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Les porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds.

Les porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds.

Radio-Canada

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), réunie en congrès à Québec le 29 avril, a rejeté à l'unanimité l'offre du gouvernement Charest, qui propose notamment d'étaler la hausse des droits de scolarité sur sept ans plutôt que sur cinq ans.

Les 43 associations membres de la coalition ont toutes voté, à main levée, contre l'offre.

« Les association étudiantes n'ont pas été en grève pendant 11 semaines pour hériter d'une hausse des frais de scolarité supérieure », a expliqué Gabriel Nadeau-Dubois, qui entend retourner dans la rue.

« On remet en cause la légitimité même de la hausse et il n'y a pas eu de compromis à cet égard », a déclaré Jeanne Reynolds, autre porte-parole de la CLASSE.

Elle souligne aussi que le projet de Québec d'instaurer un remboursement proportionnel au revenu favorise l'endettement étudiant.

La décision a pu être prise dès le congrès puisque, explique Mme Reynolds, les délégués des associations étudiantes avaient déjà le mandat d'accepter ou de rejeter les offres.

Jeanne Reynolds a ajouté que les associations étudiantes se réuniront cette semaine pour évaluer la situation, revenir sur les offres et, le cas échéant, reconduire les mandats de grève.

Les manifestations se poursuivent

Une manifestation est en cours à Québec cet après-midi. Une nouvelle marche nocturne est par ailleurs prévue, pour une sixième fois en six jours, dans les rues de Montréal. Samedi soir, ils étaient plusieurs milliers dans les rues de la métropole.

La CLASSE a par ailleurs l'intention de mobiliser ses effectifs en vue du congrès national du Parti libéral et, cette semaine, de la manifestation du 1er mai.

Vendredi, le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, avait déjà prévu un rejet massif des propositions de Québec, tant de la CLASSE que des autres associations étudiantes.

Le professeur de fiscalité Luc Godbout

Le professeur de fiscalité Luc Godbout

Une hausse sur sept ans

La proposition de Québec pour les étudiants dévoilée vendredi prévoit une hausse des droits de scolarité sur sept ans plutôt que sur cinq ans.

La hausse initiale tenait compte d'un taux d'inflation de 2 % et se situait donc au total à 1625 $ sur 5 ans, à raison de 325 $ par année, explique dans son blogue (Nouvelle fenêtre) notre collègue Gérald Fillion.

Le nouveau calcul, s'établissant sur 7 ans, tient donc compte de l'inflation également, et totalise ainsi 1779 $, soit 254 $ par année.

Le gouvernement suggère également d'investir d'investir 39 millions de dollars supplémentaires en bourses et de bonifier les prêts.

Selon le professeur de fiscalité Luc Godbout, qui s'est penché sur les propositions de Québec aux étudiants, la classe moyenne en sortirait favorisée.

« Pour les étudiants de 1er cycle universitaire dont le revenu familial est inférieur à 60 000 $, il n'y a aucun perdant : la bourse va être majorée davantage que l'augmentation des droits de scolarité », souligne ce professeur de l'Université de Sherbrooke.

Les étudiants dont le revenu familial se situe entre 60 000 $ et 100 000 $ auront eux aussi plus d'argent dans leurs poches, mais en partie grâce aux prêts. Ce sont les étudiants dont la famille a un revenu de plus de 125 000 $ qui paieront.

« Le gouvernement est incapable d'expliquer la générosité de son offre et les associations étudiantes ne veulent pas nécessairement l'expliquer à leurs membres », affirme M. Godbout. « Aussi, on se retrouve dans un vaudeville un peu grotesque où choisir le statu quo, c'est appauvrir les étudiants dont les revenus parentaux tournent entre 30 000 $ et 60 000 $, et pour qui : pour ne pas faire payer les enfants dont les parents ont des revenus de plus de 150 000 $. »

Les fédérations étudiantes collégiale et universitaire ne se sont pas encore prononcées, mais leur président respectif ont affirmé qu'ils doutent que leurs membres acceptent les offres.

La FEUQ pourrait révéler sa position dès lundi tandis que la FECQ consultera ses membres au cours de la semaine prochaine.

Les fédérations envisagent par ailleurs d'avoir recours au service d'une médiatrice pour relancer les discussions avec Québec. Elles ont contacté à cet effet l'ancienne juge à la Cour supérieure Louise Otis, aujourd'hui médiatrice de réputation internationale.

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