Vous naviguez sur le nouveau site

Aide à la navigation
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Droits de scolarité : les étudiants demeurent mobilisés, le gouvernement ne bouge pas

Des manifestants contre la hausse des droits de scolarité, à Montréal

Des manifestants contre la hausse des droits de scolarité, à Montréal

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La journée de mardi a été marquée par d'autres manifestations et coups d'éclat des étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité, notamment à Montréal, où le port et les bureaux du ministère de l'Éducation ont été pris pour cibles.

Une centaine d'étudiants en grève membres de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont occupé symboliquement le terrain devant les bureaux du ministère de l'Éducation, rue Fullum.

Par ce geste, les étudiants ont dit vouloir inciter la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, à négocier avec eux. Ils disent avoir des propositions à faire à la ministre pour améliorer le financement des universités sans hausser les droits de scolarité.

Des professeurs ont rejoint le groupe d'étudiants en milieu d'après-midi.

Des étudiants bloquent une entrée du port de MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des étudiants bloquent une entrée du port de Montréal.

Plus tôt, quelques dizaines d'étudiants ont bloqué deux entrées du port de Montréal pendant plus d'une heure, dans une nouvelle action de perturbation économique pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.

Certains ont bloqué l'entrée du port de la rue Bossuet, tandis que d'autres se sont rendus vers l'entrée de la rue de Boucherville.

Peu après 11 h, des policiers dépêchés sur place ont indiqué aux manifestants qu'ils devaient quitter les lieux. Des étudiants qui bloquaient l'accès de la rue de Boucherville se sont déplacés et sont allés rejoindre l'autre groupe. Sous la pression des policiers, ils ont ensuite quitté les lieux.

Il s'agissait de la troisième perturbation au port de Montréal depuis le début du mouvement de grève.

Manifestation d'étudiantsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des étudiants ont effectué un chemin de croix à Montréal

Photo : Marc Verreault

Par ailleurs, des étudiants ont observé un sit-in au coin de la rue Saint-Denis et du boulevard de Maisonneuve, bloquant ainsi la circulation. Une centaine d'autres étudiants ont pour leur part effectué un chemin de croix près de l'Université de Montréal.

Retour en classe pour certains, poursuite de la grève pour d'autres

Les cours ont repris mardi au cégep de Matane et au Collège d'Alma, qui ont voté la semaine dernière pour mettre fin à la grève. Des milliers d'étudiants aux 2e et 3e cycles de l'Université Laval à Québec avaient fait de même et sont aussi retournés en classe mardi matin. En tout, 4800 étudiants sont toujours en grève à l'Université Laval.

Selon la FEUQ, le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue a décidé mardi de ne pas reconduire la grève (54 %), mais continue toutefois de militer contre la hausse.

Les étudiants des collèges Montmorency, de Maisonneuve et du cégep André-Laurendeau ont quant à eux voté pour la poursuite du boycottage des cours.

Au cégep de Valleyfield, la direction a décidé de reprendre les cours dès jeudi matin, malgré le vote des étudiants pour la poursuite de la grève. Les porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont qualifié la décision de tentative de briser la grève, et annoncé qu'une grande manifestation se tiendrait jeudi devant le Collège de Valleyfield, en guise de réponse.

Une quinzaine de votes ont été pris dans les universités québécoises mardi. À l'Université de Montréal, les étudiants des cycles supérieurs en sciences politiques, en kinésiologie et en linguistique ont voté en faveur de la reconduction de la grève. Ceux du 1er cycle en kinésiologie et éducation physique ont également voté pour poursuivre le boycottage des cours. Au total, plus de 15 000 étudiants de cette université sont toujours en grève.

Les étudiants de la faculté des lettres et des sciences humaines de l'Université de Sherbrooke se sont prononcés également pour la poursuite de la grève. Les 6000 étudiants du cégep de Sherbrooke se prononceront quant à eux mercredi.

Environ 178 000 étudiants sont toujours en grève dans l'ensemble de la province.

Pas de cours d'anthropologie pour Laurent Proulx

À l'Université Laval, un professeur d'anthropologie a refusé de donner son cours mardi après-midi, malgré l'injonction accordée la semaine dernière à un étudiant, Laurent Proulx. Le professeur a justifié sa décision par la trop grande présence des médias.

