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Budget 2012-2013: l'IRIS déplore des coupures improductives et le recul de l'âge de la retraite

Des retraités heureux

Des retraités heureux... au travail?

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le budget déposé jeudi après-midi par Jim Flaherty « se prive volontairement de 30 milliards de dollars de revenus par année tout en imposant des économies improductives dans plusieurs secteurs de la fonction publique fédérale », juge l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

L'Institut, dont les idées penchent plutôt à gauche, déplore par ailleurs la fin du caractère universel de la sécurité de la vieillesse.

L'IRIS souligne dans son communiqué que les revenus fiscaux du gouvernement fédéral représentaient 16,3 % du produit intérieur brut (PIB) canadien en 2006-2007. Aujourd'hui, le produit de ces mêmes impôts et taxes n'atteint plus que 14,6 % du PIB et les prévisions budgétaires jusqu'en 2017 ne prévoient un retour au niveau de revenus fiscaux d'il y a cinq ans.

Dans ce contexte, et pour atteindre l'équilibre budgétaire, Ottawa « choisit plutôt de faire des économies improductives et de compter sur la consommation des ménages pourtant déjà lourdement endettés », analyse l'un des chercheurs de l'IRIS, Simon Tremblay-Pepin, spécialisé dans les finances publiques.

Son collègue Guillaume Hébert constate lui « une série de réductions qui feront très mal à certains secteurs de la fonction publique, sans pour autant rapporter beaucoup au gouvernement ». Les coupures de 11 % à Radio-Canada, de 10 % à l'ACDI, à l'ONF ainsi qu'à Téléfilm Canada, sans oublier les 9% à Archives Canada, « ne vont rapporter que 461 millions de dollars à terme, soit à peine 0,61 % des dépenses compressibles du gouvernement », signale le chercheur, qui voit dans ces compressions « un choix idéologique » puisque les baisses de budget de ces organismes ne comptent que pour 1,9 % du total des dépenses de programme.

Les plus faibles pâtiront du recul de l'âge de la retraite

S'agissant des retraites, l'IRIS considère que le gouvernement envoie « un message très clair » aux Canadiens en faisant reculer l'âge de la retraite de 65 à 67 ans. « Non seulement cette mesure établit un fossé entre deux générations, car désormais il y a ceux qui devront travailler deux ans de plus et les autres, mais en plus cette mesure présume que tout le monde a les moyens de travailler deux ans de plus une fois âgés de 65 ans. Pour les gens riches et en santé, ça ira sûrement, mais pour ceux qui ont des emplois éreintants, qui sont pauvres ou malades, ces années de plus seront un poids terrible », prévient Simon Tremblay-Pepin.

Malgré ces trois critiques, l'institut montréalais reconnaît que le budget fédéral 2012-2013 offre « quand même certaines mesures plus intéressantes », comme celle qui empêchera les différentes filiales d'une multinationale de réduire leurs paiements d'impôts à travers leurs transferts avec leur maison mère ou encore l'arrêt de la croissance des dépenses militaires et correctionnelles.

« On peut aussi se questionner sur la stratégie qu'emploiera le gouvernement pour la mise en place de ses nouvelles politiques correctionnelles s'il ne fait aucune hausse du budget des prisons. Prisons privées? Facture refilée aux provinces? Il est trop tôt pour l'affirmer », estime Guillaume Hébert.

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