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Les étudiants entament leur 9e semaine de grève contre la hausse des droits de scolarité.

Les étudiants entament leur 9e semaine de grève contre la hausse des droits de scolarité.

Radio-Canada

Malgré la réduction de la marge de manoeuvre des universités et des cégeps pour sauver la session, environ 179 000 étudiants poursuivent leur grève au Québec.

Quelques centaines de personnes se sont réunies au parc Émilie-Gamelin, au centre-ville de Montréal, dans le cadre d'un grand rassemblement populaire intitulé « Vers un printemps québécois », et une douzaine d'autres à la place d'Youville, à Québec. Les étudiants souhaitent que cet événement soit le point de départ d'une mobilisation plus large de la population québécoise pour se faire écouter du gouvernement.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a annoncé la tenue d'une grande manifestation samedi, le 14 avril, date du 9e anniversaire de la prise de pouvoir du gouvernement Charest. La manifestation, à laquelle la CLASSE invite tous les citoyens insatisfaits du gouvernement Charest, doit réunir des groupes syndicaux, communautaires et féministes.

Dénonçant un gouvernement libéral qui « saccage littéralement les acquis sociaux de la Révolution tranquille », puis un gouvernement fédéral qui sabre dans les institutions culturelles et la fonction publique, Gabriel Nadeau-Dubois estime que la conjoncture qui règne au Québec est une « occasion que les étudiants ne peuvent pas rater ».

Cela va être l'occasion pour l'ensemble de la population de venir dire : " non seulement on est en appui aux étudiants et étudiantes, mais il est temps de contester de manière plus générale la direction que prend le Québec depuis les dernières années ".

Gabriel Nadeau-Dubois

« Les valeurs qui animent les Québécois sont des valeurs de justice sociale, d'égalité des chances, et c'est ce que l'on veut rappeler aujourd'hui. On espère que cela va initier tout un mouvement de contestation partout au Québec », a de son côté déclaré Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) en point de presse, lundi.

Un grand-père appuie le mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité lors d'une manifestation à Montréal le 9 avril.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un grand-père appuie le mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité lors d'une manifestation à Montréal le 9 avril.

Session compromise?

Selon le PDG de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Daniel Zizian, « chaque jour qui s'ajoute rend la situation difficile pour sauver la session ou les cours pris par les étudiants ».

En entrevue à RDI, M. Zizian a expliqué que les deux tiers des étudiants suivaient leurs cours normalement, et qu'un certain nombre d'associations avaient voté pour une reprise des cours depuis la manifestation du 22 mars dernier.

Selon M. Zizian, les étudiants membres des associations ayant entrepris leur mouvement de grève à la mi-février sont dans la situation la plus difficile. Il a donné l'exemple de l'UQAM, qui a calculé qu'une reprise des cours mardi reporterait la fin de la session au 27 mai. Considérant que des locaux et des ressources seront alors requis pour la session printemps-été, cela pourrait poser problème.

Des cours pourraient être annulés ou suspendus, c'est-à-dire repris dans une session ultérieure.

« Il n'y aura aucun compromis de la part des établissements universitaires à l'égard de la qualité de la formation », a résumé le PDG de la CREPUQ.

Négociations en vue?

La FECQ affirme par ailleurs souhaiter entrer en négociations le plus rapidement possible avec la ministre de l'Éducation. « On a contacté le cabinet la semaine dernière, ils nous ont dit qu'on aurait des réponses avant mardi, donc au courant des prochaines heures. On espère être capables, dans le meilleur des mondes d'avoir une rencontre demain, sinon mercredi ou jeudi », a précisé Léo Bureau-Blouin. Le président de la FECQ soutient qu'il est possible d'accéder aux demandes des étudiants sans augmenter le fardeau fiscal des contribuables.

Pour la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, les questions du financement et de la gestion des universités, ainsi que de l'aide financière, doivent toutes être sur la table. Cela dans le but d'améliorer la qualité des universités, ce qui est l'objectif énoncé par le gouvernement, rappelle-t-elle.

Mme Desjardins affirme que la grève a coûté 100 millions de dollars jusqu'à présent au gouvernement, un montant que n'a pas confirmé le PDG de la CREPUQ, qui estime qu'il est trop tôt pour faire de telles estimations. N'empêche, pour la présidente de la FEUQ, « ce n'est plus juste une question économique; c'est une question électorale ».

Les dirigeants étudiants se disent toujours persuadés que le mouvement de grève se poursuivra cette semaine. « Les gens se disent : il y a déjà des impacts sur notre session, donc tant qu'à être en grève, on va le faire jusqu'au bout pour qu'on ait des résultats, pour qu'on ait une grève gagnante », a déclaré le président de la FECQ.

Pour le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, il ne fait aucun doute que la grève continuera, entre autres parce que les étudiants sont en colère contre les dernières propositions de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp. « Cela a vraiment frustré encore plus les gens de se faire rire au visage comme cela, de se faire proposer quelque chose d'encore pire que la hausse des frais de scolarité et de se faire présenter cela comme un compromis », affirme-t-il.

La semaine dernière, le gouvernement Charest a annoncé qu'il comptait élargir son programme de prêts étudiants et mettre en place un régime de remboursement proportionnel au revenu.

Les trois principales organisations étudiantes, la FECQ, la FEUQ et la CLASSE, ont rejeté de façon unanime l'annonce faite par le gouvernement et ont invité les étudiants à poursuivre la grève. Elles ont affirmé qu'elles feraient désormais front commun en vue d'éventuelles négociations avec le gouvernement pour le faire reculer sur la hausse des droits de scolarité, tout en continuant de mener des actions parallèles sur le terrain.

L'idée d'une médiation

En entrevue à RDI, l'ex-ministre libéral Claude Castonguay a réitéré son appel à une médiation, afin d'éviter qu'il y ait un gagnant ou un perdant, « ce qui ne réglera rien à long terme ».

Selon M. Castonguay, la récente annonce du gouvernement Charest ne touchait pas le problème principal soulevé par les associations étudiantes. L'ex-ministre estime que le gouvernement devrait suspendre l'augmentation des droits de scolarité pour un semestre et que les étudiants devraient abandonner l'idée d'un gel, afin d'en arriver à une entente.

Pour l'ex-président de la FEUQ, maintenant chercheur à l'École nationale d'administration publique, Jean-Patrick Brady, il faudrait un débat de fond sur l'ensemble des problématiques touchant le réseau universitaire. M. Brady estime toutefois que les revendications de l'aile la plus radicale de la CLASSE empêchent un rapprochement avec le gouvernement à l'heure actuelle.

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