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Grève étudiante : trop tôt pour la médiation, les grévistes doivent d'abord voter

Entrevue avec la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp

La ministre de l'Éducation du Québec, Line Beauchamp, affirme que le recours à un médiateur pour mettre un terme au conflit étudiant qui entre dans sa 12e semaine est « peu opportun ». Elle souhaite plutôt que les grévistes se prononcent dès cette semaine sur l'offre globale de son gouvernement par des votes secrets.

« Il faut laisser le temps à chacun des étudiants dans chaque établissement d'apprécier ce qu'il y a sur la table et aussi les conséquences de continuer un boycott », a plaidé la ministre dans une entrevue accordée au Réseau de l'information lundi matin. « Indéniablement, on entre dans des semaines où on peut vraiment compromettre l'obtention de son diplôme au printemps 2012 ».

Mme Beauchamp a fait ce commentaire au lendemain du rejet de l'offre par la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). La Fédération étudiante collégiale (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), les deux autres grandes associations étudiantes engagées dans le mouvement de grève, ont déjà déclaré que l'offre n'était guère satisfaisante, laissant croire qu'elle sera formellement rejetée lors des votes que chaque association facultaire doit tenir.

La ministre de l'Éducation déplore d'ailleurs que les fédérations étudiantes se soient prononcées si vite sur l'offre du gouvernement. « On a terminé la conférence de presse [vendredi] à midi, et déjà, sur les plateaux [de télévision] des porte-parole étudiants employaient des mots très durs. Alors, on a réagi extrêmement rapidement », note-t-elle.

« Je ne crois pas qu'entre vendredi midi et lundi matin on puisse prétendre que chaque étudiant dans chaque cégep ou département universitaire qui sont en boycott a vraiment pu se prononcer personnellement », indique Mme Beauchamp.

Ce n'est pas passer par-dessus les leaders étudiants; je pense que c'est la base, de dire qu'on devrait permettre à chaque étudiant de se prononcer.

Line Beauchamp

La ministre de l'Éducation insiste sur le danger que courent les étudiants en poursuivant leur grève. « Les étudiants savent devant quel calendrier ils sont. S'il n'y a pas de retour en classe cette semaine dans certains cégeps, on compromet l'obtention de son diplôme. On est maintenant rendu vers le 29 juin » pour une fin de session.

Le conflit étudiant parodié par Guy Nantel

Dans sa chronique Sur le web, le journaliste Bruno Maltais parle d'une parodie du conflit étudiant faite par l'humoriste Guy Nantel.

Mme Beauchamp estime qu'il est prématuré d'envisager de faire une médiation dans ce dossier, comme plusieurs l'ont suggéré au cours des derniers jours. « Faire entrer en ce moment un médiateur entre le gouvernement et les étudiants, alors que le gouvernement a déjà beaucoup bougé - je suis rendu à 50 sous par jour - et les étudiants pas du tout, ça ne m'apparaît pas opportun. »

« La première étape vraiment essentielle, c'est de permettre à chacune de personnes concernées d'aller se prononcer sur ce qu'il y a sur la table, qu'on l'évalue à la lumière de c'est quoi les conséquences », souligne la ministre. Et d'ajouter que « dans le monde du travail, un vote, ça ne se prend pas à main levée ».

Prenons le temps de laisser à chacun des étudiants mesurer [ses options] : je dois payer 50 sous par jour ou je compromets l'obtention de mon diplôme.

Line Beauchamp

« Le gouvernement a vraiment bougé sur ses positions à plusieurs reprises et vous êtes devant une autre partie qui n'a jamais bougé sur rien. Je pense qu'on est plutôt à l'heure de savoir qu'est-ce qui, du côté des étudiants, ferait en sorte qu'ils accepteraient un règlement. On a l'impression qu'éternellement et continuellement, c'est la revendication du gel », souligne la ministre Beauchamp.

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