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L'UdeM suspend temporairement les cours des étudiants en grève

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Les manifestants dans le pavillon principal de l'Université de Montréal

Les manifestants dans le pavillon principal de l'Université de Montréal

Photo : Marc Verreault

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Université de Montréal a annoncé mercredi que « les cours visés par le boycottage des étudiants » ne seront plus donnés jusqu'à nouvel ordre, en raison « des difficultés certaines à reprendre les classes dans un climat acceptable ».

« Les enseignants et les étudiants touchés par cette mesure n'ont donc plus à se présenter en classe », indique-t-elle dans un communiqué publié mercredi matin.

« L'Université de Montréal est très soucieuse de maintenir les meilleures relations entre toutes les composantes de sa communauté. À la suite de discussions avec les instances syndicales des professeurs et des chargés de cours, il nous est apparu essentiel, devant l'état de la situation, de faire des gestes qui, non seulement assureront la sécurité de tous, mais nous permettront également de trouver une issue à la situation dans les plus brefs délais », explique l'institution.

Force est de constater aujourd'hui que, malgré les moyens déployés, la situation demeure difficile, et le climat peu propice à la tenue des activités académiques, tant pour les étudiants que pour les enseignants.

Extrait du communiqué de l'UdeM

L'Université de Montréal annonce également que les plans de rattrapage élaborés destinés aux étudiants en grève « sont suspendus, tant et aussi longtemps que l'enseignement ne pourra se faire « dans un climat favorable à l'apprentissage ».

Les cours et les évaluations continueront cependant de se dérouler comme prévu pour les étudiants qui ne sont pas en grève.

La Cour supérieure du Québec a accordé la semaine dernière à l'Université de Montréal une injonction interlocutoire interdisant aux étudiants grévistes de bloquer l'accès à ses installations. L'Université a ensuite annoncé que les cours et les évaluations reprendraient à compter du 16 avril, même devant un groupe partiel d'étudiants, et qu'ils ne seraient pas repris ultérieurement.

« L'UdeM Inc. » clouée au pilori

Dans une lettre envoyée aux médias, 36 professeurs et chargés de cours de l'Université de Montréal accusent la direction de gérer l'institution comme un centre commercial.

Il déplorent notamment la décision de s'adresser aux tribunaux pour obtenir une injonction interdisant les manifestations d'étudiants grévistes devant ses installations et ainsi forcer un retour en classe.

La lettre est écrite par le professeur Gérard Beaudet, de l'Institut d'urbanisme, et est notamment cosignée par Jean-Claude Marsan, André-Pierre Contandriopoulos et Michel Seymour.

Selon eux, l'Université de Montréal a ajouté « l'insulte à l'injure » en arguant, à l'appui de sa demande d'injonction, qu'elle était une propriété privée.

« Non seulement l'administration a-t-elle fait la preuve tout au long du conflit d'un à-plat-ventrisme éhonté face au gouvernement Charest et à sa ministre de l'Éducation, mais elle se comporte dorénavant comme si l'Université était un centre commercial où ne sont bienvenus que ceux qui y consomment ce qu'on y offre », dénoncent-ils.

Les signataires admettent que des échauffourées et du vandalisme ont été commis dans un certain nombre de pavillons, « ce qui est condamnable ».

Ils déplorent cependant que soient passées sous silence « les provocations répétées par un gouvernement qui s'entête à refuser toute discussion de fond et par des administrations universitaires et collégiales qui semblent alimentées par les mêmes spécialistes en communication ».

Décisions de gestion douteuse

Les signataires de la lettre s'en prennent d'ailleurs à une série de décisions qui, disent-ils, démontrent bien que la gestion de l'Université mérite d'être remise en question. Ils clouent notamment au pilori le recteur qui, en plein conflit étudiant, s'est rendu à l'hôtel de ville de Montréal pour procéder au lancement du chantier d'un second campus sur le site de la gare de triage d'Outremont.

L'UdeM Inc. a dorénavant plus sérieux et plus urgent à faire que de se préoccuper des « jérémiades » de ses étudiants concernant sa mission et sa gouvernance.

Extrait de la lettre

Les signataires affirment que l'UdeM et les autres institutions d'enseignement postsecondaires font preuve d'arrogance, malgré leur feuille de route des dernières années, qui est jalonnée de plusieurs décisions douteuses.

Ils évoquent entre autres le « gâchis monumental de l'Îlot Voyageur, [...] l'amélioration condamnable des prestations de retraite à même les budgets de fonctionnement, les primes de départ inversement proportionnelles au travail accompli, sans compter la multiplication des pavillons et campus au gré d'une guérilla territoriale qu'aucune planification intégrée ne justifie ».

Professeurs entre l'arbre et l'écorce

Les professeurs et chargés de cours, disent-ils, se retrouvent dans une situation « extrêmement inconfortable » en raison de la décision de l'Université de reprendre les cours.

« Il y a quelques semaines, l'Université avait bien laissé comprendre que les professeurs étaient libres de déterminer si oui ou non ils pouvaient donner leurs cours », explique-t-il. Or, « en avisant les étudiants que les cours se donnaient, elle a retiré cette information-là et laissé entendre aux étudiants que les professeurs étaient obligés » de les donner.

« On nous place entre deux groupes d'étudiants qui sont déjà passablement aux prises les uns avec les autres. C'est absolument inacceptable », déplore M. Beaudet.

Session suspendue en sciences politiques

Mardi, le département de science politique de l'Université de Montréal a annoncé qu'il suspendait la session d'hiver 2012 « jusqu'à nouvel ordre ». Le directeur du département, Éric Montpetit, a soutenu que les cours ne pouvaient tout simplement pas être donnés en raison des perturbations.

Le directeur de l'Institut d'urbanisme de la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal a pour sa part accusé un agent de sécurité de l'établissement d'avoir « clairement intimidé » des enseignants du département mardi matin pour les contraindre à donner des cours, malgré l'absence d'étudiants dans les classes.

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