Jean Charest demeure inflexible

Par ailleurs, de passage au Brésil mardi, le premier ministre Jean Charest a soutenu que la hausse des droits de scolarité n'était pas un enjeu électoral. « Les décisions sur les droits de scolarité ont été annoncées non pas dans le budget de cette année [en mars] mais dans celui de 2011. Alors ça n'a jamais été, pour nous, un enjeu électoral », a-t-il dit lors d'un point de presse.

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, avait déclaré lundi que le dossier de la hausse des droits de scolarité n'était « plus juste une question économique », mais « une question électorale ».

Jean Charest a aussi minimisé le mouvement de protestation des étudiants contre la hausse des droits de scolarité, qui en est à sa neuvième semaine de grève.

« Le mouvement étudiant n'est pas monolithique, a-t-il dit. Il y a une majorité d'étudiants qui ont continué à suivre leurs cours. »

Le premier ministre a aussi soutenu que le mouvement ne peut être qualifié de grève, puisque les étudiants ne sont pas des fonctionnaires. « Le gouvernement du Québec n'est pas l'employeur des étudiants et les étudiants ne sont pas des employés du gouvernement du Québec », a-t-il dit.

Des étudiants veulent intenter un recours collectif

Entre-temps, des étudiants regroupés au sein du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec comptent intenter un recours collectif contre toutes les institutions ou les organismes pouvant être tenus responsables de la grève.

Les universités, les cégeps, les associations étudiantes et les syndicats pourraient notamment être visés, indique leur porte-parole, Simon Talbot. « On va essayer de ratisser le plus large possible et vraiment trouver toutes les personnes qui sont responsables de cette grève-là », a-t-il expliqué mardi à RDI.

Selon lui, les institutions ont leur part de responsabilité puisqu'ils demandent à leurs professeurs de ne pas franchir les piquets de grève des étudiants et de ne pas enseigner s'il n'y a pas assez d'étudiants dans les classes.

M. Talbot affirme que le recours collectif arguerait que la grève va priver les étudiants d'un enseignement qu'ils ont pourtant payé et les privera aussi d'heures de travail durant l'été, en raison des sessions qui devront être prolongées.

Session compromise?

La grève en est à sa 57e journée et certaines institutions ont déjà dit qu'au-delà du 10 avril, elles ne pourraient garantir que le trimestre pourrait être complété.

Selon le PDG de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Daniel Zizian, « chaque jour qui s'ajoute rend la situation difficile pour sauver la session ou les cours pris par les étudiants ».

En entrevue dimanche à RDI, M. Zizian a expliqué que les deux tiers des étudiants suivaient leurs cours normalement, et qu'un certain nombre d'associations avaient voté pour une reprise des cours depuis la grande manifestation du 22 mars dernier.

Selon M. Zizian, les étudiants membres des associations ayant entrepris leur mouvement de grève à la mi-février sont dans la situation la plus difficile. Il a donné l'exemple de l'UQAM, qui a calculé qu'une reprise des cours mardi reporterait la fin de la session au 27 mai.

Considérant que des locaux et des ressources seront alors requis pour la session printemps-été, cela pourrait poser problème. Des cours pourraient être annulés ou suspendus, c'est-à-dire repris dans une session ultérieure.

« Il n'y aura aucun compromis de la part des établissements universitaires à l'égard de la qualité de la formation », a résumé le PDG de la CREPUQ. « Les universités souhaitent pouvoir compléter la session dans des délais raisonnables, mais si on n'est pas en mesure de le faire compte tenu des éléments pédagogiques qui doivent être mis dans le cours, le cours sera soit annulé soit suspendu, c'est-à-dire repris à une autre session ».

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, affirme que la grève a coûté 100 millions de dollars jusqu'à présent au gouvernement. M. Zizian estime cependant qu'il est trop tôt pour faire de telles estimations.

Mme Desjardins juge que l'impact économique de l'annulation de la session est trop élevé pour cette éventualité se produise. Elle évoque notamment le besoin criant de nouveaux diplômés dans l'industrie touristique et au sein de plusieurs entreprises.

Nouveau scénario à l'UQAM

La commission des études de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) s'est prononcée mardi en faveur d'un scénario prévoyant un retour en classe le 7 mai et un prolongement de la session jusqu'au 22 juin. Si les étudiants revenaient en classe la semaine prochaine (16 avril), la session serait prolongée jusqu'au 3 juin.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !