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Vaste démonstration de solidarité avec les étudiants en grève

La rue Saint-Denis noire de monde

La rue Saint-Denis noire de monde

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Des milliers de citoyens de tous horizons ont signifié leur appui à la lutte contre la hausse des droits de scolarité des étudiants en grève en manifestant avec eux dans les rues de Montréal.

À l'invitation de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), étudiants, familles, retraités et syndicats se sont rassemblés au parc Jeanne-Mance, à Montréal, avant de défiler jusqu'au square Victoria.

« Neuf ans, jour pour jour, après l'élection du gouvernement libéral. Deux semaines après le budget Harper. Le Québec croît dans la rue! Vers un Printemps québécois! », avait annoncé le regroupement étudiant dans un communiqué.

La manifestation s'est déroulée dans le calme même si le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n'avait pas été informé du trajet que devait emprunter le cortège. Selon les estimations de la CLASSE, la foule comptait 30 000 personnes au plus fort de la marche. Une seule personne a été arrêtée pour possession d'une arme prohibée.

Des voix se sont élevées contre l'attitude du gouvernement Charest à l'égard de la contestation.

Ce gouvernement est antidémocratique. Il ne respecte pas les citoyens. On l'a élu, il doit nous écouter. Donc, le printemps québécois, c'est un mouvement populaire parce qu'on veut avoir des élections, on veut que ce gouvernement soit défait.

Une manifestante
Un manifestant déguisé en Jean CharestAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un manifestant déguisé en Jean Charest

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

On est là aussi pour dire qu'on n'est pas d'accord avec toute cette idéologie néolibérale de la marchandisation de l'éducation et, plus globalement, de la tarification de tous les services publics.

Une autre manifestante

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, qui regroupe près de 140 organisations communautaires, syndicales, féministes et étudiantes, ont participé à l'événement. La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui tenait son assemblée générale annuelle le jour même, n'y était pas.

Le porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois a dénoncé l'incapacité du gouvernement Charest à assurer aux jeunes Québécois un futur prometteur. « Ce qu'on propose à notre génération, c'est un avenir bouché. On est en train de couper les ailes littéralement d'une génération en entier. [...] Tout ce qu'on lui propose, c'est de s'endetter plus qu'aucune génération avant pour étudier, pour ensuite devoir faire quoi? Devoir travailler plus longtemps que jamais pour payer les fonds de retraite de la génération qui l'a précédée », a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

Le co-porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir prenait part au rassemblement avec un contingent de membres du parti qui partagent les revendications des étudiants. « On est là parce qu'on les admire, tant de courage, tant de maturité également malgré toute la fermeture radicale de la ministre Beauchamp et du gouvernement Charest, qui est très têtu », a-t-il estimé.

Une action locale était aussi prévue en fin d'après-midi sous le nom de « Occupons UdeM et notre pensée critique ». Les organisateurs invitaient les participants à apporter du matériel de camping pour installer un campement sur le terrain de l'Université de Montréal, dont ils veulent faire un lieu de débats, de discussions et d'ateliers. En début de soirée, une vingtaine de personnes s'étaient présentées sur le campus à cet effet.

Une autre manifestation se tenait à Rimouski. Plusieurs centaines de personnes prenaient part à l'événement qui, comme celui de Montréal, visait à appuyer la lutte étudiante de même qu'à dénoncer la privatisation et la tarification des services publics.

Pour un contrôle de la gestion des universités

Réunie en assemblée générale annuelle, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a proposé samedi de mettre sur pied une commission d'évaluation des universités du Québec. Composé d'étudiants, de professeurs, de dirigeants d'institutions et de fonctionnaires, cet organisme veillerait à la surveillance de la gestion des universités pour empêcher les débordements financiers.

La FEUQ, qui représente environ 125 000 étudiants, est d'avis que cette commission permettrait de réaliser des économies qui éviteraient au gouvernement d'augmenter les droits de scolarité pour combler les lacunes dans le financement des universités.

Attaque informatique

Pendant ce temps, les sites internet du Parti libéral du Québec et du ministère de l'Éducation sont victimes d'une attaque informatique depuis vendredi soir. Des députés et des employés du parti n'ont plus accès à leurs courriels.

L'auteur de l'attaque n'est pas connu, mais des internautes font circuler sur Facebook et sur Twitter un message avec comme en-tête « Ripostons à la répression du gouvernement Charest ».

Par ailleurs un homme a été arrêté samedi matin en lien avec le saccage du bureau de circonscription de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, vendredi. Âgé de 20 ans, il sera accusé d'introduction par effraction, de vol, de complot et de méfait. Il doit comparaître lundi.

Société