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Le comédien Alexis Martin raconte son arrestation lors d'une manifestation

Alexis Martin dans Apparences

Alexis Martin dans Apparences

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le comédien québécois Alexis Martin, arrêté pour participation à une manifestation illégale le 25 avril dernier, explique qu'il ne prenait pas part à cette action menée par les étudiants au moment où il a été interpellé par la police.

Dans une lettre rendue publique vendredi sur la page Facebook de l'Agence M, le comédien précise qu'il ignorait que la manifestation des étudiants avait été déclarée illégale en quittant le domicile d'un ami, à pied.

Il affirme avoir été surpris une première fois par des manifestants tentant d'échapper aux policiers.

Il précise qu'un policier antiémeute, qui l'avait reconnu, lui a permis de quitter les lieux avant « de se retrouver dans une souricière du SPVM ».

Alexis Martin affirme avoir été fouillé, malmené, insulté et frappé.

Il ajoute avoir attendu deux heures dans un autobus réquisitionné par le SPVM, les mains attachées dans le dos. Il n'aurait été libéré qu'au petit matin et aurait reçu une contravention de 146 $.

Dans la même lettre, l'acteur estime que pour le bien de tous, le gouvernement doit négocier avec les étudiants concernant la hausse des droits de scolarité.

Il relate sa mésaventure avec la police comme une expérience qui lui a permis de découvrir le calme, l'intelligence et l'humour des manifestants, qui, selon lui, ont exprimé une compréhension profonde de « ce qui constitue l'essence de la démocratie : la prise de parole ».

Il témoigne qu'il n'a pas constaté d'« agressivité inutile, ni de propos incohérents » chez ces jeunes.

Mercredi soir, 85 personnes ont été arrêtées par la police lors de cette manifestation à Montréal. Des vitrines de commerces, incluant celles d'au moins trois institutions financières du centre-ville, ont été fracassées.

Des voitures ont été abîmées par des casseurs, dont une a été incendiée.

La lettre d'Alexis Martin

Ce qui s'est passé ce soir là...

Je ne faisais pas partie de la manifestation du 25 avril.

Je ne savais pas que la manifestation des étudiants avait été déclarée illégale quand j'ai quitté le domicile d'un ami, à pieds. Deux kilomètres me séparaient de mon domicile.

Les gens faisant partie de la manifestation se sont mis à courir pour se sauver des policiers. C'est à ce moment que j'ai réalisé l'ampleur de la situation.

Un policier anti-émeute m'a aperçu et m'a permis de quitter le groupe, ce que j'ai fait. J'ai marché 25 pieds vers ce que je croyais être la sortie, pour me retrouver dans une souricière du SPVM.

J'ai alors tenté d'expliquer à un autre policier que je ne faisais pas partie du groupe et c'est là qu'il m'a poussé et frappé à l'abdomen et au bras, malgré le fait que je ne résistais pas.

J'ai été consigné à rester assis sur la chaussée pendant 45 minutes, entouré des manifestants.

Une policière a fait la lecture de nos droits avec un porte-voix. J'ai été fouillé et menotté avant de monter dans l'autobus du SPVM qui nous a transportés au centre d'enquête. Arrivé sur place, j'ai attendu deux heures dans l'autobus, les mains attachées dans mon dos.

Au poste, vers 4 h 15 AM, prise de photo, papiers d'identification, aucun interrogatoire. Je regrette quelques injures à mon égard.

J'ai été libéré vers 4 h 45 AM, avec une contravention de 146 $ en mains.

Pour le bien de tous, le gouvernement se doit de négocier avec les étudiants concernant la hausse des frais de scolarité. C'est ma conviction personnelle. Toutefois, les étudiants n'ont pas besoin de moi pour exprimer leurs revendications, ils le font avec grande intelligence. Mes deux heures d'attente dans un autobus réquisitionné par le SPVM m'ont au moins permis de découvrir avec bonheur le calme, l'intelligence et l'humour des ces jeunes hommes et femmes qui manifestent une compréhension profonde de ce qui constitue l'essence de la démocratie : la prise de parole. Je n'ai pas constaté d'agressivité inutile, ni de propos incohérents; en fait, les policiers qui appelaient pourtant à la dispersion du groupe l'ont tout simplement empêchée. Allez savoir...

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