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Jeunes tués par un train en 2010: lacune dans la sécurité

Train
Radio-Canada

Le reportage de Sylvie Fournier

Du nouveau dans le terrible accident au cours duquel trois adolescents avaient péri, heurtés par un train de passagers en 2010, à Montréal.

Dans une lettre adressée à Transports Canada, le Bureau de la sécurité des transports estime qu'il y a eu lacune au niveau de la sécurité, qui n'a pas permis aux victimes, ainsi qu'à l'équipage, de réagir à temps pour éviter l'accident.

Dans la nuit du 31 octobre 2010, parmi les cinq adolescents de 17 ans, qui s'aventurent sur la voie du Canadien National, sous l'échangeur Turcot, trois sont happés mortellement par un train de passagers.

Via Rail avait conclu à l'époque que c'était un malheureux accident causé par l'imprudence des jeunes.

« Avons-nous suivi la réglementation? La réponse est oui. Est-ce que notre matériel roulant était en bonne et due forme? La réponse est oui », déclare Marc Beaulieu, chef de transport chez Via Rail.

Mais le train 668 n'était pas très visible ce soir là. Malgré l'heure avancée de la nuit. Son phare avant était réduit à 10 % de son intensité seulement et ses phares de fossés étaient éteints afin d'éviter d'aveugler les automobilistes.

« C'est à eux de juger en fonction de l'intensité du trafic cette journée. Ce soir-là, de dire je vais les garder allumés [les phares] ou je vais diminuer l'intensité parce qu'il y a trop de trafic qui vient vers moi », avance Luc Bourdon, de Transports Canada.

Le Bureau de la sécurité des transports suggère de réexaminer cette pratique. Dans une lettre rédigée quelques mois après l'accident, il note que le train n'a pas suffisamment éclairé la zone où se trouvaient les intrus, ce qui aurait pu les alerter. Cela aurait aussi permis à l'équipage de voir les intrus à temps.

« C'est sûr qu'un train ne peut pas arrêter, mais il aurait pu mettre le klaxon, ça aurait donné peut-être cinq secondes pour débarquer », estime Yves Guenet, le père d'une des victimes.

La présence de nombreux graffitis aurait dû alerter les compagnies, selon Gary MCLaughlin, expert en sécurité ferroviaire.

Selon lui, les signes manifestes d'intrusion prouvent que l'endroit était à risque et les compagnies auraient dû mieux le protéger, comme la loi l'exige.

Depuis l'accident, le CN a érigé une clôture à l'entrée du tunnel Turcot et placardé des affiches pour rappeler qu'il est illégal de franchir son emprise. Mais juste à côté, tout près d'une école secondaire, une vieille clôture démolie depuis fort longtemps rappelle qu'accéder à la voie ferrée est encore un jeu d'enfant.

D'après le reportage de Sylvie Fournier

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