Grève étudiante : le Cégep de Sherbrooke abdique devant la contestation étudiante
Après que la direction du Cégep de Sherbrooke ait décidé de suspendre le retour en classe prévu vendredi, quelque 500 étudiants ont marché vers le palais de justice de Sherbrooke où est entendu un débat de fond sur la question de l'injonction forçant le retour en classe à l'Université de Sherbrooke.
Le retour en classe au Cégep de Sherbrooke est obligatoire en vertu d'une injonction accordée mardi par la Cour supérieure à un groupe d'étudiants désireux de reprendre les cours, suspendus depuis le 1er mars.
Des centaines de grévistes s'étaient rassemblés devant le cégep dès l'aube et avaient entrepris de bloquer toutes les portes de l'institution pour empêcher le retour en classe. Plusieurs étaient masqués ou avaient apporté genouillères et boucliers.
Leurs activités étaient étroitement surveillées par des étudiants désireux de retourner en classe, qui s'étaient rassemblés un peu plus loin. Personne n'a cependant tenté de forcer les piquets de grève.
Des policiers de Sherbrooke et provenant de d'autres villes et ceux du Groupe d'intervention tactique,ont été déployés dans le secteur.
En entrevue à Radio-Canada, la directrice générale du cégep, Marie-France Bélanger, a expliqué avoir suspendu les cours pour des raisons de sécurité. « On n'est pas dans un contexte favorable pour la reprise des cours ce matin », a-t-elle conclu.
« Ça fait déjà un petit bout de temps que c'est ingérable, mais ça vient de monter d'un cran ce matin. »
Mme Bélanger affirme que le Cégep tentera à nouveau de rouvrir ses portes lundi. « C'est notre mandat. Le juge nous l'a ordonné. Alors on va se plier à l'injonction, dans la mesure où on sera capable de le faire de manière sécuritaire », a-t-elle dit.
« Plus le conflit s'allonge, plus ça devient difficile de pouvoir terminer à la fin juin en maintenant la qualité de la formation et à un rythme d'apprentissage qui soit correct pour les étudiants », a ajouté la directrice.
Mme Bélanger affirme néanmoins qu'elle n'envisage pas l'annulation du trimestre. « Au pire, la session se poursuivra au mois d'août, mais on va tout faire pour faire en sorte qu'elle se termine en juin. C'est la volonté des enseignants, c'est aussi la nôtre », assure-t-elle.
Le retour en classe devait s'effectuer au lendemain d'une assemblée générale houleuse au terme de laquelle les étudiants ont décidé de reconduire la grève jusqu'au 4 mai dans une proportion de 55,9 %.
De l'avis de nombreux grévistes, la démocratie doit avoir préséance sur les décisions des tribunaux. « Il y a un vote démocratique qui a été pris, et je crois que ce vote doit être respecté. Donc, on va tout faire pour ne pas qu'il y ait de cours aujourd'hui », faisait valoir un étudiant masqué avant que la direction n'annonce sa décision.
Depuis le début du conflit étudiant, à la mi-février, des étudiants ont forcé plusieurs institutions d'enseignement postsecondaires du Québec à abandonner leur projet d'offrir des cours.
L'Association étudiante du Cégep de Sherbrooke avait demandé à ses membres de ne pas entraver l'entrée des étudiants, mais admettait qu'il était possible que le mot d'ordre ne soit pas respecté.
Le Cégep de Sherbrooke compte quelque 6300 étudiants.







