•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

France : le financement de la campagne de 2007 de Sarkozy hante celle de 2012

Nicolas Sarkozy (13 mars 2012)

Nicolas Sarkozy (13 mars 2012)

Photo : AFP / LIONEL BONAVENTURE

Radio-Canada

En maintenant en détention l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, l'héritière de l'empire L'Oréal, la justice accentue la pression sur le président candidat Nicolas Sarkozy.

Patrice de Maistre est mis en examen pour soupçon de financement frauduleux de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2007.

Écroué depuis le 23 mars, M. de Maistre est poursuivi pour « abus de faiblesse et abus de biens sociaux », notamment dans une enquête portant sur des retraits d'argent des comptes de Mme Bettencourt.

Celle-ci est sous tutelle depuis octobre après qu'une expertise médicale eut montré qu'elle était démente depuis au moins 2006.

L'ex-gestionnaire de fortune est incriminé pour deux retraits de 400 000 euros en espèces effectués en Suisse juste avant le premier tour de l'élection présidentielle de 2007.

Jusqu'à maintenant, M. de Maistre n'a pas révélé aux juges le nom des destinataires de ces importantes sommes.

L'enquête judiciaire entamée en 2007 à Nanterre et transférée fin 2010 à trois juges d'instruction indépendants de Bordeaux a mis au jour des soupçons de détournements de la fortune de Mme Bettencourt au profit notamment d'hommes politiques de son entourage.

L'enquête porte notamment sur la remise en 2007 de 150 000 euros à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne Sarkozy. M. Woerth, qui était ministre après la victoire de Nicolas Sarkozy, a démissionné de son poste. Il a été mis en examen en février.

Les juges ont également saisi les comptes de campagne de l'actuel chef de l'État.

Le juge d'instruction Jean-Michel Gentil a écrit que le premier retrait de 400 000 euros précède de deux jours une rencontre entre MM. de Maistre et Woerth.

« Je n'ai rien fait de ce qui m'est reproché. Ce que je n'ai pas fait, c'est d'arrêter un système qui existait depuis 40 ans. Je ne comprends pas, ni de près ni de loin, pourquoi je dois être incarcéré », a déclaré M. de Maistre aux juges.

Par ailleurs, la police a saisi un carnet de François-Marie Barnier, qui était un confident de l'héritière de L'Oréal, dans lequel est inscrite la phrase suivante : « De Maistre m'a dit que Sarkozy avait encore demandé de l'argent. J'ai dit oui », une phrase attribuée à Mme Bettencourt.

D'autres témoignages d'employés de Mme Bettencourt, notamment son ex-comptable Claire Thibout, font état de remises régulières d'argent liquide à des hommes politiques par la milliardaire et son mari.

La police a aussi découvert des retraits réguliers en France pour des montants de centaines de milliers d'euros. Le juge Gentil a indiqué que les témoins parlent d'une visite de Nicolas Sarkozy à Mme Bettencourt en 2007.

Munitions pour les adversaires de Sarkozy

En pleine campagne électorale, les adversaires de Nicolas Sarkozy le somment de s'expliquer.

La candidate d'Europe Écologie Les Verts, Eva Joly, a accusé le président de vouloir se faire réélire pour éviter toute poursuite grâce à l'immunité accordée par la Constitution au chef de l'État en exercice. « Nicolas Sarkozy est cerné aujourd'hui par les enquêtes judiciaires. Il y en a quatre en cours, qui sont très proches de lui, et il ne s'explique pas, il se cache derrière l'immunité judiciaire, c'est un scandale », a-t-elle affirmé.

De son côté, François Hollande estime que si les faits de financement illégal étaient avérés, « le candidat concerné [Nicolas Sarkozy] devrait forcément en rendre compte ».

Avec les informations de Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

International