ICI Radio-Canada

Vous naviguez sur le nouveau site

Aller au menu principalAller au contenu principalAller au pied de page
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec propose d'étaler la hausse des droits de scolarité sur sept ans

Le premier ministre Jean Charest et la ministre de l'Éducation Line Beauchamp
Le premier ministre Jean Charest et la ministre de l'Éducation Line Beauchamp
Radio-Canada

Dans un geste visant à mettre un terme au conflit étudiant en cours depuis plus de deux mois, le gouvernement Charest a présenté l'offre globale faite aux associations étudiantes. Québec propose notamment d'étaler la hausse des droits de scolarité de 1625 $ sur sept ans plutôt que cinq.

C'est ce qu'ont révélé le premier ministre du Québec, Jean Charest, et la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, lors d'une conférence de presse vendredi.

« La hausse annoncée de 1625 $ est une hausse maintenue », a expliqué la ministre Beauchamp, « mais le gouvernement l'étale sur sept ans plutôt que cinq ans, après l'avoir indexé de 2,1 % par année, tel que prévu dans le budget 2011. »

Les droits de scolarité augmenteront ainsi de 255 $ par année sur 7 ans plutôt que 325 $ par année sur cinq. En appliquant le crédit d'impôt sur les droits de scolarité, cela équivaut à une hausse de 177 $, « soit moins de 50 sous par jour ».

« Il me semble qu'il n'est plus le temps de compromettre l'obtention de son diplôme », a dit la ministre Beauchamp. « J'invite les étudiants à aller suivre leurs cours, parce que la solution proposée par le gouvernement est juste et équitable ».

M. Charest et Mme Beauchamp ont en fait dévoilé l'ensemble des propositions présentées aux principales associations étudiantes du Québec lors des négociations qui ont lieu lundi et mardi, avant d'être suspendues dans la foulée de l'exclusion de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) de la table des négociations.

Québec propose également que les étudiants soient éligibles à des bourses d'études jusqu'à 45 000 $ de revenu familial, plutôt que 35 000 $ comme c'est le cas à l'heure actuelle, afin de « mieux rejoindre les étudiants provenant de la classe moyenne ».

Il suggère aussi d'investir 39 millions de dollars supplémentaires dans le régime de prêts et bourses.

Pas de hausse d'impôts

Ce réinvestissement, dit le gouvernement, sera financé à partir du crédit d'impôt sur les droits de scolarité. Il se fera donc à coût nul pour les contribuables et ne modifiera en rien l'augmentation du financement des universités, l'objectif que poursuit le gouvernement avec la hausse des droits de scolarité.

Le gouvernement suggère en outre que le Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études, une instance à laquelle siègent des étudiants, évalue périodiquement l'impact de la hausse des droits de scolarité sur l'accessibilité aux études.

Ces propositions s'ajoutent à celles déjà annoncées depuis le début du mois, soit la bonification du régime de prêts et bourses dès septembre prochain et un régime de remboursement des prêts étudiants proportionnel aux revenus, et la création d'une commission d'évaluation visant à améliorer la gestion des universités.

La proposition du gouvernement Charest

Le gouvernement évalue que son offre globale représente un effort financier de 51,4 millions de dollars.

Parce que nous avons respecté la confidentialité, ça donnait l'impression que le gouvernement était obtus, têtu, n'écoutait pas. Ce n'est pas le cas. [...] Je veux que les Québécois sachent ce qui a été discuté.

Jean Charest

Le premier ministre Charest rappelle que les étudiants québécois payaient 25 % de leur formation universitaire au milieu des années 60, et que cette proportion n'est plus que de 13 % à l'heure actuelle. La hausse des droits de scolarité, dit-il, ramènera cette proportion à 17 %.

Le gouvernement demande maintenant aux « étudiants qui boycottent leurs cours » de retourner en classe, aux professeurs « de faire le nécessaire pour que chacun ait la formation à laquelle il a droit » et aux administrations des cégeps et des universités de « faire le nécessaire pour assurer le bon déroulement de l'ensemble de la vie académique ».

Québec a aussi demandé aux leaders étudiants « de prendre le temps d'apprécier » la solution qu'il présente avant d'y répondre et de « laisser le temps à leurs membres de les apprécier aussi ».

Le premier ministre du Québec affirme par ailleurs que l'idée selon laquelle le gouvernement a intérêt à faire traîner la crise en longueur pour faire des gains politiques est « grotesque ». Il a cependant refusé de dire clairement s'il a l'intention de déclencher des élections ce printemps.

Les étudiants sceptiques

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, et le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, ont cependant tous déjà fait savoir qu'ils doutent que cela suffise à calmer la grogne étudiante. Ils indiquent que la proposition du gouvernement ne porte pas directement sur les droits de scolarité, qui est à l'origine de la grève.

Selon la CLASSE, plus de 176 000 étudiants des cégeps et universités du Québec débraient pour contester la hausse de 1625 $ sur cinq ans des droits de scolarité à l'université. Certains sont en grève depuis la mi-février.

Manque de leadership selon la CAQ, trop peu selon Québec solidaire

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, déplore un manque de leadership dans le traitement de cette crise de la part du premier ministre, « qui a laissé le conflit s'envenimer ».

Il conseille toutefois aux étudiants de saisir cette chance, de revenir à la table de négociations et d'étudier la proposition du gouvernement. Il est temps, dit-il, de revenir aux cours.

Du côté de Québec solidaire, la présidente et porte-parole du parti dit comprendre la froideur des étudiants devant l'offre du gouvernement. « Je n'en reviens pas qu'il a fallu dix semaines de grève pour arriver à deux années de plus pour payer une hausse plus grande », dit Françoise David.

Selon elle, la proposition de vendredi aurait dû être mise sur la table plus tôt, et seulement à titre de première offre pour la suite des négociations.

« Il faut arrêter de manipuler les chiffres et l'opinion publique et négocier de bonne foi », demande quant à lui le député de Mercier et porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir.

Des élections, « éventuellement »

Interrogé sur les rumeurs d'élections dans le contexte actuel de crise, le premier ministre Jean Charest nie fermement planifier un scrutin. « Non, il n'en a jamais été question et on n'a pas programmé des élections. Il n'a jamais été question pour nous de planifier des élections au printemps », affirme-t-il.

Mauricie et Centre du Québec

Éducation