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Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une riche veuve montréalaise et ses enfants

Hélène Lanaudière-Chaput, veuve de « Diamond Jim » Baxter, a pris le bateau à Cherbourg en compagnie de son fils, Quigg, et de sa fille, Suzette. La famille montréalaise, de retour d’un voyage en Europe, avait réservé de luxueuses cabines en première classe. La maîtresse secrète de Quigg, Berthe Mayne, était aussi à bord, voyageant sous un faux nom. Le jeune homme avait rencontré la chanteuse de cabaret à Bruxelles. Lors du naufrage du Titanic, Quigg a aidé sa mère et sa sœur à monter à bord du canot de sauvetage numéro 6. Les deux femmes sont retournées vivre à Montréal. Quant à Quigg, il n’a pas survécu.


Une Irlandaise qui rêvait de l’Amérique

Bridget Delia Bradley venait d’une famille modeste de la campagne irlandaise. À 18 ans, en quête d’une vie meilleure, elle a décidé de quitter sa terre natale pour rejoindre son frère et sa sœur aux États-Unis. Elle a pris un billet de troisième classe sur le Titanic. Elle a survécu au naufrage. En 1926, elle a épousé un Canadien et a déménagé à Gananoque, en Ontario. Elle a eu quatre enfants. Elle a vécu dans cette ville jusqu’à sa mort, en 1956.


Un rescapé du naufrage

Le sculpteur Paul Romain Chevré, à qui l'ont doit notamment la statue de Samuel de Champlain près du Château Frontenac, à Québec, partageait son temps entre ses studios de Paris et ceux de Québec. Il venait assister au dévoilement d’un buste de marbre de Sir Wilfrid Laurier, créé pour le hall de l’hôtel Château Laurier, à Ottawa. L’artiste est monté dans un des canots de sauvetage mis à la mer. Avant même qu’il ne foule le sol montréalais, les journaux anglophones ont dénoncé le fait qu’il avait « enfreint la loi non écrite que pratiquent tous les peuples anglo-saxons et courtois ». Les hommes qui ont choisi d’ignorer la convention « les femmes et les enfants d’abord » et qui sont montés à bord des canots de sauvetage ne sont peut-être pas morts ce soir-là, mais nombre d’entre eux ont été ostracisés par la société. Quant au sculpteur, il est mort 18 mois après l’accident du Titanic. Paul Chevré ne s’est jamais vraiment remis du naufrage, ni surtout d’avoir survécu alors que tant de passagers ont perdu la vie.


Sur le Titanic malgré l’avertissement d’un clairvoyant

Mark et Mary Fortune ont tous les deux grandi en Ontario. Ils se sont rencontrés au Manitoba. Mark était investisseur immobilier et conseiller municipal de Winnipeg. Le couple et ses quatre enfants retournaient au Canada à bord du Titanic après un voyage en Afrique et en Europe. La famille Fortune avait fait fi de la recommandation d’un clairvoyant de ne pas prendre part à la traversée inaugurale du paquebot. Mark et son fils Charles sont morts dans le naufrage. Mary et ses trois filles sont montées dans le canot de sauvetage numéro 10.


Un gros bonnet du transport ferroviaire canadien

Charles Melville Hays était le fondateur de la Grand Trunk Railroad, qui allait devenir le Canadien National. Il était en Angleterre en compagnie de sa femme, Clara, de sa fille Orian et du mari de cette dernière, Thornton Davidson, pour des vacances ainsi que pour une réunion d’affaires. La famille Hays avait réservé son retour au Canada sur un autre bateau. Toutefois, les Hays ont décidé de rentrer plus tôt au pays, en première classe sur le Titanic, pour retrouver leur troisième fille, Louise, qui vivait une grossesse difficile. L’important homme d’affaires et sa famille ont été traités aux petits oignons sur le bateau par J. Bruce Ismay, le président de White Star Line, compagnie propriétaire du Titanic. Il y avait aussi dans l’entourage de M. Hays le sculpteur français Paul Chevré. L’artiste avait été engagé par Charles Hays afin de créer un buste de Sir Wilfrid Laurier pour le hall de l’hôtel Château Laurier. Charles Melville Hays et Thornton Davidson sont morts dans le naufrage. Clara Hays et sa fille Orian ont survécu. Le décès de Charles Melville Hays a fait la manchette des journaux tant anglais que français au Canada.



