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Commotion, le mot tabou

Carey Price et Ryan McDonagh

Carey Price et Ryan McDonagh

Photo : AP Photo/Frank Franklin II

Radio-Canada

BROSSARD - La situation de Carey Price était déjà nébuleuse, et c'est à se demander si le point de presse de Randy Cunneyworth n'a pas contribué à entretenir ce flou artistique.

Un texte de Guillaume Lefrançois (Nouvelle fenêtre)

Ce que l'on a su de plus, à l'issue de l'entraînement de mardi, c'est que Price ne se sent toujours pas assez bien pour retourner sur la patinoire, à un point tel que le Tricolore a rappelé le gardien Robert Mayer de Hamilton.

Du reste, le mystère sur l'état de santé du gardien n'est toujours pas dissipé. L'information que le Dr David Mulder a communiquée à Radio-Canada Sports lundi, selon laquelle Price souffre d'une commotion cérébrale, a été infirmée par Randy Cunneyworth. L'entraîneur-chef parle de maux de tête et n'a jamais même utilisé le mot commotion, comme s'il s'agissait d'un mot tabou.

« Carey vit ce que d'autres gars vivent aussi, a dit Cunneyworth, en référence aux raisons soupçonnées des absences de Ryan White, de Scott Gomez, de Tomas Kaberle et de Mathieu Darche. C'est encore vague quant au traitement de ce qu'on qualifie de maux de tête. On en a parlé avant, on mélange parfois des symptômes de la grippe avec autre chose. À ce point-ci, on l'évalue et on prend notre temps. »

Quand on lui a demandé si le Dr Mulder avait parlé trop vite en mentionnant une commotion cérébrale, Cunneyworth n'a pas voulu se prononcer.

« Je n'ai pas entendu ce mot-là utilisé au sujet de la personne dont vous parlez, a lancé l'entraîneur-chef, dans une phrase qui pouvait difficilement être plus évasive. Je devine que si c'était le cas, on utiliserait ce mot. J'essaie d'être le plus honnête possible. C'est un processus en cours, et il est encore évalué. »

Ce n'était là que quelques-uns des euphémismes utilisés par Cunneyworth pour éviter de prononcer le mot maudit. L'entraîneur semblait nerveux et avait souvent recours à ses notes, ce qui n'est pas dans ses habitudes.

Pourquoi donc éviter à tout prix de parler de commotion, comme c'était d'ailleurs le cas avec Mathieu Darche, qu'on a longtemps qualifié de « grippé » avant d'admettre qu'il souffrait d'étourdissements?

« Je ne sais pas. On en sait si peu à ce sujet. Personne ne sait quoi dire de ce mot. Je ne le dis même pas moi-même! » a répondu Cunneyworth.

La question du protocole de retour au jeu après une commotion peut faire partie de la réponse. Dès qu'une équipe déclare officiellement qu'un joueur souffre d'une commotion, ce dernier doit se soumettre à un protocole déterminé par la Ligue.

« Évidemment, si c'est le cas (si le joueur souffre d'une commotion), il faut que le joueur suive ce protocole. Il y a aussi des contraintes de temps. C'est un long processus, mais on ne veut pas traiter quelqu'un de façon inadéquate non plus. On y va dans l'intérêt du joueur. »

À quel moment?

La version officielle de l'équipe est que Price s'est blessé jeudi dernier, dans ce qui était sans doute l'entraînement le moins suivi de la saison. C'était le matin de l'annonce du congédiement de Pierre Gauthier. L'écrasante majorité des journalistes se préparait donc pour le point de presse de Geoff Molson, qui s'est d'ailleurs déroulé pendant la fin de l'entraînement.

L'attaquant David Desharnais serait entré en collision avec Price dans un exercice à 2 contre 1. Price aurait été sonné, mais a tout de même disputé le match du lendemain, face aux Rangers à New York. Il a ensuite raté l'entraînement matinal du samedi et n'a pas affronté les Capitals samedi soir. La présence de Budaj devant le filet pour ce match était toutefois prévisible, puisqu'il s'agissait d'un deuxième match en deux soirs.

Price a ensuite raté les séances de lundi et de mardi matin.

« Carey n'a pas l'habitude de rester à terre, a raconté Desharnais mardi. Il était un peu ébranlé. Je suis tombé sur sa tête. Après l'entraînement, il m'a dit qu'il avait un peu mal. Moi aussi, j'ai eu mal, je suis tombé les côtes sur son casque. Je ne sais pas quoi dire, c'est un accident et on espère qu'il guérira vite. »

Par ailleurs, une collision similaire à celle décrite par le Canadien est survenue le 20 mars, aussi avec Desharnais (voir vidéo ci-bas). Price s'était relevé péniblement, mais avait poursuivi l'entraînement.

Drôle de coïncidence...

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