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Industries Lassonde fait volte-face sous la pression des réseaux sociaux

Radio-Canada

Le fabricant de jus Lassonde a finalement plié sous la pression des réseaux sociaux et accepté de rembourser les frais juridiques d'une petite entreprise qu'il avait poursuivie devant les tribunaux.

La cour avait donné raison à l'entrepreneure Deborah Kudzman, qui voulait utiliser le mot Oasis (Olivia's Oasis) pour vendre des savons à base d'huile d'olive, mais Lassonde avait obtenu en appel de ne pas avoir à rembourser ses frais juridiques. Sous la pression des médias sociaux, l'entreprise a fait volte-face.

Le reportage de Pascal Robidas
Deborah KudzmanDeborah Kudzman Photo : Radio-Canada

« Lassonde compensera Mme Kudzman pour ses frais juridiques, peut-on lire sur la page Facebook d'Oasis. C'est avec diligence, respect et dignité que Lassonde compte compenser adéquatement madame Kudzman pour ses frais juridiques engagés jusqu'à maintenant. Notre intention n'a jamais été de nuire à une autre entreprise québécoise. »

Cette information a été confirmée dimanche à Radio-Canada par un porte-parole de l'entreprise, Stefano Bertolli, qui ajoute que les démarches de remboursement seront entamées « dans les meilleurs délais ».

En 2005, Deborah Kudzman s'est trouvée au coeur d'un litige contre Industries Lassonde, qui voulait protéger sa marque de commerce. Au terme d'une guerre d'usure, la Cour supérieure lui a donné raison sur le fond du litige, mais la compagnie s'est toujours opposée à lui rembourser les 125 000 dollars en dommages punitifs et frais judiciaires.

Savon liquide Olivia's oasisSavon liquide Olivia's oasis

À la suite d'un article sur le sujet publié dans le quotidien La Presse samedi, la page Facebook de la marque Oasis a été envahie de commentaires négatifs du public. Certaines personnes, dont le comédien et animateur Guy A. Lepage, ont même appelé au boycottage de la marque.

Je suis un peu à bout mais honnêtement en ce moment je suis un peu émue de l'appui que j'ai eu de tout le monde pour finir c'est vraiment juste de dire merci à tout le monde.

Deborah Kudzman

Pour l'expert en relations publiques Bruno Guglielminetti, directeur chez National, même si l'entreprise a décidé de faire volte-face, le mal est déjà fait. « Vous avez pendant des heures le nom de l'entreprise ou du produit qui a été sali sur la place publique [...] c'est une atteinte à l'image de la marque, et [la compagnie] doit reconstruire cette image », affirme-t-il.

« Ça va lui coûter pas mal plus cher que leur 125 000 dollars de frais qu'elle doit défrayer pour la dame », poursuit M. Guglielminetti.

Industries Lassonde veut tourner la page

« Ce que ça nous a apporté les médias sociaux, c'est que les consommateurs étaient mécontents et pour nous, c'est ça qui est important. [...] Il y a trois juges de la Cour d'appel qui ont dit que Lassonde était communément dans ses droits de faire ça. L'aspect des consommateurs et des médias sociaux, c'est autre chose et on a répondu à cette réaction-là », a expliqué lundi le chef de l'exploitation des Industries Lassonde, Jean Gattuso, qui espère que cette histoire est maintenant chose du passé.

Économie