans une lettre anonyme adressée aux membres du conseil d'administration en décembre 2011, des employés de SNC-Lavalin tentaient de les avertir en alléguant certains agissements de M. Riadh Ben Aïssa.

    Selon eux, « Riadh Ben Aïssa avait organisé plus de 300 millions de dollars de paiements à des sociétés-écrans qui agissaient comme intermédiaires entre SNC-Lavalin et le régime de Khadafi en Lybie. »

    La lettre allègue aussi que Riadh Ben Aïssa se prenait une commission au passage lors de ses projets libyens, mais aussi dans des projets internationaux ailleurs en Afrique du Nord « qui sont devenus des véhicules pour la corruption. »

    Stephen Jarislowsky

    Stephen Jarislowsky (archives)

    La lettre avait aussi été envoyée à l'actionnaire principal de SNC-Lavalin, Stephen Jarislowsky, qui contrôle 14 % des actions de la société de génie-conseil. Joint au téléphone, il nous a pourtant assuré ne pas l'avoir reçue, ni lue, avant que Radio-Canada ne la lui fasse parvenir.

    Lundi, dans une déclaration publique, Stephen Jarislowsky a affirmé que le conseil d'administration de SNC-Lavalin n'a tout simplement pas fait son boulot. Il estime que la surveillance du conseil était insuffisante et que ses membres auraient dû être de meilleurs mentors.

    Les auteurs de la lettre anonyme incitaient le conseil d'administration de SNC-Lavalin à agir rapidement et avec autorité.

    À la suite de la réception de la lettre, l'entreprise a conduit une enquête interne qui a mis en lumière les 56 millions de dollars qui auraient servi à des paiements douteux, ce qui a mené le chef de direction, Pierre Duhaime, à quitter ses fonctions.

    À la suite de l'arrestation de Riadh Ben Aïssa par les autorités suisses, SNC-Lavalin affirmait dans un communiqué qu'elle coopère avec toutes les autorités qui demandent son soutien dans la résolution des dossiers sous enquête. « Puisqu'une enquête de la GRC est présentement en cours, la Société est contrainte quant à ce qu'il est possible de discuter publiquement. [...] Nous réitérons que nous avons remis volontairement et proactivement les résultats de notre examen interne aux autorités. »

    À la veille de l'assemblée annuelle des actionnaires de SNC-Lavalin et de la présentation des derniers résultats financiers de la firme d'ingénierie, certains de ses principaux actionnaires critiquent vivement la gestion interne de la société à la suite des scandales qui l'éclaboussent depuis les dernières semaines.

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    Avec des informations d'Anne Panasuk

    Société