Un immigrant arménien

Le jeune Arménien Neshan Krekorian a pris un billet de troisième classe sur le Titanic pour fuir la persécution dans son pays et refaire sa vie au Canada. Il n’emportait avec lui qu’une petite valise. Il a survécu au naufrage en sautant au dernier moment dans le canot de sauvetage numéro 10. Il a finalement fondé une famille à St. Catharines, en Ontario.


Le chimiste gentleman

René-Jacques Lévy était un chimiste français renommé qui a notamment inventé un moyen moderne de distiller l’air liquide. L’homme de science a émigré au Québec en 1910 avec sa femme et ses trois filles. Rentré en Europe pour des funérailles dans sa famille en 1912, il a embarqué sur le Titanic pour le retour à Montréal. Le soir du naufrage, il a cédé sa place sur un canot de sauvetage à une passagère et lui a fait ses adieux. Il n’a jamais été revu. Cent ans plus tard, la Royal Society of Chemistry a décidé de rendre hommage à René-Jacques Lévy pour son geste chevaleresque.


Une chanteuse de cabaret

Berthe Mayne était une jolie femme d’origine modeste qui aspirait à une vie meilleure. Elle est devenue chanteuse de cabaret à Bruxelles et à Paris. Elle est un jour tombée amoureuse de Quigg Baxter et l’a suivi sur le Titanic, se faisant passer pour une certaine Berthe de Villiers. Le couple retournait au Canada, en prenant bien soin de garder secrète leur relation amoureuse. Berthe Mayne a survécu au naufrage. Elle a vécu quelques mois avec la famille Baxter à Montréal, et elle est ensuite retournée en Europe poursuivre sa carrière de chanteuse.


Un millionnaire torontois

Le major Arthur Peuchen, d’origine montréalaise, était un millionnaire autodidacte comptant parmi les hommes les plus riches de Toronto. Il avait obtenu son grade de major au sein du régiment d’infanterie légère Queen’s Own Rifles of Canada. C’était aussi un navigateur averti. Logé en première classe sur le Titanic, il revenait d’un voyage d’affaires en Europe. Lors du naufrage, il aurait fait valoir ses talents de marin pour monter dans le canot de sauvetage numéro 6. À son retour au pays, il a subi les foudres de la société torontoise. Peu de gens ont cru à sa version des faits. Certains ont même fait courir la rumeur selon laquelle il se serait déguisé en femme pour monter dans le canot de sauvetage.


Un parfumeur anglais et ses précieux flacons

Adolphe Saalfeld, un riche parfumeur de Manchester, au Royaume-Uni, avait mis le cap sur New York avec l’intention de vendre ses parfums aux boutiques et aux grands magasins. Il avait rangé ses fioles dans un sac en cuir. Il a survécu au naufrage, mais ses précieux flacons sont restés au fond de la mer. Des plongeurs les ont retrouvés des décennies plus tard. L’arrière-petite-nièce d’Adolphe Saalfeld, la cinéaste canadienne Astra Burka, croit que les objets récupérés dans le naufrage devraient être rendus aux familles. Ne pouvant récupérer les flacons, Astra a décidé de rendre hommage à Adolphe en réalisant le film d’animation Mon oncle du Titanic.


La dernière survivante canadienne

Bertha Watt n’avait que 12 ans lorsqu’elle a fait le voyage avec sa mère en deuxième classe. La jeune Écossaise allait retrouver son père, qui travaillait comme architecte à Portland, en Oregon. Toutes les deux ont pu monter dans le canot de sauvetage numéro 9. Elle raconte le naufrage dans l’essai A Personal Experience on the Titanic. Bertha a vécu le reste de ses jours à Vancouver. Dernière survivante canadienne, elle est décédée le 4 mars 1993.

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