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La fusée nord-coréenne lancée était un missile balistique, selon NORAD

Des gens regardent des images du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à la télévision nippone, à l'aéroport d'Okinawa, vendredi.

Des gens regardent des images du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à la télévision nippone, à l'aéroport d'Okinawa, vendredi.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Kyodo News

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La fusée lancée par la Corée du Nord et qui se serait désintégrée peu après le décollage était un missile balistique intercontinental Taepodong-2, d'une portée de 6000 à 9000 kilomètres, a annoncé jeudi soir le commandement de la défense aérienne nord-américain (NORAD).

Selon un communiqué de NORAD, le premier étage du missile est tombé en mer vendredi, heure de Corée, à 165 km à l'ouest de Séoul, en Corée du Sud. Le reste se serait désintégré dans les airs avant de tomber dans la mer. Aucun débris ne serait tombé sur la terre ferme. À aucun moment ce missile ou ses composantes n'ont représenté une menace, affirme NORAD.

Plus tôt, un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense a annoncé que le lancement de la fusée à longue portée s'était effectué à 7 h 39, heure locale. Toutefois, « quelques minutes après le lancement, la fusée s'est désintégrée en plusieurs parties », a ajouté le porte-parole.

Le ministère japonais de la Défense a indiqué que le vol de l'engin a duré un peu plus d'une minute avant qu'il tombe dans l'océan. Il n'a eu aucun impact sur le territoire nippon, a précisé le ministère.

La Corée du Nord avait prévenu qu'elle lancerait sa fusée Unha-3 entre le 12 et le 16 avril, depuis son centre spatial de Tongchang-ri.

L'opération était présentée par Pyongyang comme un lancement de satellite, mais dénoncée par les Occidentaux comme un essai de missile balistique.

Condamnations internationales

Washington, Séoul et Tokyo ont rapidement dénoncé le geste, le qualifiant de « provocation ». Les trois pays ont affirmé séparément que ce lancement menaçait la sécurité régionale et représentait une violation de la loi internationale.

« La Corée du Nord ne fait que s'isoler davantage en se lançant dans des actes de provocation, et gaspille son argent en armes et en propagande pendant que les Nord-Coréens ont de plus en plus faim », a déclaré le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney.

Ce dernier, dans un communiqué, n'a pas directement mentionné un retrait de l'offre d'aide alimentaire à Pyongyang, comme les États-Unis en avaient laissé planer la menace, mais a affirmé que « les États-Unis restent vigilants face aux provocations nord-coréennes, et sont pleinement engagés à la sécurité de [leurs] alliés dans la région ».

La Chine, puissant allié de la Corée du Nord, restait quant à elle muette, plus de deux heures après le lancement de la fusée.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir une réunion de façon imminente et réagira officiellement vendredi à ce lancement, selon des diplomates.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a condamné le tir et appelé l'ONU à réagir « fermement » à ce lancement qui est selon lui « contraire au droit international ».

La Corée du Sud, le Japon et les Philippines s'étaient placés en alerte maximale plus tôt jeudi.

Après son lancement, le premier étage de la fusée devait tomber en mer Jaune, à l'ouest de la péninsule coréenne, et le deuxième étage à l'est des Philippines, en survolant une partie des îles d'Okinawa, au sud du Japon.

Le Japon et la Corée du Sud avaient indiqué qu'ils étaient prêts à abattre la fusée si elle déviait de sa trajectoire. Le gouvernement philippin a de son côté demandé aux compagnies aériennes d'éviter une zone qui pourrait être touchée par la chute de débris.

La fusée Unha-3, haute de 30 mètres, devait mettre en orbite héliosynchrone à 500 km d'altitude le satellite Kwangmyongsong-3 (étoile brillante). Le satellite, doté de 5 antennes et pourvu de panneaux solaires pour l'alimenter en électricité, est équipé d'une caméra d'une résolution au sol de 100 mètres. La base de lancement a été construite sur la péninsule de Cholsan, à 50 kilomètres environ de la frontière chinoise.

Site de la base de lancement de la fusée nord-coréenne Unha-3.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Site de la base de lancement de la fusée nord-coréenne Unha-3.

Photo : AFP / PEDRO UGARTE

Malgré les mises en garde de la communauté internationale, la Corée du Nord avait déclaré mardi avoir achevé les préparatifs en vue du lancement, puis d'avoir terminé mercredi le remplissage en carburant de la fusée.

Le lancement de la fusée coïncide avec les célébrations du 100e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur de la dynastie communiste en place à Pyongyang, mort en 1994. Des dizaines de journalistes étrangers ont été invités en sol nord-coréen pour suivre le tir en direct.

Les États-Unis, tout comme leurs alliés sud-coréens et japonais, accusaient la Corée du Nord de préparer, en réalité, un essai de missile balistique. Selon eux, l'initiative viole la résolution 1874 du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée dans la foulée d'un précédent tir, en 2009.

Le régime nord-coréen se défend en disant que le « satellite pacifique » est à usage civil et qu'il ne vise qu'à fournir des informations sur les récoltes, les forêts et les ressources naturelles de la Corée du Nord.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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