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Le budget de Développement et Paix amputé

(archives)

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Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'organisation Développement et Paix devra fermer plusieurs programmes à l'étranger en raison d'importantes compressions de l'Agence canadienne de développement internationale (ACDI), qui a revu sa façon de distribuer les subventions.

L'Organisation non gouvermentale (ONG) oeuvre dans plus de 30 pays depuis près de 45 ans et le financement de l'ACDI constitue 40 % de son budget. Mais ce dernier vient d'être réduit de deux tiers par l'ACDI, passant de 44 millions à 14 millions pour les cinq prochaines années.

Pour le directeur du service des programmes internationaux de Développement et Paix, Giglio Brunelli, c'est la consternation. « Personne dans le pire de ses cauchemars n'imaginait qu'on aurait 14,5 millions de dollars. C'est une décision triste et dramatique », a-t-il affirmé.

Récemment, l'ONG a été critique de compagnies minières canadiennes en matière d'environnement. « Il semble que l'intérêt des pauvres dans les pays en développement n'était pas la priorité », estime Giglio Brunelli.

Les nouvelles priorités de l'ACDI

Dans le passé, les ONG soumettaient des projets ou programmes à l'ACDI, qui décidait de les financer ou pas. Mais depuis septembre 2010, l'ACDI a changé sa façon de procéder. Aujourd'hui, c'est l'ACDI qui lance des appels d'offres et qui propose des programmes. Et l'organisation qui répond le mieux est retenue.

« Nous choisirons les meilleures organisations, qui produiront les meilleurs résultats de façon efficace », a expliqué la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda.

Développement et Paix oeuvre dans plus de 30 pays depuis près de 45 ans.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Développement et Paix oeuvre dans plus de 30 pays depuis près de 45 ans.

Le gouvernement invite également les entreprises privées à participer aux appels d'offres. D'ailleurs, trois compagnies minières canadiennes viennent de recevoir du financement de l'ACDI. « La nouvelle approche est une approche compétitive. Au lieu de nous rallier ensemble, on est en quelque sorte en compétition les unes avec les autres », a déploré Guilio Brunelli.

L'organisation américaine Wycliffe Bible Translators, basée à Calgary, recevra notamment du financement de l'ACDI. Plusieurs se demandent en coulisse si la traduction de la Bible constitue une priorité en matière de développement international.

« C'est clair que dans la représentation du Canada à l'étranger, qui se traduit par les ONG, on constate aujourd'hui un retour de l'aspect religieux dans l'aide canadienne », souligne le directeur de l'Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaire au CÉRIUM, François Audet.

« Il y a une mainmise du gouvernement actuel sur le type de projet, le type de partenaires, les pays dans lesquels on veut travailler et comment on veut le faire également », ajoute-t-il.

Même son de cloche à Ottawa chez ce spécialiste de l'aide canadienne et coauteur du livre The Charity of Nations, Ian Smillie. « On voit une peur réelle, du genre soviétique. Les ONG sont terrifiées à l'idée de perdre leur financement », indique-t-il.

En attendant, Développement et Paix lance une campagne de financement partout au pays pour combler le manque à gagner. De son côté, l'ACDI a refusé toute demande d'entrevue.

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