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Grève étudiante : injonction garantissant l'accès et la circulation à l'UQAM

L'Université du Québec à Montréal

Photo : Google

Radio-Canada

Une juge de la Cour supérieure du Québec a émis une injonction mercredi après-midi interdisant aux étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité d'empêcher l'accès aux édifices de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

L'injonction émise est le fruit d'une entente entre les associations étudiantes et l'UQAM, selon les avocats des deux parties.

Elle prévoit que l'on s'abstienne de gêner l'accès ou la circulation près des pavillons, des résidences et des immeubles appartenant à l'UQAM.

On doit aussi s'abstenir d'intimider ou de menacer les employés, les professeurs, les cadres et tous ceux qui ont affaire à l'UQAM. L'injonction prévoit aussi que l'on n'incite pas des personnes à obstruer l'entrée ou la circulation à l'UQAM.

Cette injonction est valide jusqu'au 19 avril, 17 h. Ceux qui y contreviennent sont passibles d'une amende de 50 000 $.

L'UQAM avait demandé mercredi à la Cour supérieure de lui accorder une injonction interlocutoire provisoire pour forcer ses milliers d'étudiants en grève à cesser de perturber ses activités.

Elle demandait spécifiquement que six associations étudiantes et quarante-six de leurs dirigeants « cessent de bloquer, d'obstruer et de gêner le libre accès » à ses propriétés, et qu'ils s'abstiennent « d'intimider, de menacer, d'importuner ou de molester » ses employés ou toute personne voulant y entrer.

L'UQAM plaidait que le tribunal devait intervenir de toute urgence pour éviter qu'elle subisse un préjudice irréparable. Elle alléguait que le refus d'obtenir la requête lui causerait plus d'inconvénients que son octroi n'en créerait aux étudiants, puisque ces derniers ne perdront pas leur droit de manifester pour autant.

Les associations étudiantes visées regroupent des milliers d'étudiants en arts, en sciences, en sciences politiques, en droit, en éducation, en sciences humaines, en langues et en communication. Elles ont toutes déclenché la grève entre le 13 et le 23 février.

L'UQAM évoquait notamment dans sa requête que des manifestants ont empêché des étudiants de son École des sciences de la gestion d'accéder à leurs cours le 26 mars, et que des étudiants et des gardiens de sécurité ont été victimes de « gestes d'intimidation » et de « voies de fait ».

Parallèlement à cette démarche, la direction de l'UQAM tente par ailleurs de trouver une solution pour que la fin du semestre d'hiver ne perturbe celui de l'été. L'université indique qu'elle devra trouver de nouveaux scénarios si la grève ne se termine pas avant le 16 avril.

L'Université de Montréal indique pour sa part que la session qui devait se terminer le 30 avril est prolongée jusqu'au 15 juin. Elle ne peut cependant garantir que le semestre se terminera à cette date si un retour en classe n'est pas effectué avant le 10 avril.

Ordonnance d'injonction provisoire de la juge Micheline Perrault de la Cour supérieure du Québec  (Nouvelle fenêtre)

Une judiciarisation accrue du conflit

La requête de l'UQAM n'est que le dernier exemple en date d'une judiciarisation accrue du conflit, depuis une semaine.

Mardi, les grévistes de l'Université Laval ont dû céder le passage à un étudiant qui désirait suivre son cours d'anthropologie, après que la Cour supérieure du Québec lui eut accordé une injonction interlocutoire provisoire.

Un étudiant en droit de l'Université de Montréal avait perdu une cause semblable la semaine dernière, mais sa situation était quelque peu différente. Son association étudiante n'était pas en grève, et le jeune homme n'a raté que deux jours de cours.

Un tribunal a aussi ordonné la semaine dernière la levée des piquets de grève au Collège d'Alma. Cette décision s'appuyait sur le fait que le vote de grève était entaché d'irrégularités. Les grévistes ont empêché la reprise des cours lundi et ont perturbé les classes mardi.

Un groupe de 70 étudiants de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) tente lui aussi de forcer la reprise des cours. Au cégep de Rimouski, les étudiants ont voté à 57 % contre la reconduction du débrayage entrepris le 28 février. Les cours reprendront mercredi midi et la session se poursuivra jusqu'au 21 juin.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) soutient que la solution ne doit pas passer par les recours en justice.

« La hausse des droits de scolarité, la question de la grève, sont des questions politiques qui doivent se régler politiquement, démocratiquement, et non pas par le biais des tribunaux », a affirmé mercredi le président de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.

« Chaque fois qu'il y aura des injonctions déposées, ça va contribuer à augmenter la tension. C'est exactement ce qui s'est passé à Alma, et c'est ce qui va se passer partout si on continue dans ce dangereux tourbillon de judiciarisation de la lutte étudiante », ajoute-t-il.

Le prix de la grève

Si les manifestations des étudiants et leurs coups d'éclat reposent pour beaucoup sur leur enthousiasme et leurs convictions, la grève a cependant des coûts financiers. Consultez notre article sur le portrait des finances du mouvement étudiant.

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