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Mali : des Touaregs proclament l'indépendance du nord du pays

Des membres du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) en février 2012.

Des membres du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) en février 2012.

Photo : AFP / MNLA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), important groupe de la rébellion touarègue du Mali, a proclamé vendredi « l'indépendance de l'Azawad », évoquant « l'accumulation de plus de 50 ans de mauvaise gouvernance, de corruption et de collusion militaro-politico-financière ».

« Aujourd'hui, le moment est venu enfin pour proclamer ce que le peuple de l'Azawad a tant demandé, a tant cherché, au prix d'ultimes sacrifices, d'ultimes efforts », a déclaré Mossa Ag Attaher du MNLA en entrevue avec Philippe Marcoux vendredi matin, à l'émission C'est bien meilleur le matin.

Dans une « Déclaration d'indépendance de l'Azawad » publiée sur leur site Internet, les Touaregs proclament la « reconnaissance des frontières en vigueur avec les États limitrophes et leur inviolabilité », « l'adhésion totale à la charte des Nations unies » et « l'engagement ferme du MNLA à créer les conditions de paix durable, à initier les fondements institutionnels de l'État basés sur une Constitution démocratique de l'Azawad indépendant ».

La France, ex-puissance coloniale, n'a pas tardé à dénoncer cette décision unilatérale. « Une déclaration d'indépendance unilatérale qui ne serait pas reconnue par les États africains n'aurait pas de sens », a déclaré le ministre français de la Défense, Gérard Longuet.

Cette annonce survient deux semaines après que le président Amadou Toumani Touré eut été renversé par un coup d'État militaire mené par le capitaine Amadou Haya Sanogo, plongeant le Mali dans une profonde crise politique.

Les putschistes ont dit avoir agi pour contrer l'incompétence du président dans la lutte contre la rébellion touarègue et les groupes islamistes, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), dans le nord du pays.

Depuis la mi-janvier, les rebelles touaregs du MNLA, qui se dissocient toutefois du AQMI, et les milices islamistes de l'Ansar Dine ont multiplié les attaques dans le nord du Mali. Les rebelles ont profité du coup d'État pour prendre en un week-end les trois principales villes du nord du pays : Kidal, Tombouctou et Gao.

Après avoir déclaré jeudi qu'il contrôlait maintenant tout le nord du territoire malien, au-delà des grands centres urbains, le MNLA a annoncé un cessez-le-feu pour permettre la reprise de l'aide humanitaire dans cette région.

Deux factions touarègues

Deux groupes de Touaregs sont impliqués dans les violences dans le nord du Mali. Il y a le Mouvement national de libération de l'Azawad, la région du nord du Mali dont ils ont proclamé l'indépendance. Les deux figures importantes de ce mouvement sont le secrétaire général Bila Ag Cherif et Mohamed Ag Najim, responsable de l'aile militaire du mouvement. Plusieurs Touaregs du mouvement avaient rejoint l'armée de Mouammar Kadhafi en Libye. À la mort du leader, ils sont revenus au Mali, entraînés et armés.

L'autre groupe touareg d'importance au Mali se nomme Ansar Dine. Ce groupe islamiste est en lien avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et il est dirigé par Iyad Ag Ghali. Ansar Dine ne réclame pas l'indépendance de l'Awazad, mais veut instaurer la charia dans tout le pays, à 90 % musulman.

Malgré leur divergence fondamentale, les deux groupes joignent leurs efforts à certaines occasions, comme lors de la prise de Tombouctou. Néanmoins, le MNLA envisage de s'attaquer à AQMI avec l'aide des pays d'Occident et d'Afrique de l'Ouest, selon le porte-parole du bureau exécutif du MNLA, Hama Ag Sid'Ahmed.

Avec les informations de Agence France-Presse

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