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Myanmar : Aung San Suu Kyi élue députée

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi.

Aung San Suu Kyi saluée par ses partisans à la sortie d'un bureau de vote.

Photo : AFP / Soe Than WIN

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour la première fois de sa carrière politique, l'opposante Aung San Suu Kyi siégera à la chambre basse du Parlement birman. Elle a remporté dimanche un siège de députée, lors d'élections partielles historiques, a annoncé sa formation, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), bien avant la proclamation des résultats officiels.

« Aung San Suu Kyi a remporté 82 % des voix » dans la circonscription de Kahwmu, a déclaré Tin Oo, un cadre de la Ligue, alors que des centaines de partisans de l'opposante hurlaient leur joie et chantaient devant le siège du parti, à Rangoon.

Selon le responsable, la lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 aurait remporté la victoire dans tous les bureaux de vote de cette circonscription rurale, située à environ deux heures de route de Rangoun.

La formation de l'opposante a ensuite déclaré que la LND avait remporté au moins 43 des 44 sièges où elle avait présenté un candidat, dont celui de sa chef de file. Un total de 45 sièges étaient en jeu : 37 à la chambre basse du Parlement (sur un total de 440), six à la chambre haute et deux dans des chambres régionales.

Aung San Suu Kyi, qui a passé quinze années en détention depuis 1989, se présentait pour la première fois devant les électeurs après la décision de son parti de participer à ce scrutin partiel.

À l'issue des élections, elle a salué « la victoire du peuple » et a demandé à ses troupes de s'abstenir de tout débordement, par voie de communiqué.

L'opposante a plusieurs fois dénoncé une campagne pleine d'irrégularités dans des bureaux de vote, notamment sur les bulletins eux-mêmes. Mais elle a aussi revendiqué le besoin de participer au scrutin, pour changer les choses de l'intérieur, légitimant ainsi le processus en cours. « Une fois au Parlement, nous pourrons travailler pour une véritable démocratisation », a expliqué vendredi Aung San Suu Kyi.

Selon tous les analystes, le gouvernement a lui-même intérêt à voir Suu Kyi triompher devant la communauté internationale. La junte militaire au pouvoir tente en effet de prouver que ses réformes politiques justifient la levée des sanctions occidentales. Une option que les États-Unis et l'Union européenne pourraient reconsidérer s'ils jugent que le scrutin de dimanche a été libre et honnête.

Plaintes à venir

La Ligue nationale pour la démocratie a fait part dimanche de son intention de porter plainte pour les irrégularités observées dans les bureaux de vote à travers le pays.

Le parti a notamment déploré la présence de cire sur des bulletins à côté du nom de ses candidats. Un procédé qui pourrait conduire à l'annulation de votes. « Si cela continue, cela va ternir le prestige des élections », a estimé Nyan Win, le porte-parole de la Ligue.

Ces incidents ont été minimisés par Surin Pitsuwan, le secrétaire général l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), qui avait envoyé des observateurs sur place.

« Globalement, les choses se passent bien et il y a beaucoup de plaintes de ce type dans les élections de nombreux autres pays », a-t-il souligné, ajoutant qu'il n'avait « rien entendu de sérieux ».

Des partisans d'Aung San Suu Kyi le long de la routeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des partisans d'Aung San Suu Kyi le long de la route

Photo : AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Après des années à dissimuler leur soutien pour une femme qui s'est muée en icône de la résistance à la junte, les partisans d'Aung San Suu Kyi ont laissé depuis quelques semaines éclater leur joie, convaincus de sa victoire.

La « Dame » de Rangoon avait triomphé aux élections de 1990, mais les militaires au pouvoir n'ont jamais reconnu ces résultats, préférant assigner à résidence la lauréate du Nobel de la paix. Elle était encore en résidence surveillée vingt ans plus tard, en novembre 2010, lors des élections législatives boycottées par la LND qui furent qualifiées de mascarade par l'Occident.

« Le processus électoral de 2010 [...] a représenté une occasion ratée [...] Cela ne doit pas se reproduire alors que la Birmanie entre dans une ère nouvelle », a estimé l'envoyé spécial de l'ONU sur les droits de l'homme en Birmanie, Tomas Ojea Quintana.

Si la LND fait son entrée au Parlement, le pouvoir n'en sera pour autant pas déstabilisé. Le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP), créé de toutes pièces par la junte, avait revendiqué environ 80 % des sièges en 2010. En vertu de la Constitution, un quart des parlementaires sont également des militaires désignés en marge du processus électoral.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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