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Manifestations sur fond de crise pour la Journée internationale des travailleurs

Marche du premier mai à Lyon.
Marche du premier mai à Lyon. Photo: AFP / PHILIPPE DESMAZES
Radio-Canada

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs pays du monde, mardi, dans le cadre de la Journée internationale des travailleurs, notamment dans les pays d'Europe les plus durement frappés par la crise de la dette, comme l'Espagne et la Grèce, où la population subit de plein fouet les mesures d'austérité.

En Asie, des membres de syndicats ont défilé aux Philippines, en Indonésie et à Taïwan, entre autres, principalement pour demander des augmentations de salaire dans un contexte de hausse du coût de la vie.

Un chômeur âgé de 45 ans, Abdul Razzaq Ansari, père de six enfants, s'est immolé par le feu dans le sud du Pakistan pour protester contre la misère, selon la police. Il a été grièvement blessé, mais il a survécu.

Aux États-Unis, des marches, des grèves et des actions de désobéissance civile étaient prévues dans plusieurs villes. Le mouvement Occupy Wall Street, qui dénonce la toute-puissance du monde de la finance, espérait former les plus grands rassemblements depuis le démantèlement de ses camps à l'automne.

À Madrid, le ciel gris reflétait l'humeur générale. « Je suis ici parce qu'il n'y a pas d'avenir pour les jeunes de ce pays », a confié Adriana Jaime, 25 ans. Cette traductrice diplômée, qui parle trois langues en plus de l'espagnol, a expliqué qu'elle recevait un salaire de misère pour travailler à un projet universitaire de recherche initialement prévu pour trois ans, mais finalement ramené à trois mois faute de financement.

Pour Ana Lopez, fonctionnaire âgée de 44 ans, ce 1er mai revêtait une importance particulière car elle estime que le gouvernement ne fait rien pour les travailleurs et que ce sont les banques qui profitent de la crise.

« L'argent ne disparaît pas comme ça. Il ne s'envole pas. Il change de mains, c'est tout, et maintenant il est dans celles des banques, et les politiciens sont les marionnettes des banques », a-t-elle dénoncé.

En Grèce, plus de 2000 personnes ont défilé contre l'austérité dans le centre d'Athènes, où des incidents ont éclaté quand des jeunes ont détruit deux stands de partis politiques et partiellement brûlé un troisième. Aucun blessé n'a été signalé.

En France, plusieurs centaines de milliers de personnes se sont rassemblées pour un 1er mai très politique. Certains ont participé aux traditionnels cortèges syndicaux à travers tout le pays, notamment à Paris, et plusieurs dizaines de milliers d'autres se sont rassemblés au Trocadéro pour un rassemblement du président sortant Nicolas Sarkozy, à l'approche du second tour de l'élection présidentielle, dimanche.

Les syndicats avaient aussi organisé des marches en Allemagne, malgré le bon état de l'économie et le faible niveau de chômage, pour protester notamment contre le pacte budgétaire européen et les mesures d'austérité qui en découlent. Ils ont appelé à un programme de relance sur le modèle du plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale pour les pays en crise de la zone euro, selon l'agence de presse DAPD.

À Moscou, le président Dimitri Medvedev et son successeur, Vladimir Poutine, ont marché avec quelque 100 000 personnes, dont certaines brandissaient des pancartes critiquant les grandes manifestations de l'opposition de ces derniers mois. La gauche et les communistes avaient réuni environ 3000 sympathisants pour un défilé concurrent. La police a arrêté 22 personnes portant des masques et présentées comme des anarchistes.


Associated Press

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