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Coup d'État au Mali : manifestation en appui aux putschistes

Des supporters des responsables du coup d'État au Mali attendent le capitaine Amadou Haya Sanogo, le 28 mars 2012

Des supporters des responsables du coup d'État au Mali attendent le capitaine Amadou Haya Sanogo, le 28 mars 2012

Photo : La Presse canadienne / Rebecca Blackwell

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des milliers de manifestants ont pris la rue mercredi à Bamako, au Mali, pour appuyer la junte militaire qui a pris le pouvoir par un coup d'État la semaine dernière.

Les pro-putschistes brandissaient des pancartes où on pouvait lire : « À bas ATT », en faisant référence au président déchu, Amadou Toumani Touré, « À bas la France » et « À bas la communauté internationale ».

Ils criaient plutôt : « La solution de Sanogo », en faveur du chef de la junte militaire, Amadou Sanogo. Leurs protestations visaient la communauté internationale qui menace d'imposer des sanctions pour forcer les putschistes à se retirer du pouvoir.

« Je veux que la communauté internationale se taise. C'est notre révolution. Nous, la jeunesse, pouvons vivre sans la communauté internationale. Nous avons vécu avec les yeux fermés, maintenant nous nous réveillons. »

— Une citation de  Oumar Diara, manifestant, dirigeant de la jeunesse

Un autre manifestant, Khalifa Sogo, s'est écrié : « Les chefs de la junte doivent rester pour prendre en charge les problèmes dans le nord, la corruption et l'éducation. »

Le seul parti d'opposition, Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi) représenté à l'Assemblée nationale dissoute, est à l'origine de la manifestation de mercredi, la plus importante depuis que M. Touré a été délogé du pouvoir la semaine passée.

La quasi-totalité de la classe politique malienne est opposée à la junte et condamne le coup d'État.

Coup d'État

La junte militaire a pris le pouvoir le 22 mars parce qu'elle n'approuvait pas la gestion de la rébellion des Touaregs dans le nord du pays depuis janvier. La rébellion avait pris de l'ampleur dans les dernières semaines et avait infligé des pertes dans l'armée malienne.

Réaction de l'Afrique de l'Ouest

Une délégation de chefs d'États ouest-africains doit se rendre jeudi à Bamako pour discuter d'une transition avec la junte, qui serait dirigée par Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale dissoute.

Afin de préparer sa venue, plusieurs chefs d'état-major des pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sont arrivés dans la capitale. La CEDEAO a suspendu le Mali mardi « jusqu'à ce que l'ordre constitutionnel revienne ».

Des dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont dit être préparés à avoir recours aux sanctions et même à la force pour déloger les chefs de la junte si les négociations tournent mal.

Communauté internationale

L'Union européenne, les États-Unis et d'autres pays occidentaux ont retiré leur aide au Mali, soit des centaines de millions de dollars, à l'exception de l'aide d'urgence aux régions aux prises avec la sécheresse et une pénurie alimentaire.

« Le Mali a une bonne réputation en terme d'élections démocratiques depuis les 20 dernières années et j'espère que le pays reviendra sur la bonne voie le plus tôt possible. »

— Une citation de  Navi Pillay, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme

Les États-Unis appellent la junte militaire à se retirer du pouvoir. Washington s'est adressé à M. Sanogo en ces termes : « Il n'est pas trop tard pour revenir sur vos pas, de permettre au pays de redonner le pouvoir aux civils », comme le rapporte Victoria Nuland, porte-parole du Département d'État des États-Unis.

La junte militaire au pouvoir

Les putschistes ont annoncé mardi une nouvelle Constitution qui écarte les membres de la junte des prochaines élections, une levée du couvre-feu nocturne et une réouverture des frontières, dans le but de montrer que le pays revient à la normale.

La junte promet le retour de la démocratie, mais a suspendu les élections prévues pour le 29 avril sans déterminer une nouvelle date.

Amadou Toumani Touré

Le dirigeant déchu du Mali a annoncé, dans sa première apparition publique mercredi, qu'il était libre et indemne, quelque part à Bamako. Il a lancé un appel pour une solution rapide de la crise.

« Je suis bien évidemment ce qui se passe. Je souhaite de tout mon coeur que la paix, la démocratie triomphent au Mali. Je n'ai rien d'autre à dire pour le moment », a indiqué M. Touré.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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