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Le gouvernement Harper abolit Droits et Démocratie

Droits et Démocratie
Droits et démocratie
Radio-Canada

Le gouvernement Harper a décidé de mettre fin aux jours de l'organisme non gouvernemental Droits et Démocratie, a annoncé mardi le ministre des Affaires étrangères, John Baird.

Le gouvernement présentera sous peu un projet de loi en ce sens, avec pour objectif de diminuer les dépenses de l'État, dit le ministre.

L'annonce faite aujourd'hui marque un nouveau départ pour aborder l'avenir.

John Baird, ministre des Affaires étrangères

Les tâches actuellement effectuées par l'organisme basé à Montréal seront transférées au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.

Droits et Démocratie existait depuis 1988. L'organisation parapublique avait été instituée sous le gouvernement conservateur de Brian Mulroney. Cette agence de défense des droits de la personne, d'envergure et de réputation internationales, était financée par Ottawa, qui nommait aussi la plupart des membres de son conseil d'administration.

L'organisme a beaucoup fait parler de lui ces dernières années, en raison de conflits au sein de son conseil d'administration. Certains fonctionnaires ont notamment accusé le gouvernement de faire de l'ingérence politique en imposant à l'organisation des dirigeants qui défendaient son idéologie.

En 2010, un groupe de 47 fonctionnaires ont dénoncé le fait que trois membres du conseil nommés par le gouvernement Harper s'étaient opposés au financement de groupes de défense des droits de la personne qui condamnent les violations des droits de l'homme commises par Israël.

À propos de ces « nombreux problèmes exposés sur la place publique », le ministre John Baird a déclaré qu'il était « maintenant temps de tourner la page et d'aller de l'avant ».

Une décision dénoncée par l'opposition

Le chef de l'opposition officielle, le néo-démocrate Thomas Mulcair, a décrit la décision du gouvernement comme un autre coup porté à la réputation internationale du Canada.

Droits et Démocratie représentait ce qu'il y avait de mieux au Canada [...] Depuis que les conservateurs sont arrivés au pouvoir, notre crédibilité à l'internationale ne cesse de s'étioler.

Thomas Mulcair, chef du NPD

Le député libéral Dominique LeBlanc, lui, voit dans cette décision une coupe idéologique.

Ça ne marche pas en grande partie parce que c'est eux [les conservateurs] qui l'ont ruiné.

Dominique LeBlanc, député libéral

Selon François Audet, le directeur de l'Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaire (CERIUM), le conflit idéologique entre l'organisme et le gouvernement sur la question israélo-palestinienne a certainement contribué à la perte de Droits et Démocratie. L'organisme entretenait certaines activités favorables aux populations palestiniennes, qui allaient à l'encontre de l'idéologie du gouvernement actuel « c'est-à-dire d'être très favorable, voire extrêmement favorable à Israël. »

M. Audet rappelle aussi que le budget de la semaine dernière comprend d'importantes coupes pour l'aide internationale. « Donc le gouvernement profite de l'occasion pour fermer une organisation pour laquelle il n'y avait plus de possibilité de relation ».

Dans son budget déposé jeudi dernier, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a annoncé des compressions de 378 millions de dollars en trois ans à l'Aide au développement international.

Le politologue souligne par ailleurs que le gouvernement pourrait bientôt créer, comme il l'a déjà soulevé en octobre, un comité sur la liberté des religions. Ce comité « pourrait agir, d'une certaine façon, en prenant le flambeau de Droit et Démocratie, mais avec une identité tout à fait différente et sous un meilleur contrôle idéologique sous le ministère des Affaires étrangères », pense M. Audet.

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