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Plan-Nord
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Depuis l'annonce du Plan Nord en mai dernier, le premier ministre Jean Charest profite de chaque tribune, locale et internationale, pour en faire la promotion. Gaspé, Sept-Îles et Laval côtoient ainsi Shanghai, Londres et New York dans l'agenda du premier ministre.

La tenue du Salon Plan Nord au Palais des congrès de Montréal, vendredi et samedi, se veut un moment clé de cette campagne. Jean Charest sera alors, une fois de plus, l'acteur principal de l'événement, à la fois foire de l'emploi et occasion de réseautage entre des dizaines d'entreprises.

Sur toutes les tribunes, le premier ministre ne manque pas de mettre de l'avant les occasions d'affaires qu'offre le Plan Nord, tout en soutenant la volonté de son gouvernement d'y faire un développement durable, en partenariat avec les communautés locales. Le gouvernement a d'ailleurs déposé mercredi un projet de loi sur le développement durable du territoire du Plan Nord, qui vise notamment à protéger certaines zones de ce territoire.

L'ambition du Plan Nord est immense, et les ressources qui y seront allouées, considérables. Québec table sur des investissements de plus de 80 milliards sur 25 ans, dont une bonne partie en fonds publics, pour la construction de barrages hydroélectriques, de routes et de chemins de fer pour les minières courtisées.

Hydro-Québec fournira 47 milliards de dollars pour ses projets de développement, tandis que les 33 autres milliards proviendront à la fois du public et du privé, notamment pour des projets miniers.

Selon le gouvernement libéral, ce plan permettra de créer ou consolider quelque 20 000 emplois par année au Québec et engendrer des revenus de 14 milliards de dollars pour le Trésor québécois.

Deux études de taille publiées au cours des derniers mois donnent cependant à entendre deux sons de cloche différents.

Selon l'étude de la firme SECOR, proche du Parti libéral, dont se sert Jean Charest dans sa campagne de promotion, Québec peut légitimement attendre des rentrées fiscales de près de 20 milliards de dollars (soit plus que les 14 milliards mentionnés plus haut) et des retombées économiques de presque 150 milliards sur 25 ans.

Le Plan Nord permettrait aussi de soutenir 37 200 emplois directs et indirects annuellement au Québec sur une période d'au moins 25 ans.

Pour l'Institut de recherche et d'information sociale (IRIS), orienté à gauche, le gouvernement sera en fait appelé à dépenser plus d'argent en infrastructures, aide financière, services urbains et services sociaux et de santé qu'il n'en retirera des projets qui y seront développés.

Après 25 ans, selon l'étude de l'IRIS, dont le premier ministre a rejeté les conclusions, l'opération aurait donc généré un déficit de 8,5 milliards. L'institut estime par ailleurs que le gouvernement exagère les projections de création d'emplois qu'on peut attendre du Plan Nord.

La question des redevances minières est d'ailleurs au coeur des discussions au sujet du Plan Nord. Lors des débats sur le projet de loi 14, qui vise à encadrer l'exploitation minière au Québec, l'opposition a voulu y inclure la question des redevances ainsi que des modalités favorisant la transformation du minerai sur le territoire du Québec. Ces amendements ont tous été rejetés.

Même si le Plan Nord a été présenté pour la première fois il y a près d'un an, bien des éléments en demeurent incertains. D'autres suscitent la controverse. Une quarantaine de femmes innues ont d'ailleurs marché entre Maliotenam, sur la Côte-Nord, et Montréal pour protester contre le Plan Nord. Elles se joindront samedi au groupe Innu Power et au Réseau de résistance du Québécois pour manifester devant le Salon Plan Nord.

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