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Le chaos s'installe au Mali

Des Maliens font des réserves d'essence à Bamako Photo: AFP / ISSOUF SANOGO
Radio-Canada

Depuis le coup d'État contre le président Amadou Toumani Touré le 22 mars dernier, le Mali s'enfonce dans le chaos.

À Bamako, les Maliens stockent denrées alimentaires et carburant et retirent leur argent des banques.

Dans le nord du pays, les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et les extrémistes islamistes ont conquis les trois grandes villes de Tombouctou, Gao et Kidal.

Selon les témoignages des habitants de Tombouctou, l'organisation extrémiste Ansar Dine aurait annoncé son intention d'instaurer la charia. À Gao, des extrémistes auraient saccagé des bars et des hôtels où on servait de l'alcool. À Kidal, la musique serait interdite.

Il est impossible de vérifier ces informations de source indépendante.

Dans la ville de Gao, vivres, carburant et médicaments commencent à manquer.

Des rebelles du MNLA et d'Ansar Dine pillent les entrepôts d'organisations humanitaires, dont ceux du Programme alimentaire mondial (PAM) et d'Oxfam.

Sanctions et fermeture des frontières

Pour contraindre les putschistes à rétablir l'ordre constitutionnel, les pays voisins ont décidé une série de sanctions économiques et diplomatiques.

Les membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont décidé de fermer leurs frontières avec le Mali et de geler ses fonds à la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

Par ailleurs, ils envisagent d'« activer » la force militaire de l'organisation, sans donner plus de détails.

Une réunion des chefs d'état-major doit avoir lieu jeudi dans l'objectif d'autoriser la constitution de cette force, approuvée par l'Union africaine (UA).

L'UA a également imposé des sanctions aux putschistes de Bamako. L'organisation a décidé « une interdiction de voyager » et « un gel des comptes du chef de la junte militaire [le capitaine Amadou Sanogo], ainsi que de toutes les entités qui contribuent à empêcher le retour à l'ordre constitutionnel au Mali », a déclaré Ramtane Lamamra, commissaire de l'UA pour la Paix et la Sécurité.

La Côte d'Ivoire, d'où provient l'essentiel du carburant consommé au Mali, a été l'un des premiers pays voisins à fermer ses frontières mardi.

Au Burkina Faso, les autorités assurent prendre les mesures préalables à la fermeture de la frontière, tandis qu'en Mauritanie et au Sénégal, on dit attendre les ordres.

Les putschistes du comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDRE) ont pris acte de ces sanctions et se sont à nouveau engagés à remettre le pouvoir aux civils, sans toutefois avancer de date.

La junte avait justifié son action par l'« incompétence » du président Touré face aux rebelles touaregs et aux groupes extrémistes islamistes.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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